Nymphomaniac Part one

Cinéma

Drame

La note de Time Out:

<strong>Evaluation: </strong><span class='lf-avgRating'>4</span>/5

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L’avis de Time Out

En découvrant ‘Nymphomaniac’, le premier truc qu’on se dit, c’est que Von Trier est vraiment un type intelligent. Aguichant le badaud avec ses affiches salaces, un titre qui sent le soufre (et pas que) et des rumeurs de tournage orgiaque, le Danois prend en fait un malin plaisir à détourner les attentes du public : livrant de son film un premier volet intimiste, minimal, sobre et distancié. Ceux qui s’attendaient à se retrouver devant du porno hardcore se retrouveront donc vite la queue entre les jambes. Ok, on arrête là les blagues moisies.

A la base du film, un face-à-face : celui de Joe (Charlotte Gainsbourg – qu’on aurait presque envie de renommer Gainsbarre pour l’occasion), nymphomane auto-diagnostiquée, et de Seligman (Stellan Skarsgård), vieux célibataire doux et chaleureux l'ayant recueillie chez lui, après l’avoir retrouvée inconsciente au beau milieu d’une cour enneigée, le visage tuméfié. En huit chapitres, Joe raconte alors son histoire d’addiction à Seligman. Unité de temps, de lieu, d’action : tout de suite, le porno annoncé s’efface devant le théâtre classique, au gré de flashbacks qui suivent l’éveil sexuel de Joe ado (Stacy Martin) et les problèmes qu’elle découvre peu à peu liés à sa liberté sexuelle – par exemple, en devant affronter une Uma Thurman jalouse et complètement à côté de la plaque, lors d’une séquence à la fois gênante, tragique et hilarante. Mais surtout, Von Trier ménage de nombreuses échappées au récit de son héroïne, à travers les réactions et contrepoints de Seligman, qui se révèle quant à lui plutôt accro à… la pêche à la mouche.

Bref, la narration de ‘Nymphomaniac’ ne va jamais où on l’attend, faisant preuve d’une ironie et d’un humour largement bienvenus. Bien sûr, il y a quand même un peu de cul, mais vraiment rien de bien méchant. Tout au plus une prothèse de phallus qui se balade dans un train et deux ou trois conversations cochonnes. En revanche, l’aspect psychologique de l’addiction sexuelle – et du sexe en général – reste au cœur du récit. Le sexe n’est évidemment pas la pornographie, démontre 'Nymphomaniac' : car tout est dans la tête. Et, d’une certaine façon, quand il nous parle d’entrejambes psychotiques, Lars Von Trier disserte aussi sur le cinéma, sur ses jeux de fantasmes et son art de la représentation. Prolongeant tour à tour ‘Breaking the waves’ (thématiquement) et ‘Dogville’ (pour l’aspect théâtral et le dispositif minimal), ‘Nymphomaniac’ s’annonce donc, avec ce premier volume couvrant cinq chapitres de la vie de Joe, comme une œuvre étonnamment tendre, humble et drôle. Si, si. On en attend impatiemment la suite.

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Détails

FR sortie :

Mer jan 1, 2014

Durée :

100 minutes

Casting et Equipe technique

Réalisateur :

Lars von Trier

Scénariste :

Lars von Trier

Avec :

Charlotte Gainsbourg, Stellan Skarsgard, Stacy Martin, Shia LaBoeuf, Uma Thurman

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