Robert Capa, Chim (David Seymour) et Gerda Taro, 'La Valise mexicaine'

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Gerda Taro, 'Spectateurs de la procession funéraire du Général Lukacs', Valence, 16 juin 1937 / © International Center of Photography
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Robert Capa, 'Exilés républicains marchant sur la plage vers un camp d'internement', Le Barcarès, France, mars 1939 / © International Center of Photography / Magnum
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Robert Capa, 'Le général Enrique Líster et André Malraux', front catalan, 1938–1939 / © International Center of Photography / Magnum Photos
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Gerda Taro, 'Foule devant la grille d’une morgue après le raid aérien', Valence, mai 1937 / © International Center of Photography / Collection ICP
Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, Le Marais dimanche 31 mars 2013 10:00 - 18:00
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C'est presque étonnant qu'Hollywood n'en ait pas encore fait un film. En attendant, l'histoire rocambolesque de cette légendaire « valise mexicaine » tient du miracle. Après soixante-dix années de pérégrinations, elle est finalement réapparue en 2008 dans les mains d’un cinéaste mexicain qui l’avait héritée de sa tante défunte, elle-même l’ayant reçue de son parent, un général, ancien ambassadeur du Mexique à Vichy entre 1941 et 1942. A l'intérieur, près de 4 500 négatifs de la guerre d'Espagne appartenant à Robert Capa, Gerda Taro et David Seymour (dit "Chim"). Autant de documents d'une valeur historique exceptionnelle qui témoignent non seulement d'un conflit crucial qui fera basculer l'Europe dans la destruction, mais aussi d'une nouvelle approche du photojournalisme. Car Capa, Taro et Chim côtoient la guerre comme personne ne l'a fait avant eux.

Au plus près des combattants, Robert Capa tente de mettre le spectateur au cœur des batailles, de lui faire entendre le sifflement des balles, sentir l'odeur de la poudre. Celui à qui l'on attribue la célèbre sentence « Si ta photo n’est pas bonne, c’est que tu n’étais pas assez près » ne se préoccupe pas tant du cadrage de ses prises du vue que de cette guerre qu’il faut montrer, coûte que coûte. Gerda Taro, sa compagne, opte elle pour une démarche plus détachée, lorgnant vers le constructivisme et soulignant l'aspect macabre des combats, notamment lorsqu'elle visite les morgues et les hôpitaux. Quant à Chim, il se concentre plutôt sur l'arrière, saisissant, à travers des portraits surtout, la vie quotidienne sur laquelle pèse lourdement l'ombre de la guerre civile. L'alliance de ces trois points de vue confère à l'exposition une richesse historique remarquable, portrait en mosaïque d'une Espagne exsangue où les « dinamiteros » des Asturies côtoient les pêcheurs basques, où les tranchées de Madrid répondent aux scènes populaires.

Si le choix d'avoir dévoilé tous les négatifs sur des planches-contacts (qu’il faut consulter avec une loupe) s'avère un peu frustrant, les nombreux tirages grand format, les cartes, les magazines d'époque et les vidéos font de cette 'Valise mexicaine' une odyssée passionnante et très instructive sur ce moment où l'Europe se déchire. S'y croisent des communistes, des mineurs, des Américains, des enfants-soldats, des avions nazis ou Ernest Hemingway, comme si le monde entier s'était donné rendez-vous au cœur du brasier. Les trois photographes engagés, farouches défenseurs de la cause républicaine, n'en perdent pas une miette, faisant corps avec les combats. Jusqu'à y perdre la vie, comme Gerda Taro en 1937, à 27 ans seulement. Une victime parmi les 25 000 morts de la bataille de Brunete.

> Horaires : les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 11h à 18h, le mercredi de 11h à 21h et le dimanche de 10h à 18h

Nom du lieu Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme
Contact
Adresse Hôtel de Saint-Aignan
71 rue du Temple
3e
Paris

Heures d'ouverture Du lundi au vendredi de 11h à 18h, le dimanche de 10h à 18h
Transport Métro : Rambuteau ou Hôtel de Ville
Prix De 4,50 à 6,80 €