Daniel Johnston : Welcome to my World

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Daniel Johnston, 'Untitled', 1995 / © Daniel Johnston / Courtesy Arts Factory
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Daniel Johnston, 'Captain America, the Duck & the Frog', 2009 / © Daniel Johnston / Courtesy Arts Factory
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Peter Juhl, 'Daniel Johnston backstage', 2010 / © Peter Juhl / Courtesy Arts Factory
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Daniel Johnston, 'Selfportrait with Laurie', 1995 / © Daniel Johnston / Courtesy Arts Factory
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Daniel Johnston, 'Hulk Feel Lonely Inside', 2012 / © Daniel Johnston / Courtesy Arts Factory
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Daniel Johnston, 'Travelling Time', 2001 / © Daniel Johnston / Courtesy Arts Factory
Libre

Il en a fait du chemin depuis les années 1980. Depuis l’époque où ce vendeur de chez McDo distribuait ses cassettes dans la rue, jusqu'à voir, cette année, ses dessins exposés dans une galerie parisienne. Derrière le micro, Daniel Johnston, sorte de croisement entre la spontanéité musicale (et vestimentaire) de Kurt Cobain (qui fut l'un de ses premiers soutiens) et la pop sucrée (et un peu barrée) de Brian Wilson (qui passa quand même des années sans sortir de son lit), le tout arrangé à la sauce do it yourself : tant pis si la voix n'est pas toujours juste et si les aigus peinent un peu, l'essentiel est ailleurs. Dans la mélodie entêtante. Dans les paroles belles et naïves, sorte de pendant musical (souvent qualifié de lo-fi ou d'anti-folk) de l'art brut.

L'art brut, on y pense justement quand on regarde les productions graphiques du natif de Sacramento. Au feutre, au stylo bic ou à la gouache, Daniel Johnston conçoit visiblement le dessin comme un acte impulsif, voire compulsif, dont le trait porte encore les traces de l'urgence qui l'inspira. Comme dans ses chansons, on retrouve sa cosmogonie faite de bric et de broc, mélange de restes bibliques et d'une lecture assidue des comics, où Captain America et Hulk combattent une armée de démons en flammes, et où des canards de l'espace tentent de ne pas se laisser corrompre par des femmes à forte poitrine qui les entraînent sur les chemins du vice.

Tourbillon de couleurs enfantines et de situations cocasses, le monde de Daniel Johnston est d'un manichéisme à toute épreuve. Mais derrière ses aspects enfantins, surgit l'ombre d'obsessions inquiétantes qui donnent une toute autre signification à ces compositions candides. Son univers plastique trahit une vision déglinguée et bancale d'une Amérique aux super-héros rassurants, dont le vernis optimiste est mis à mal par la pureté de l'univers du chanteur. Une Amérique où un type comme Daniel Johnston, même s’il est exposé à Paris, sera toujours perçu comme un loser.

> Horaires : du mardi au samedi de 12h30 à 19h30.

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