David Altmejd : Flux

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David Altmejd, 'The Flux and the Puddle' (détail), 2014 / Photo : James Ewing / © David Altmejd / Courtesy Andrea Rosen Gallery, New York
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David Altmejd, 'Untitled' / Photo : Jessica Eckert / © David Altmejd / Courtesy Andrea Rosen Gallery, New York
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David Altmejd, 'abcdefghijklmnopqrstuvwxyz' / Photo : Kurt Deruyter / © David Altmejd
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David Altmejd, 'Untitled' / Photo : Pierre Antoine / © David Altmejd
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David Altmejd, 'Sarah Altmejd' / Photo : Pierre Antoine / © David Altmejd
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David Altmejd, 'The Flux and the Puddle' (détail), 2014 / Photo : Pierre Antoine / © David Altmejd
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David Altmejd, 'The University 1' / Photo : Pierre Antoine / © David Altmejd

Mais qu'est-ce qui rend l'univers de David Altmejd aussi fascinant ? Un premier indice, peut-être, à l’entrée de l’exposition : ce portrait de la sœur de l'artiste, au visage dévoré par un trou noir sans fond. Puis arrivent l’homme-oiseau aux airs du dieu Horus, une figure faite de moulages de la main du sculpteur, ou ces démentielles installations formées de cubes transparents. Chacun d’entre eux serait, en fait, l’une des multiples facettes d'un portrait kaléidoscopique. Celui de l'artiste certes, mais aussi celui du visiteur, d'ailleurs cerné tout au long de sa progression par de grands miroirs qui font oublier les murs du musée d’Art moderne, pour ouvrir ses salles vers l'infini.

Armé de quelques bobines de fil, de résine, d'un peu de plâtre, d'une poignée de bijoux de grand-mère et d'un bataillon de petites fourmis en fil de fer, l'artiste québécois donne l'impression, ô combien troublante, d'arriver à matérialiser l'intérieur de notre esprit. Inquiétant comme un laboratoire de savant fou, exaltant comme de luxuriantes maquettes de trains dans un magasin de jouets, surréaliste comme un rêve éveillé, 'The Flux and The Puddle' (2014), apothéose de l'exposition, nous donne l'impression de contempler notre propre âme, dépliée sous nos yeux, mise à nu, palpitante de vie, sublime et cauchemardesque.

Hybridation entre humain, animal, végétal, minéral. Hybridation des techniques et des formes, qui évoquent autant la biologie que l'architecture. Hybridation d'un art qui a digéré le ready-made et le collage Dada tout en gardant en tête les portraits organiques de Giuseppe Arcimboldo, l'imagerie fantasmagorique de Matthew Barney et les cauchemars surpeuplés de Jérôme Bosch. Littérature fantastique, cinéma de science-fiction, mythologie égyptienne : lister tout ce que charrient les œuvres de David Altmejd serait impossible. Ses géants, loups-garous et ruches de plexiglas dégagent la beauté silencieuse que doit ressentir le plongeur qui découvre une ville antique engloutie sous les eaux. Celle d'un monde en apparence lointain, mais face auquel naît une troublante connivence, qui nous serre la gorge et nous laisse, avant de remonter à la surface, hagard, émerveillé d'avoir pu admirer quelque chose que l'on n'était pas censé voir.

> Horaires : du mardi au dimanche de 10h à 18h ; nocturne le jeudi jusqu’à 22h.

Téléphone de l'événement 01.53.67.40.00
Site Web de l'événement http://www.mam.paris.fr
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