Spring Breakers

Cinéma

Comédie dramatique

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Notre note :

<strong>Evaluation: </strong><span class='lf-avgRating'>4</span>/5

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L’avis de Time Out

Dès l’ouverture du film – et son ralenti figurant d’hystériques bitchasses allongées topless sur une plage, devant un tas de bourrins faisant mine de leur uriner dans la bouche, une canette de bière entre les jambes – le spectateur est clairement prévenu : ‘Spring Breakers’ sera excessif, vulgaire, sarcastique… mais aussi d’une beauté étrangement paradoxale.

Simplissime, le synopsis tient sur une feuille à rouler : quatre étudiantes américaines décident de célébrer la fameuse fête du printemps – dont la tradition consiste manifestement à sniffer de la coke sur des gens à poil, dans une chambre à coucher où l’on couche effectivement beaucoup… Seulement, comme elles n’ont plus trop d’argent et que la cocaïne coûte cher, le quatuor se met en tête de braquer un fast-food ; avant de devenir copines comme cochonnes avec Alien (James Franco), rappeur grande gueule et trafiquant à ses heures, qui les initiera à la délinquance et aux armes à feu.

Mais ne vous fiez pas – ou pas seulement – à son pitch ou son imagerie : sous ses dehors de blague salace ou d’histoire de gangster sous MDMA, ‘Spring Breakers’ est aussi un étonnant film d’auteur (si, si !), certainement le plus abouti du branché, crado (et parfois surestimé) Harmony Korine. Troquant ici son habituelle esthétique lo-fi (à mi-chemin entre ‘Freaks’ de Browning et un Groland hardcore) pour les filtres colorés d’un clip de R’n’B, Korine en profite, contre toute attente, pour affiner son style et son écriture. Ainsi, quoiqu'il ressemble a priori à une soumission de son auteur au mainstream, ‘Spring Breakers’ consiste finalement davantage en une réappropriation, maline et perverse, de ses codes.

À l’opposé des adeptes du storytelling, l’ancien scénariste de Larry Clark préfère ainsi composer son film sur un mode poétique, vertical et imagé, non linéaire, partant d’idées visuelles, de points d’orgue, plutôt que d’une suite logique dans le déroulement de son récit. Sa narration en devient étrangement désamorcée, flottante ; un peu comme si un Rohmer défoncé à la skunk s’était mis en tête de réaliser ‘The Grind’ pour MTV. Quant au montage du film, il procède fréquemment d’une dissociation du son et de l’image (déjà largement à l’œuvre dans ses précédents films), démembrant les éléments du langage cinématographique pour déjouer les attentes du spectateur et aboutir à une atmosphère à la fois aguicheuse et onirique.

Parti des confins de la vulgarité visuelle, le film aboutit alors à une étonnante suspension du temps – surtout à partir du milieu du film – qui pourrait évoquer un conte de fées pour adultes, ponctué de séquences inédites et mémorables : une scène d’amour à trois d'un étonnant romantisme aquatique, une fellation pratiquée sur un flingue qui serait aussi une inversion des rôles sexuels, ou encore une reprise de Britney Spears chantée par un chœur de terroristes en cagoules rose fuchsia... Bien sûr, le mot « bitch » est ici à peu près aussi récurrent que l’est « nigger » chez Tarantino ; mais non sans qu’une affection assez touchante pour ces étudiantes sexy, provocantes (et, en fait, complètement paumées) traverse le film. Parvenir à trouver de la beauté parmi ce qu’il y a de plus grossier et trivial dans la société du spectacle : voilà en somme le pari réussi de cet ambivalent ‘Spring Breakers’. Une réjouissante surprise, idéale pour renvoyer l’hiver au vestiaire !

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Détails

Casting et Equipe technique

Réalisateur :

Harmony Korine

Avec :

James Franco, Selena Gomez, Ashley Benson, Vanessa Hudgens, Rachel Korine

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