L'Art fait ventre

  • Art
  • Technique mixte
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Winshluss, 'Enfant à la saucisse', 2009 / © Winshluss
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Olga Kisseleva, 'Interpellations II', 2014 / Courtesy galerie Rabouan-Moussion
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Vue de l'exposition 'L'Art fait ventre' / © Lise Gibet
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Gilles Barbier, 'Habiter la viande crue', 2013 / © Adagp, Paris, 2014
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Vue de l'exposition 'L'Art fait ventre' / © Lise Gibet
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Gilles Barbier, 'La Recette du festin', 2013 / © Adagp, Paris, 2014
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Vue de l'exposition 'L'Art fait ventre' / © Lise Gibet
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Vue de l'exposition 'L'Art fait ventre' / © Lise Gibet
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Vue de l'exposition 'L'Art fait ventre' / © Lise Gibet
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Stéphane Soulié, 'Nature morte vivante de légumes avec chrysalide' / © Adagp, Paris, 2014
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Vue de l'exposition 'L'Art fait ventre' / © Lise Gibet

« Le ventre de l’homme n’est pas seulement le lieu où siègent ses intestins, mais un second cerveau où nichent ses émotions. ». Dès les premiers pas, l’exposition demande à notre cerveau de faire alliance avec notre ventre. Va-t-elle nous creuser l’appétit ? Plutôt les méninges. 'L’Art fait ventre', actuellement au musée de la Poste (temporairement logé au musée du Montparnasse) présente différents artistes contemporains qui questionnent notre principal objet de subsistance, la nourriture.

La taille de la réflexion n’est pas proportionnelle à celle, assez petite, de l’exposition. Il suffit de quelques œuvres pour allumer la petite flamme anti-consommatrice qui brûle en nous et faire bouillir notre matière grise. Les questions existentielles que peut poser le ventre, telles que la faim, l’accès aux denrées ou le cycle alimentaire qui nous rappelle notre proximité physique avec le steak charolais, sont abordées très justement.

Car finalement, à trop être noyés dans un flot perpétuel de publicité et de transformations chimiques, on en oublie que oui, le steak est avant tout un animal. La vidéo de Tony Morgan et de Daniel Spoeri est là pour nous le remémorer. On peut ainsi voir la vie d’un veau rembobinée, des WC où il a été jetés après une longue digestion, au pré où il a grandit. Quand elle n’est pas montrée comme dangereuse car chimique et polluée, la nourriture est pointée du doigt pour sa surabondance. Preuve en est avec les œuvres de Winshluss, qui reproduit de petits garçons enrobés et colorés, purs produits d’une société de consommation excessive.

Naturellement, qui dit nécessité, dit manque. Et si l’exposition montre une forte surproduction de nourriture elle n’omet pas de pointer du doigt la pénurie qui la côtoie. Les photos de Roseline Delacour, où figurent des SDF, soulignent cette incohérence sociétale, où la nourriture devenue reine, en laisse quelques-uns sur le côté.

S'il interroge les dessous politiques et économiques de l'alimentation, la parcours n’oublie pas non plus de rendre hommage aux sens. La soupière ventriloque de Brigitte Malour, qui utilise différents poèmes, comme ceux de Blaise Cendrars, pour donner une recette de cuisine, fait en ce sens sens-ualité. Voilà notre cerveau bien rassasié.

Pour les gourmands, le musée propose quelques évènements comme le banquet-spectacle du 8 septembre ou celui du 15 septembre. Plus d’informations ici.

> Horaires : du lundi au samedi de 13h à 18h.

Téléphone de l'événement 01.42.79.24.24
Site Web de l'événement http://www.ladressemuseedelaposte.fr/L-Art-fait-ventre
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