My Joburg

1/12
'My Joburg', vue de l'exposition / © TB - Time Out
2/12
'My Joburg', vue de l'exposition / © TB - Time Out
3/12
William Kentridge, dessin extrait du film 'Other Faces', 2011 / Courtesy de l'artiste et de la Maison Rouge
4/12
Subotzky & Waterhouse, 'Ponte City from Yeoville Ridge', 2008 / Courtesy des artistes et de la Maison Rouge
5/12
'My Joburg', vue de l'exposition / © TB - Time Out
6/12
'My Joburg', vue de l'exposition / © TB - Time Out
7/12
Jodi Bieber, 'Orlando West Swimming Pool, Orlando West, Soweto', 2009 / © DR
Jodi Bieber, 'Orlando West Swimming Pool, Orlando West, Soweto', 2009
8/12
Nandipha Mntambo, 'Enchantment', 2012 / Courtesy de l'artiste et de la Maison Rouge
9/12
'My Joburg', vue de l'exposition / © TB - Time Out
10/12
'My Joburg', vue de l'exposition / © TB - Time Out
11/12
'My Joburg', vue de l'exposition / © TB - Time Out
12/12
'My Joburg', vue de l'exposition / © TB - Time Out
Maison Rouge, L'Est de Paris vendredi 21 juin 2013 11:00 - 19:00

« Qui est Johannes ? » Une question qui flotte au milieu de ‘My Joburg’ sur de grandes lettrines jaunes en carton, brandies par une foule que photographiait Sue Williamson en 2009. Pas « qu'est-ce » mais « qui ». La nuance n’est pas anodine et se prête d’ailleurs parfaitement à l’exposition : en portant son regard sur Johannesburg et sa scène artistique, la Maison Rouge ne se contente pas de rassembler des artistes sud-africains autour du thème de leur chère et tendre capitale. Elle joue les biographes, les psys, les sociologues, scrutant les différentes facettes de cette mégapole de 4 millions d’habitants pour mieux en explorer les signes distinctifs. Un peu comme si « Jozi » (telle qu'on la surnomme) était une personne, taraudée par une considérable crise d’identité.

Mais alors, qui donc est Johannes ? Johannes est une porte. Parfois fermée, parfois béante, mais le plus souvent ceinturée par des barreaux qui symbolisent les tensions d’une société rongée par la violence et le racisme (Mikhael Subotzky & Patrick Waterhouse). Johannes est une autoroute à deux étages, sur laquelle circulent quotidiennement des millions d’usagers, pris dans l’orbite d’une World Class City transfigurée par la Coupe du monde de 2010 (Zen Marie). Johannes est un espace urbain ourlé de townships, ces banlieues-dortoirs pour non-blancs héritées de l’apartheid (Dorothee Kreutzfeldt). Johannes est une communauté LGBT en quête de reconnaissance (Steven Cohen), une cravate de dictateur (Willem Boshoff), une nuée de salons de coiffure, une carte géographique, un mur de visages inconnus (Zanele Muholi), un guide de voyage (Stephen Hobbs), une terrasse cernée de gratte-ciel sur laquelle se prélasse une femme à la peau de soie (Billie Zangewa)...

Loin d’une vision simpliste, la Maison Rouge esquisse un portrait éclaté, complexe, subtil. Après une introduction richement documentée par des images, des archives et des textes extraits d’un livre de Bettina Malcomess et Dorothee Kreutzfeldt, l’exposition glisse doucement vers des représentations plus métaphoriques, plus artistiques. Du pop art à la sauce sud-africaine de Kendell Geers à l’excellent court métrage animé de William Kentridge (‘Other Faces’, évocation grinçante et caustique des rapports de force entre Noirs et Blancs) en passant par la photo documentaire de David Goldblatt, 'My Joburg' prend une multitude de formes. Le parcours nous épargne un pamphlet sur la politique, les luttes raciales ou l’apartheid (mais évoque le racisme latent qui semble sourdre dans tous les aspects de la vie sud-africaine) ; il nous économise un entassement de clichés bien-pensants sur l'Afrique ; évite aussi de dresser un panorama purement esthétique axé sur l’art contemporain. Trouve le juste milieu. Johannesburg s’y révèle par bribes, comme une sorte de tableau impressionniste composé de petites touches d’art, d’histoire, de critique sociale et d'anthropologie.

> Horaires : du mercredi au dimanche de 11h à 19h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h

Nom du lieu Maison Rouge
Contact
Adresse 10 boulevard de la Bastille
12e
Paris

Transport Métro : Quai de la Rapée, Bastille ou Gare de Lyon RER : Gare de Lyon Bus : 20, 29, 65, 87, 91