Marnie Weber, 'The Nature of Time'

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© Marnie Weber / Courtesy de la Galerie Praz Delavallade
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Libre

A la Galerie Praz-Delavallade, il y a des loups qui hurlent, des corps sans visages, des masques hideux, des femmes désarticulées, des créatures étranges… Marnie Weber est revenue à Paris. Celle qui avait fait l’objet d’une exposition au Palais de Tokyo met en scène sa propre rétrospective dans la petite galerie du Marais. Plus de trente ans passés à ausculter les représentations de notre réalité pour les distordre et mieux s’en extirper. Des vidéos, de la musique, des collages, des peintures. Plusieurs mondes dans un même univers, que l’artiste s’est amusé à explorer pour l’exposition. Des mondes surréalistes, naïfs, déroutants, hantés de femmes et de petites filles, habités par une nature douce, inquiétante ou impétueuse aux recoins de laquelle se planquent parfois quelques hommes.

‘The Nature of Time’ se construit justement autour de la symbolique du temps qui passe, de l’instant à saisir, du moment qui s’échappe. Quatre grands panneaux peints accueillent les visiteurs, un pour chaque saison, une entrée dans la matière de Marnie Weber, suivie par 366 collages, soit une année d’images, un calendrier empreint de toute la mythologie de l’artiste (rassurez-vous, les formats sont petits et le trajet loin d’être long). On égraine alors ce chemin parsemé d’étranges tableaux comme on passerait en revue d’imperceptibles souvenirs. On s’amuse à comprendre, à essayer d’en dessiner les contours, à tirer sur des fils conducteurs, à retrouver les fragments d’autre chose (les personnages issus de ses films ou de ses performances – comme les Spirit Girls –, les éléments de séries inspirées par les maisons de poupées ou le porno-soft, etc.). Et parfois, une photo, un paysage, un assemblage viennent réveiller un souvenir imprécis, de ces moments qui flottent, vécus, imaginés, puis oubliés.

Le rendu paraîtra peut-être vain à certains, tant le travail de Marnie Weber se fait parfois trop dramatique, dénué d’humour ou de distance. Mais grâce à sa façon de jouer avec les images et les impressions, de montrer quelque chose comme pour dire son contraire, de naviguer dans la fiction et d’aller au bout de sa drôle de mélancolie, l’artiste devient fascinante. Et son œuvre baroque, bricolée, romantique et perverse déroute autant qu’elle attire. Comme un doux malaise.

> Horaires : du mardi au samedi de 11h à 19h