Robert Mapplethorpe

  • Art
  • Photographie
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Robert Mapplethorpe, Self-portrait (Autoportrait), 1988 / © Robert Mapplethorpe Foundation. Used by permission
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Robert Mapplethorpe, Embrace (Etreinte), 1982 / © Robert Mapplethorpe Foundation. Used by permission
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Robert Mapplethorpe, Nicky Waymouth, 1973 / © Robert Mapplethorpe Foundation. Used by permission
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Robert Mapplethorpe, Lisa Lyon, 1982 / © Robert Mapplethorpe Foundation. Used by permission
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Robert Mapplethorpe, Calla Lily, 1986 / © Robert Mapplethorpe Foundation. Used by permission

Mapplethorpe 97.4416 Calla Lily 1/15/2004 photo DH

L’œuvre de Robert Mapplethorpe est souvent réduite à ses manifestations les plus lubriques : la plupart des esprits sont restés bloqués sur cette image d’un homme penché en avant, se photographiant avec un fouet engouffré dans l’anus. Regard perçant à l’appui.

Et pourtant. Au-delà des ébats BDSM, des penchants bisexuels, du Chelsea Hotel et de la débauche new-yorkaise des années 1970 et 1980, qu'il photographia ardûment au point de frôler parfois la pornographie, Mapplethorpe est à l’origine d’une œuvre marquée, dans son ensemble, par une recherche constante de grâce et d’harmonie. Nus, portraits, natures mortes… Autant de sujets que l’ex-compagnon de Patti Smith, décédé en 1989 des suites du sida, travailla tout au long de sa carrière, les nimbant d’une facture très classique et d’un noir et blanc ultra-stylisé.

Phallus et corsets en cuir d'un côté. Corps sculpturaux, fleurs et prises de vue de statues académiques de l'autre. Le Grand Palais rend hommage aux deux versants de sa production en optant pour une scénographie un peu maniérée (à l'exception bien sûr de la salle « hot » réservée au plus de 18 ans), parfois à la limite du gnangnan. C'est que l'art de Mapplethorpe l'est un peu (apprêté). Chose que l'exposition ne fait qu'intensifier : les portraits de stars (Andy Warhol, Louise Bourgeois, Keith Haring, Debbie Harry ou Patti Smith évidemment), les corps d'athlètes sublimés, les plantes voluptueuses et les scènes de bondage se fondent ici dans un magma romantique et ténébreux, soi-disant marqué par le tragique dénouement de l'existence de l'artiste – mais finalement lourd et, comme certaines images, un soupçon m'as-tu-vu.

On est loin du réalisme cru et doux-amer de Nan Goldin, ou du désespoir sensible et furieux de David Wojnarowicz qui, l'un avec la photographie, l'autre avec la littérature, racontaient l'incompréhension et la douleur d'une libération sexuelle étranglée en pleine extase par l'arrivée du sida. Tièdement militantes, tièdement ancrées dans leur époque, tièdement radicales, les 250 photos de Mapplethorpe ne racontent, elles, finalement pas grand-chose. Sans réelle consistance, ici, l'Américain apparaît surtout comme un esthète vaguement rebelle. Suffisamment lisse pour pousser la porte du très consensuel Grand Palais. Pas assez viscéral et pertinent pour mériter une place aussi douillette au panthéon des grands photographes américains.

> Horaires : ouvert tous les jours. Du mardi au samedi de 10h à 22h, le dimanche et le lundi de 10h à 20h.

Tous les jours de 10h à 22h (fermeture à 20h le dimanche et lundi) - See more at: http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/robert-mapplethorpe#sthash.MV1ip1zb.dpuf
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Serge v

Quelle critique anachronique ! On sent le critique du 21ème siècle parisien : aucune mise en perpective historique et culturelle. Comme vous le dites : tant que l'on n'est pas dans la "douleur" et le "désespoir" (sic), on est dans le tiède et l'inconsistance (re-sic). Merci pour ce remarquable exemple de la pensée actuelle "made in France".