Le Dernier Pub avant la fin du monde

Cinéma

Comédie

The World's end

Notre note :

<strong>Evaluation: </strong><span class='lf-avgRating'>3</span>/5

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L’avis de Time Out

Elle doit être sympa, la vie d’Edgar Wright, Simon Pegg et Nick Frost : écrire, réaliser, jouer entre meilleurs amis des récits déjantés et parodiques, il y a pire comme boulot. Après 'Hot Fuzz' et 'Shaun Of The Dead', les compères nous offrent aujourd’hui le troisième volet de ce qu’on appelle communément la « trilogie Cornetto », pour la simple raison que dans tous les films un emballage de glace Cornetto apparaît, d’un parfum différent. Le mot « cornetto » sonne aussi comme une référence à un type de cinéma, celui que l'on regarde en engloutissant du pop-corn et des glaces, un cinéma populaire, divertissant, de genre, où l’on aime retrouver les mêmes codes esthétiques et narratifs. A chaque réalisation, donc, Edgar Wright s’amuse à parodier un genre (horreur, action, science-fiction), à ceci près qu’il a eu le génie d’ancrer profondément ces scénarios dans la routine anglaise. Là où les Américains tentent le plus souvent de gommer tout particularisme, qu’il soit géographique ou culturel, afin d’universaliser (donc affadir) l’histoire et les protagonistes, le cinéaste britannique prend le parti d’enraciner l’action dans des cadres réalistes bien que caricaturaux, et d’utiliser des personnages typés, auxquels le spectateur peut attribuer une vie hors du film. En résumé, Brad Pitt dans 'World War Z' est une caricature de personnage de film, tandis que Simon Pegg dans 'Shaun Of The Dead' est une caricature d’Anglais bien réel.

Ce choix qu’on dira autobiographique apparaît encore plus flagrant avec 'Le Dernier Pub avant la fin du monde', l’histoire d’une bande de copains qui se retrouvent une vingtaine d’années plus tard dans leur petit bled d’origine, sous l’égide de leur leader Gary King (Simon Pegg), pour accomplir enfin le « barathon », c’est-à-dire engloutir douze pintes de bière dans douze pubs différents. A la fin du lycée, les jeunes garçons avaient déjà tenté leur chance, sans succès. La vie les a séparés, mais Gary King n’a jamais oublié cet échec, au point d’en faire la cause de tous ses maux. Si Gary est un loser, c’est parce qu’il n’a jamais bu cette dernière pinte au World’s End, l’ultime pub de leur ville. Obsédé par son passé, il convainc ses vieux potes, réticents et rangés, de revenir à Newton Haven afin d’y terminer ce qu’ils avaient commencé vingt ans plus tôt. Acquis à la cause du réalisateur et de ses acteurs fétiches, le fan se réjouit vite de retrouver cette petite famille, où rire est presque devenu un réflexe pavlovien à chaque vanne de Simon Pegg, chaque mimique de Nick Frost. Pour autant, la mise en place est de facture assez classique, dans la lignée de la comédie sociale anglaise, mais dynamitée par Wright. Hormis l’alcoolique Gary King, ces quadra sobres et sérieux n’ont pas envie de faire le barathon, qui d’une quête magique adolescente se transforme en beuverie pathétique. Le film traîne donc son agréable langueur mélancolique pendant quelques minutes, où Simon Pegg campe un admirable adolescent attardé, avant de basculer grâce à une scène mémorable dans les chiottes d’un pub.  

A partir de cet instant, le barathon commence vraiment, sur fond d’invasion de robots (on n’en dira pas plus). Dans un premier temps, le spectateur est vraiment happé par la virée des cinq mousquetaires, d’autant plus qu’elle s’est mue dans la difficulté, et les séquences des premiers culs-secs sont plutôt réussies. Il a fallu qu’ils soient entourés de robots pour que les amis de Gary retrouvent leur part intime d’humanité, celle qui fait dire des conneries et donne envie de boire sans soif. Hélas, c’est à cet instant que le film perd un peu sa capacité à remplir la promesse faite à son début. Les confrontations avec les envahisseurs de l’espace tournent en rond et les effets comiques tendent à se réduire aux dialogues énoncés à la mitraillette. La petite routine délectable du départ et l’humour visuel hilarant que Wright y déployait, comme dans la scène où le spectateur découvre un second pub totalement identique au premier, symbole de l’homogénéisation du paysage urbain, ont disparu au profit d’une course-poursuite moins intéressante, dont le dénouement fait l’éloge par l’absurde de la nature imparfaite de l’homme. On ne saurait bien entendu bouder son plaisir, tant la mécanique huilée par Simon Pegg et Edgar Wright attire la sympathie et fait rire à gorge déployée la plupart du temps. On se contentera de regretter que le potentiel scénaristique de la première demi-heure ne soit pas mieux exploité par la suite. C'est le danger, quand on écrit son scénar dans le pub d'en bas.

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Détails

FR sortie :

Mer août 28, 2013

Casting et Equipe technique

Réalisateur :

Edgar Wright

Scénariste :

Edgar Wright, Simon Pegg

Avec :

Simon Pegg, Nick Frost, Martin Freeman, Rosamund Pike, Eddie Marsan, Paddy Considine

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