Philippe Cognée : dessins

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'Vanités', 2012 / © ENSBA, 2012
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'Container [8]', 1996 / © ENSBA, 2012
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'Gare Montparnasse', 2001 / © ENSBA, 2012

Ceux qui (comme nous) croyaient que la force expressive de Philippe Cognée se cantonnait à la peinture – une peinture à l’encaustique déformée par la chaleur du fer à repasser et comme rongée par l’érosion –, ceux-là se trompaient. La preuve aux Beaux-Arts, qui exposent une trentaine de dessins de l’artiste français jusqu’au 19 juillet. Paysages urbains désincarnés, architectures corrosives, vanités… On retrouve dans les coulures de l’encre noire, les grattages et les traits du fusain tous ces sujets qui ont fait la renommée de l’artiste.

Comme dans ses toiles, les différentes nuances de matières et de tons (surtout du noir et du gris) se livrent sur le papier à un corps à corps éruptif. Gisant sur une table, des crânes paraissent se liquéfier, comme réduits à des taches organiques, tandis qu'au mur, un container glisse vers l'abstraction de paysage en paysage. Ailleurs, un immeuble de cendres se sculpte dans l'outil de l'artiste (de gros bouts de charbon, déchiquetés sur la surface) pour prendre du relief et surgir du cadre. On savait que Cognée travaillait intelligemment avec la photographie pour y puiser ses paysages et ses modèles. On découvre à présent que sa peinture vit en complémentarité avec une expression graphique accidentée et traversée, elle aussi, par cette énergie si singulière qui vibre, dégouline et semble déborder de l’œuvre. Une petite exposition qui vaut le détour si vous êtes dans le coin de l'ENSBA et que vous avez comme une envie de vous cogner une belle (quoique courte) leçon de dessin.

> Horaires : du lundi au vendredi de 13h à 18h

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