Le Congrès

Ajoutez à votre coupes de coeur
0 J'aime

Coup de génie ou gros ratage, satire engagée ou « bad trip d’animateur sous acide » ? Difficile de qualifier – et d’évaluer – ‘Le Congrès’, tant il s’éloigne de tout ce que l’on a déjà pu voir au cinéma. Dès le générique d’ouverture, la couleur est annoncée : ce ne sera pas « Robin Wright, dans ‘Le Congrès’ », mais « Robin Wright, au Congrès ». Car le nouveau projet d’Ari Folman, auteur de ‘Valse avec Bachir’, est moins un film qu’une expérience sensorielle farfelue et hautement déconcertante. Un produit hybride. D’un côté, un méta-film sur la mort du cinéma tel qu’on le connaît, au profit de la numérisation à tout va (3D, capture de mouvements et autres horreurs technologiques). De l’autre, l’adaptation d’un bouquin sci-fi des années 1970, ‘Le Congrès de futurologie’ de Stanislas Lem.

La première partie, en prise de vue réelle, est magistrale. Elle s’ouvre sur le visage de Robin Wright (dans son propre rôle), en pleurs, alors que son agent (Harvey Keitel) lui fait la leçon : mecs foireux, films foireux... La vie de l’actrice ne se résume qu’à une succession de mauvais choix. Il est loin, le temps où elle avait Hollywood à ses pieds, après son premier rôle triomphant dans ‘Princess Bride’, en 1987. A 47 ans, sa carrière est au point mort. Il ne lui reste donc qu’une solution : laisser une société de production « scanner » son corps, son visage, ses émotions, pour en faire un produit numérisé capable de jouer à sa place dans n’importe quel film. La vraie Robin, elle, cesserait d’être actrice...

Puis le film bascule dans un monde futuriste, où les dessins animés ont remplacé la réalité, et où les stars d’Hollywood peuvent être consommées en milkshake ou en smoothie. Malgré ses personnages old school et ses couleurs psychédéliques, il plane sur ce monde animé un malaise profond, une sorte de dégoût de la surconsommation qui sert très bien le propos du film. Et en multipliant les hommages (aux frères Fleischer ou à Kubrick, entre autres), Folman réveille en nous la nostalgie d’un cinéma disparu. Malheureusement, ‘Le Congrès’ s’éloigne alors de son puissant sujet, pour se perdre dans un mélodrame confus et indigeste : trop d’ellipses, trop de rebondissements incompréhensibles… C’est bien dommage, car malgré sa dernière demi-heure ratée, le film d’Ari Folman reste un véritable choc sensoriel, un ovni cinématographique si audacieux qu'on serait prêt à tout lui pardonner.

Détails de la sortie

Date de sortie mercredi 3 juillet 2013
Durée 131 mins

Crédits

Réalisateur Ari Folman
Scénariste Ari Folman
Acteurs Robin Wright
Paul Giamatti
Harvey Keitel
Danny Huston
Kodi Smit-McPhee
LiveReviews|0
1 person listening