Motion Factory

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Kyle Bean, 'Motion Factory' / / Courtesy de l'artiste & La Gaîté lyrique, Paris
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Vue de l'exposition 'Motion Factory' / © TB - Time Out
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© Emma de Swaef & Marc James Roels
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Vue de l'exposition 'Motion Factory' / © TB - Time Out
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Vue de l'exposition 'Motion Factory' / © TB - Time Out
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Vue de l'exposition 'Motion Factory' / © TB - Time Out
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Emma De Swaef & Marc James Roels, 'Sugarman' / Courtesy de l'artiste & La Gaîté lyrique, Paris
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Vue de l'exposition 'Motion Factory' / © TB - Time Out
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Vue de l'exposition 'Motion Factory' / © TB - Time Out
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Conor Finnegan, 'Fluffy' / Courtesy de l'artiste & La Gaîté lyrique, Paris
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Andrew Thomas Huang, 'Solipsist' / Courtesy de l'artiste & La Gaîté lyrique, Paris
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Vue de l'exposition 'Motion Factory' / © TB - Time Out
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Vue de l'exposition 'Motion Factory' / © TB - Time Out
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Vue de l'exposition 'Motion Factory' / © TB - Time Out
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Vue de l'exposition 'Motion Factory' / © TB - Time Out

C’est un peu l’usine du père Noël. Mais avant l’industrialisation de masse. Ici, on fabrique tout à la main pendant des heures. On travaille minutieusement des décors en carton-pâte, des personnages faits de sucre en cubes, des maisonnettes lilliputiennes en polyuréthane. On se demande pourquoi certains font simple quand c’est si merveilleux de faire compliqué. Et avec beaucoup de patience, énormément de fantaisie et pas mal de bric et de broc, on crée de toutes pièces des univers qui s’animent comme par magie ; des mondes bidouillés à partir de matières premières et mis en branle par l'image numérique, où quelques oiseaux en papier volent de leurs propres ailes pendant que deux peluches sirotent des bières en mousse. Bienvenue chez les enfants de Méliès, de Guignol et de Wallace et Gromit, capables de faire de la poésie avec deux bouts de ficelle et des marmites grandes comme des dés à coudre.

‘Motion Factory’ montre « l’avant » et « l’après » de quelques perles de l’animation dite « tactile ». Sous forme de petits ateliers, elle parcourt les univers d'une vingtaine de réalisateurs, leurs objets bricolés, leurs croquis, leurs storyboards et des making-of dans lesquels ils révèlent les secrets du métier. Puis elle diffuse leurs films dans leur intégralité (et propose, en plus, une salle de projection qui passe 60 courts métrages en boucle). Là où les précédentes expositions de la Gaîté Lyrique se sont souvent révélées trop ambitieuses, trop foutraques, trop éparses, cette expédition dans les coulisses du film « do it yourself » est au contraire une jolie réussite. Certes, on en apprend peu sur les techniques des réalisateurs du genre (même si quelques visiteurs chanceux pourront participer à la réalisation d’un film en stop-motion avec une équipe de professionnels dans la Petite Salle), mais on se laisse joyeusement éberluer par ces histoires construites comme des Lego et décortiquées, une à une, avec la complicité des artistes. 

Pourquoi ces courts métrages, tournés comme des films à échelle réduite avec de tout petits acteurs inanimés, provoquent-ils chez nous un plaisir si candide, si euphorisant ? Selon le réalisateur Sean Pecknold, c’est parce que l’animation « rappelle aux gens l’imaginaire et les jouets de leur enfance. On leur donne l’illusion qu’en tendant la main pour traverser l’écran, ils peuvent réellement toucher ce qu’on a fabriqué ». Pour Andrew Thomas Huang, « c’est parce qu’elle est imparfaite comme chacun de nous. Elle nous renvoie à notre propre humanité ». Sans oublier la fascination que nous inspirent ces poursuites folles, presque héroïques, de quelques instants de féérie. Et l’absurdité mi-punk mi-geek qu’il peut y avoir dans cette obstination à se servir des outils numériques pour faire de l’artisanat avec des petits bouts de bois. Juste pour la beauté de l’art et du geste.

> Horaires : du mardi au samedi de 14h à 20h, le dimanche de midi à 18h. Nocturne le mardi jusqu'à 22h.

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