FIAC et FIAC Off

Tour du monde des galeries avec les spécialistes de Time Out International

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Vous pensiez qu'on ne pouvait pas faire plus FIAC que la FIAC. Eh bien détrompez-vous : avec près de 200 galeries et plus de 2500 artistes à l'affiche, cette année, la foire internationale d'art contemporain s'annonce encore plus dense, imposante, hype (et onéreuse) que d'habitude. Crise de la quarantaine ? Ca en a tout l'air : pour cette 39e édition, la FIAC s'embourgeoise encore et agrandit la famille, en prenant sous son aile une nouvelle légion de lieux parisiens. Si, du 18 au 21 octobre, le Grand Palais reste au cœur de la manifestation, l'avalanche annuelle d'oeuvres, de galeries, de collectionneurs et d'amateurs d'art s'abat aussi sur l'esplanade des Invalides, les Tuileries, le Jardin des Plantes et le Muséum d'Histoire naturelle, qui exposent une nuée d'installations et d'œuvres participatives (Jeremy Deller, William Kentridge, Mircea Cantor...). Autant de propositions hors les murs qui viennent épicer la programmation, tout en étendant le parcours et en compliquant encore un peu la donne.

Pour vous aider à faire le tri, la rédaction fait donc le point sur une sélection d'artistes à découvrir ou redécouvrir, et invite les spécialistes des magazines Time Out du monde entier à dénicher les galeries étrangères qui valent le détour. Enfin avant de parler de détour, encore faudrait-il être invité... Le prix rédhibitoire du billet envoie un message clair : à 35 euros l'entrée au Grand Palais (20 euros pour les moins de 26 ans), la FIAC tourne nettement le dos au grand public pour s'adresser presque exclusivement à une faune de marchands, de collectionneurs, de fanatiques et de spécialistes de la création actuelle. Alors si vous n'êtes pas prêts à hypothéquer votre grille-pain pour goûter au gratin de l'art contemporain, déguster un énième Jeff Koons et savourer les lubies des étoiles montantes des galeries les plus préstigieuses du marché, rendez-vous aux foisonnants Slick, Show Off, Yia Art Fair et autres « Off » de la foire. Moins chers, moins peuplés, moins guindés, mais aussi - sinon ce serait trop beau - plus inégaux en termes de qualité.

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Tour du monde des galeries

Avec 184 galeries à l'affiche, il faudrait quatre jours, un bon matelas gonflable, quelques sessions d'étirements et une tente plantée dans les couloirs du Grand Palais pour pouvoir parcourir cette FIAC en long et en large, sans se faire une élongation aux mollets. Pour que la chose soit vivable, il va donc falloir choisir. Afin de vous aider à faire le tri, les spécialistes en art de différents magazines Time Out à travers le monde ont déniché les bonnes adresses de leurs villes respectives. De New York à Tokyo en passant par London town : visite express des galeries phares de cette édition.

  • New York : Broadway 1602

    Vue du "booth" de la galerie à la FIAC 2012 / © TB - Time Out

    C’est loin des sentiers battus, dans tous les sens du terme, qu’Anke Kempkes a établi sa galerie. Il faut en faire du chemin depuis le centre de New York pour accéder à Broadway 1602, perchée en haut d’un immeuble du Garment district ; mais la programmation, étonnante, vaut largement le déplacement. Pensées avec soin par Kempkes, les expositions reflètent la longue expérience de cette ancienne conservatrice de musée en Allemagne dans le domaine de l'art contemporain. La preuve à la FIAC, où elle présente une expo thématique, teintée de féminisme, en réunissant cinq grandes artistes des années 1960 et 1970 : Nicola L, Alina Szapocznikow, Evelyne Axell, Penny Slinger et Babette Mangolte. - La rédaction de Time Out New York / Traduction TB

    New York : Broadway 1602
  • Londres : The Approach

    John Stezaker, 'Untitled', 1985 / Courtesy de l'artiste et The Approach

    Gérée depuis la fin des années 1990 par Jack Miller, The Approach est un pilier de la scène artistique de l’est londonien. Située dans le quartier de Bethnal Green, à l’étage d'un vieux pub patiné au houblon, la galerie dispose d'une réserve naturelle de boissons et d’amuse-gueules pour chacun de ses vernissages. Mais la bière et les petits fours tiédis de son pub ne sont pas le seul intérêt de The Approach. Au tableau de chasse de la galerie, on croise une vingtaine d’artistes, dont une poignée de peintres et de sculpteurs notables. Parmi eux : Alice Channer, remarquée lors d’une exposition personnelle qui remodelait l’espace de la South London Gallery en début d’année ; Evan Holloway et ses constructions architecturales et ludiques ; le travail totémique d'Ed Lipski ; et les intrigants arrangements d'objets et d'images d'Amanda Ross-Ho. Un autre de ses artistes, John Stezaker, a récemment vu ses collages photo conceptuels récompensés par le Deutsche Börse Photography Prize 2012. – Helen Sumpter / Traduction BC

    Londres : The Approach
  • Paris : Daniel Templon

    Installation de Chiharu Shiota, exposée dans le "booth" de la galerie à la FIAC / © TB - Time Out

    La célèbre galerie installée près de Beaubourg depuis 1972 présente une belle sélection d'art contemporain à la FIAC. L'occasion de (re)découvrir les nids de fils de Chiharu Shiota, les personnages hilares et troublants de Yue Minjun ou les scènes oniriques du peintre Gérard Garouste.

    > Pour aller plus loin : voir notre article sur la dernière exposition de Chiharu Shiota à la galerie (février 2012).

    > Prochainement : la Fondation Cartier consacre une exposition personnelle à Yue Minjun à partir du 14 novembre.

    Paris : Daniel Templon
  • Paris : Kamel Mennour

    Claude Lévêque, 'Aveugle' / © TB - Time Out

    Depuis 1999, Mennour déverse son énergie débordante sur Saint-Germain-des-Prés avec une programmation audacieuse d’art contemporain. Son flair l’amène, très tôt, à exposer les photographies de mode hybrides de David LaChapelle et Ellen von Unwerth ou les subversions white trash du cinéaste Larry Clarke. C’est aussi lui qui introduit Kader Attia et Adel Abdessemed sur la scène parisienne, au début des années 2000.

    Un dynamisme qui porte vite ses fruits. Dès 2007, Mennour confirme la stature acquise par sa galerie en moins de dix ans lorsqu’il déménage rue Saint-André des Arts, dans l'imposant hôtel de la Vieuville (XVIIIe siècle). Les générations, les styles et les supports se mêlent au sein de cet espace d’échanges et d’expérimentation ; la preuve à la FIAC, où les néons de Claude Lévêque et les arrangements floraux de Camille Henrot cohabitent avec les installations en bois de Tadashi Kawamata.

    > Pour aller plus loin : voir nos critiques des dernières expositions de Camille Henrot (septembre 2012) et de Tadashi Kawamata (janvier 2012) à la galerie Mennour.

    Paris : Kamel Mennour
  • Amsterdam : Diana Stigter

    Helen Verhoeven, 'Holly Molly Coddle Muffs', 2011 / © Helen Verhoeven / Courtesy de la galerie Diana Stigter

    Aux Pays-Bas, on ne finit plus de parler de l'exode massif du monde de l'art vers le quartier post-industriel de Noord, spacieux et excentré. Pourtant, la galerie Stigter est bien l’une des preuves que le cœur de la scène artistique d'Amsterdam reste attaché au charme suranné des rues pavées de Jordaan, quartier historique situé à l’ouest de la ville. Certains soirs, on y croise encore des hordes d'aficionados arty et ivres, tout de noir vêtus, titubant d'un vernissage à l’autre. Une faune qui tend à se raréfier, certes, mais qui, contre toute attente, a jeté son dévolu sur la vétérante Diana Stigter, dont la galerie, postée sur l'Elandsstraat, incarne le cœur géographique et métaphorique de Jordaan. Si elle tient en partie sa renommée à ses talons aiguilles, Stigter doit surtout à son réseau tentaculaire de conservateurs et de clients son pouvoir de lancer des carrières en quelques coups de téléphone. Parmi ses jeunes poulains, on compte le peintre figuratif hollandais Tjebbe Beekman, dont les paysages urbains ont été exposés à la GEM, le musée d’Art contemporain de la Haye, ainsi que le très médiatique vidéaste Saskia Olde Wolbers, qui allie narration de nouvelles fantastiques et projections monochromes, sur des écrans ou à l’intérieur de pièces miniatures. – Mark Smith / Traduction BC

    Amsterdam : Diana Stigter
  • Berlin : Kicken

    Andy Warhol, 'Body Parts' / © TB - Time Out

    Avis aux amateurs de photo : la galerie Kicken réunit probablement la plus belle sélection de septième art de cette FIAC 2012. Diane Arbus, Helmut Newton, Nobuyoshi Araki et les polaroïds d'Andy Warhol se frottent ainsi à quelques perles allemandes et russes des années 1920 et 1930 (on pense notamment à ce 'Spielhof' de Umbo et son jardin d'enfant en plongée, noyé dans des gris sourds), au fil d'une scénographie soigneusement travaillée. - TB

    Berlin : Kicken
  • Brescia : Massimo Minini

    Vue de l'oeuvre de Hans-Peter Feldmann sur le "booth" de la galerie à la FIAC / © TB - Time Out

    "Incroyable : un tableau est kitsch, quinze font l'avant-garde", constate Massimo Minini à propos des paysages du peintre Peter-Hans Feldmann, accrochés sur les cimaises de son espace à la FIAC. Avec leurs airs de croûtes romantiques sorties du salon des Refusés de 186, ou de vues d'océans de peintres du dimanche dignes d'une expo de la MJC du coin, cette série de toiles dégage une belle touche d'ironie qui reflète l'esprit décalé de cette galerie présente à Brescia, en Italie, depuis 1973.

    Brescia : Massimo Minini
  • Tokyo : Take Ninagawa

    Misaki Kawai, 'Surf Club', 2008 / Courtesy de l'artiste et Take Ninagawa

    Gonflant à l'ombre de l'impressionnante Tour de Tokyo, l’ambition de la galerie Take Ninagawa dépasse amplement la modeste dimension de ses murs. Sa propriétaire,  Atsuko Ninagawa, a fait ses classes à New York, où, jeune conservatrice indépendante, elle organisait des expositions dans les galeries Mehr et PH avant d'ouvrir son propre espace en 2007. A son retour à Tokyo, elle a ramené dans ses valises un peu de la sensibilité propre au monde de l'art de la Grosse Pomme — ainsi qu’un répertoire de contacts à faire pâlir la plupart de ses pairs. Le plus grand nom de la scène contemporaine dont elle peut se targuer de représenter est sans doute celui de Shinro Ohtake, suivi de près par Misaki Kawai. Mais Take Ninagawa soutient également de jeunes talents remarquables, comme Aki Sasamoto ou le sculpteur Yuuki Matsumura. La galerie a joué un rôle majeur dans le développement de nouvelles foires de réputation « alternative », telles que Tokyo Frontline et New Tokyo Contemporaries. Elle brille tout autant sur le circuit international, en participant notamment à NADA Miami Beach, Frieze New York, ART HK et, aujourd’hui, à la FIAC. – James Hadfield / Traduction BC

    Tokyo : Take Ninagawa
  • Shanghai : ShanghART

    Liang Shaoji, 'Planar Tunnel', 2011 / Courtesy de l'artiste et de la galerie ShanghART

    Galerie majeure de Shanghai, ShanghART défend corps et âme la scène contemporaine chinoise. C’est dans son espace que l’on vient découvrir les dernières séquences de Yang Fudong, star du video art, les animations de l’artiste Sun Xun ou les créations loufoques de MadeLn Company, un collectif que Time Out Shanghai compte parmi ses favoris, mené par Xu Zhen, artiste farceur et touche-à-tout. A la FIAC, ShanghART présentera une poignée d’artistes du crû, dont Liang Shaoji, Chen Xiaoyun, Wu Yiming et Shen Fan. - Sam Gaskin / Traduction TB

    Shanghai : ShanghART
  • Tel Aviv : Dvir

    Adel Abdessemed, étude pour la sculpture installée sur le parvis de Beaubourg jusqu'en janvier 2013 / © TB - Time Out

    Inaugurée en 1994, Dvir s’est frayé une place sur la scène israélienne en exposant, dans un premier temps, de jeunes artistes avant de se tourner, au début des années 2000, vers des têtes d’affiche internationales. Si leur éventail brasse une grande variété de supports, les penchants des galeristes sont clairs : post-minimalisme et photographie conceptuelle se taillent la part du lion. Côté israélien, c’est ici que s’exposent, entre autres, Miri Segal, Pavel Wolberg, Barak Ravitz, Karen Russo. Côté international, Dvir soutient une flopée de grands noms parmi lesquels Douglas Gordon, Lawrence Weiner, Adel Abdessemed (à découvrir en ce moment à Beaubourg), Mircea Cantor (exposé à Beaubourg également), Miroslaw Balka ou Jonathan Monk.

    En 2009, Shifra Shalit et Dvir Intrator, déjà propriétaires d'une galerie au nord de Tel Aviv, ouvraient deux nouveaux espaces d'exposition à Jaffa, le quartier historique de la ville. Une ambitieuse expansion qui leur valut une avalanche de critiques de la part du monde de l’art, qui raillait l’opportunisme de ces galeries soi-disant nées de l’émulation de la Biennale d’Art de Tel Aviv. Pourtant, trois ans plus tard, les trois espaces sont bel et bien là. Plus énergiques que jamais. – Itay Valdman/ Traduction BC

    Tel Aviv : Dvir
  • Tel Aviv : Sommer

    Yael Bartana, ' We Shall Be Strong In Our Weakness', 2012/ Courtesy de l'artiste et Sommer Contemporary Art, Tel Aviv

    Sommer Contemporary Art est l’un des symboles les plus forts de la récente mondialisation de la scène artistique israélienne. Jadis cantonné à la région et soumis aux normes, aux attentes et aux institutions politiques locales, le marché de l’art de Tel Aviv se frotte désormais à la scène mondiale. Parmi les nombreuses galeries ralliées à cette nouvelle dynamique, Sommer est parvenue, plus que nulle autre, à dynamiter les frontières au point de jouer dans la cour des grands marchands internationaux.

    Et on ne s’en étonne pas : inaugurée au début des années 2000 par Irit Sommer, la galerie est l'une des premières de Tel Aviv à avoir représenté des artistes de tous horizons, tout en participant, très tôt, à des expositions à l’étranger. Aujourd’hui, son espace posté sur le boulevard Rothschild (l'artère principale de Tel Aviv) défend quelques artistes phares de la scène israélienne, comme Yehudit Sasportas, Yael Bartana, Michal Helfman, Rona Yefman, Doron Solomons ou Ofir Dor, dont beaucoup ont débuté leur carrière dans les années 1990 avant d’accéder, très vite, à une renommée internationale. A leurs côtés, la programmation de la galerie se partage entre artistes émergents – Netally Schlosser, Boyan, Tamar Herpaz… – et stars étrangères, parmi lesquelles Ugo Rondinone, Thomas Zipp ou Wolfgang Tillmans. – Itay Valdman / Traduction BC

    Tel Aviv : Sommer

New York : Broadway 1602

Vue du "booth" de la galerie à la FIAC 2012 / © TB - Time Out

C’est loin des sentiers battus, dans tous les sens du terme, qu’Anke Kempkes a établi sa galerie. Il faut en faire du chemin depuis le centre de New York pour accéder à Broadway 1602, perchée en haut d’un immeuble du Garment district ; mais la programmation, étonnante, vaut largement le déplacement. Pensées avec soin par Kempkes, les expositions reflètent la longue expérience de cette ancienne conservatrice de musée en Allemagne dans le domaine de l'art contemporain. La preuve à la FIAC, où elle présente une expo thématique, teintée de féminisme, en réunissant cinq grandes artistes des années 1960 et 1970 : Nicola L, Alina Szapocznikow, Evelyne Axell, Penny Slinger et Babette Mangolte. - La rédaction de Time Out New York / Traduction TB

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Artistes : tour d'horizon

Du Stonehenge version château gonflable de Jeremy Deller aux peintures oniriques de Valérie Favre en passant par les installations périssables de Michel Blazy ou l'ironie acide de Robert Crumb, petit aperçu de la variété des propositions de l'édition 2012. Installation, peinture, photo, readymade, dessin, performance, sculpture ou monochrome en chocolat : autant de façons de répondre, ce week-end, à l'irrésoluble "Qu'est-ce que l'art contemporain ?".

  • Jeremy Deller

    'Sacrilege', 2012 / Présenté sur l'esplanade des Invalides / © DR

    Les mégalithes de Stonehenge, revisités sous forme de château gonflable : c'est ce que propose l'artiste britannique Jeremy Deller sur l'esplanade des Invalides. Transformer le patrimoine historique anglais en attraction de foire, accessible à tous : un "sacrilège" qui vise à détourner la sacralité des emblèmes intouchables du pouvoir politique et religieux. Par son intéractivité et son ludisme, l'installation de Deller renoue ainsi le dialogue entre les gens, leur culture et leur histoire et se pose en monument à la libre expression.

    Jeremy Deller
  • Bruno Serralongue

    'Newborn, Pristina, mardi 17 février 2009', 2011

    Les photographies de Bruno Serralongue prennent le pouls de la vie contemporaine, en se positionnant dans les marges des images diffusées en masse par les médias. L'artiste parcourt le monde sur la trace des lieux et des événements relayés par les journaux, la télévision, la radio et Internet, révélant ce qui se trame dans les coulisses de l'information surmédiatisée.

    > Pour aller plus loin : la série 'Florange' de Bruno Serralongue est présentée à la galerie Air de Paris jusqu'au 21 octobre.

    Bruno Serralongue
  • Valérie Favre

    Présentée par la galerie Jocelyn Wolff / 'Volière', 2007 / © Valérie Favre / Courtesy de la galerie Jocelyn Wolff, Paris

    Nominée cette année au Prix Marcel Duchamp, Valérie Favre accroche son univers étrange et envoûtant, imprégné d'onirisme, sur les cimaises de la galerie Jocelyn Wolff. Une peinture tiraillée entre l'anecdote et l'informe, qui semble, toujours, plonger le pinceau dans l'intimité profonde et vertigineuse de l'artiste.

    > Pour aller plus loin : un extrait de la nouvelle série de Valérie Favre, 'Fragments', est à découvrir à la galerie Jocelyn Wolff jusqu'au 3 novembre.

    Valérie Favre
  • Antony Gormley

    'Reflection II', 2008 / Présenté par la galerie Thaddaeus Ropac / Courtesy galerie Thaddaeus Ropac, Paris-Salzburg

    Toutes les occasions sont bonnes pour se retrouver nez à nez avec une sculpture d'Antony Gormley, dont les réalisations monumentales font du corps humain leur moelle épinière. Le rapport physique de l'Homme au monde tangible, et la manière dont le spectateur partage l'espace avec l'oeuvre - corps inerte et rigide - sont autant d'interrogations qui traversent les figures fantomatiques de l'artiste britannique.

    Antony Gormley
  • Michel Blazy

    Présenté par la galerie Art:Concept / 'Le Jardin sorgho', 2012 / © Eric Sander

    Alors que Le Plateau (FRAC Ile-de-France) lui consacre, jusqu'au 18 novembre, une réjouissante exposition personnelle tapissée de pelures d'oranges, de bave d'escargots et de monochromes en chocolat, Michel Blazy met son grain de sel à la FIAC. Périssable, loufoque, turbulent et intelligent, l'art de Blazy est de ceux dont on ne se lasse pas : autant dire qu'on ne quittera pas le Grand Palais sans être passé par la case Art:Concept.

    Michel Blazy
  • Gelitin

    'Gelatin is getting all wrong again', 2003 / Présenté par la galerie Florence Loewy / Courtesy Florence Loewy et Walter Koening

    On peut toujours compter sur eux pour mêler performance, absurdité, exhibitionnisme et pipi-caca. Bref, pour foutre le dawa dans les hauts lieux de l'art contemporain avec leurs savants et jubilatoires cocktails de dégoulinades sculpturales. Si vous ne connaissez pas encore l'art gluant et déjanté de Gelitin, qui parodie le body art sombre et torturé des actionnistes viennois (Günter Brus, Hermann Nitsch...) en faisant à peu près n'importe quoi, c'est l'occasion de rectifier le tir : le collectif autrichien accro aux tartinades de pâte à modeler, de papier toilette et de scatologie s'expose sur le stand de la galerie Florence Loewy.

    Gelitin
  • Cindy Sherman

    'Untitled', 2010-2012 / Présenté par Metro Pictures

    Caméléon du huitième art, Cindy Sherman change d’identité comme de chemise, prenant la pose pour son propre objectif depuis la fin des années 1970. Sa dernière série, réalisée à partir de photomontages et tartinée de retouches grossières, lorgne avec ironie vers le romantisme fougueux de Turner, le conte de fées et les décors de cinéma en carton-pâte. En couvrant ses tirages de grosses couches de mauvais goût, la photographe américaine prend plaisir à nous égarer parmi les nappes phréatiques du faux, déconstruisant son travail pour nous confronter à des scènes absurdes, dépourvues de narration et de repères. Impossible de cerner le spectacle, de deviner face à qui l’on se trouve ou sur quel pied il faut danser. Plus sardonique que jamais, l’artiste surdose vertigineusement l’artifice. Avec leurs gestes figés, leurs regards absents et leurs expressions ambigües, les figures ne semblent destinées à rien d’autre qu’à flotter sur leur environnement comme un cheveu sur la soupe. Immenses et froides, elles dominent la nature comme pour se moquer de nous. Et piétiner les codes de la peinture romantique qui condamnent l'Homme, petit et mélancolique, à croupir sous l’immensité de l’univers.

    Pour aller plus loin, voir notre critique de l'expo de Cindy Sherman présentée à la Gagosian Gallery le mois dernier.

    Cindy Sherman
  • Bertrand Lavier

    'Gaveau', 1991 / Présenté par la galerie Massimo Minini

    A la fois ironiques, absurdes et poétiques, les installations de Bertrand Lavier lorgnent vers le readymade et la philosophie du langage visuel. Alors que Beaubourg lui consacre une rétrospective jusqu'au 7 janvier, la galerie Massimo Minini offre un aperçu de son oeuvre sur son stand au Grand Palais.

    Pour aller plus loin, voir notre critique de l'expo de Lavier au Centre Pompidou.

    Bertrand Lavier
  • Gilbert & George

    'Star', 2011 / Présenté par la galerie Albert Baronian

    « KILLER », « RACE », « GANG », « HATE »… Outre-Manche, les temps sont durs pour Big Brother. Dans leur dernière série de collages, les ‘London Pictures’, Gilbert & George donnent la parole à la presse britannique et prouvent une fois encore que, plus de quarante ans après leurs débuts à la Saint Martins School of Art, leur art n’a pas perdu une once de sa pertinence. Ni son don de frapper là où ça fait mal. Toujours ancré dans l’actualité sociale, toujours épicé de généreuses doses de provocation sauce post-pop, le travail du tandem britannique a rarement jeté un regard aussi cinglant sur son époque. Pendant près de six ans, les légendaires Dupond et Dupont de l’art contemporain, tout de tweed vêtus, ont fait la cueillette de gros titres de journaux, écumant les kiosques de la capitale anglaise pour créer, au final, un ensemble de 292 collages à partir de 3 712 posters. Quelques extraits sont à découvrir à la FIAC.

    Pour aller plus loin, voir notre critique de l'expo des 'London Pictures' à la galerie Thaddaeus Ropac, avril 2012 et notre interview de Gilbert & George.

    Gilbert & George
  • Adel Abdessemed

    'Sphere II', 2006

    Voitures cuites au four, Christ en fil de fer barbelé, collisions d'avions, animaux carbonisés... L'art d'Adel Abdessemed émet un écho explosif à la violence qui secoue notre monde, tout en puisant ses formes et ses références dans les classiques de l'histoire de l'art. Une expression viscérale et grinçante souvent cimentée, d'une manière ou d'une autre, par la présence de l'artiste, voire l'autoportrait. En témoignent ces immenses sphères en fer, dont le diamètre correspond à la taille d'Abdessemed, en clin d'oeil à l'homme de Vitruve de De Vinci.

    > Pour aller plus loin : voir notre critique de l'exposition personnelle d'Adel Abdessemed présentée à Beaubourg jusqu'au 7 janvier.

    Adel Abdessemed
  • Présence Panchounette

    'Traffic', 1985 / Présenté par la Semiose galerie / Courtesy de Semiose, Paris

    Derrière "Présence Panchounette" se cachent Christian Baillet, Pierre Cocrelle, Didier Dumay, Michel Ferrière, Jean-Yves Gros, Frédéric Roux, Jacques Soulillou et une flopée d'objets qui n'auraient jamais vraiment dû être érigés au rang d'art. Le collectif déjanté, hyperactif sur le terrain marginal de l'art pendant les années 1970 et 1980, s'expose dans l'espace de la galerie Semiose. L'occasion de plonger la tête la première dans un univers d'installations et de performances loufoques, où l'absurde prend la forme de cercueils futuristes et de réjouissantes doses d'iconoclasme.

    Présence Panchounette
  • Robert Crumb

    'Crazy Horse', 1996 / Présenté par la galerie David Zwirner / © Robert Crumb, 1996, courtesy de l'artiste, Paul Morris et David Zwirner, New York

    Le monstre de la BD underground présente quelques dessins acides sur le stand de la galerie David Zwirner. Critique sociale, femmes à grosses giboles et humour grinçant à la clé.

    Robert Crumb

Jeremy Deller

'Sacrilege', 2012 / Présenté sur l'esplanade des Invalides / © DR

Les mégalithes de Stonehenge, revisités sous forme de château gonflable : c'est ce que propose l'artiste britannique Jeremy Deller sur l'esplanade des Invalides. Transformer le patrimoine historique anglais en attraction de foire, accessible à tous : un "sacrilège" qui vise à détourner la sacralité des emblèmes intouchables du pouvoir politique et religieux. Par son intéractivité et son ludisme, l'installation de Deller renoue ainsi le dialogue entre les gens, leur culture et leur histoire et se pose en monument à la libre expression.


FIAC Off ! Quelques options pour boycotter la foire officielle

Slick

Pour sa 7e édition, la foire présente 40 galeries et 15 SLICK Projects produits pour l'occasion. Cette nouvelle édition s’implante dans le Marais à deux pas du Musée Picasso, dans la verrière du Garage, bâtiment moderniste construit en 1937.

  1. Garage Turenne / 10 € 66, rue de Turenne, 75003
  2. Jusqu'à Dim oct 21
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Show Off

Cette année, le pionnier des "Off" de la FIAC axe sa programmation autour des nouvelles technologies, des arts numériques, de la vidéo et de la performance. Toute une scène artistique encore méconnue à découvrir pendant cinq jours durant lesquels Show Off anime aussi une série de débats sur le sujet (accessibles avec le "Pass+" à 15 euros).

  1. Room 7.1 / 10 € 7 rue Froissart, 3e
  2. Jusqu'à Dim oct 21
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Yia art fair

On connaissait les YBA (Young British Artists), leurs vaches découpées (Damien Hirst), leurs poupées siamoises (les frères Chapman) et leurs draps tachés de sang (Tracey Emin). On a désormais affaire à une toute autre espèce, beaucoup plus sage, beaucoup moins starifiée, bien plus éclectique : les YIA (Young International Artists), qui se réunissent du 16 au 21 octobre sous la jolie verrière du Bastille Design Center dans le cadre d'un des "Off" de la FIAC. Derrière ce nom un brin racoleur se cache non pas un mouvement, ni même une véritable pensée commune, mais tout simplement 25 artistes émergents, présentés par 25 galeries qui partagent un certain, quoique timide, engagement politique, culturel, artistique ou social. La liste d'invités reste assez conventionnelle, Anne Barrault, Jérôme de Noirmont, Anne de Villepoix, Filles du Calvaire, Laurent Godin, Dominique Fiat ou Polaris figurant parmi les grands classiques du marché de l'art parisien, largement concentré dans le Marais. Côté artistes, pas mal d'installations, de propositions conceptuelles et de créations insolites : c'est notamment l'occasion de découvrir les vidéo-collages de Julien Crépieux, les installations interventionnistes et critiques de Simon Nicaise ou les monochromes de Samuel François, élaborés avec des couvertures de survie. Reste à savoir si cet aperçu des "jeunes artiste internationaux", mais quand même majoritairement français, vaut vraiment la somme de 20 €, prix du billet d'entrée.

  1. Bastille Design Center / 20 € 74, boulevard Richard Lenoir, 75011
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1 comments
Adam sylla
Adam sylla

je suis artisan de mali Bamako je vent les bijoux des colliers je suis très contente de voire site ,je suis intéresse à participé le foire de 2013