Todd Hido

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'#10276', 2011 / Courtesy de la galerie Particulière
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'#10479-11a', 2011 / Courtesy de la galerie Particulière
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'#2479-a', 1999 / Courtesy de la galerie Particulière
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'#10474-c', 2011 / © Todd Hido / Courtesy de la galerie Particulière
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'#1937', 1997 / Courtesy de la galerie Particulière
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'#5845-a', 1997 / Courtesy de la galerie Particulière
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'#4078', 2005 / Courtesy de la galerie Particulière
Galerie Particulière, 3e arrondissement mardi 15 janvier 2013 11:00 - 19:00

Todd Hido nous conduit dans l'Amérique profonde et ses banlieues monotones à n'en plus finir, paumées quelque part entre les architectures aseptisées d'Edward Hopper et les communautés impénétrables de David Lynch. C’est en sillonnant son Kent natal en voiture, au hasard des points de vue et des rencontres, que le photographe américain a compilé cette virée étrange et vaporeuse au cœur des suburbs : un ensemble de façades ternes et d’espaces vides, constellés de grosses bagnoles privées de chauffeurs et de fenêtres qui ne semblent éclairer personne. Dans cette brume électrique, fruit d'un laps d’exposition très long, la lumière sculpte les choses et engourdit le monde. Et pendant ce temps, il ne se passe strictement rien : les maisons roupillent sous le poids de leur uniformité, pendant qu’à l’intérieur, leurs habitantes tuent les heures en lézardant sur la moquette et en posant pour la caméra. Captive de ces no man’s lands éthérés, ici, même la nature semble s’ennuyer à mourir : incolores, les paysages se contentent d'encaisser des routes qui mènent vers nulle part, perçant la neige comme des lames dans une crème fouettée.

En résulte un album bizarre, ouaté, dans lequel Todd Hido nous fait pénétrer comme par effraction. Les portraits de femmes et les vues de rues se côtoient. Elles baignent parfois dans la même lumière, bleutée ou rosée, comme pour nous pousser à associer les images entre elles et imaginer une forme de narration. Or on ne sait jamais trop où Hido veut nous emmener, s’il faut s’émerveiller de cette banalité somnolente ou si, au contraire, le photographe s’efforce à capturer quelque chose de glauque et de menaçant. Presque féérique, son univers roule sur le fil du rasoir de kilomètre en kilomètre : toutes ces maisons de poupées assoupies pourraient tout aussi bien être des refuges douillets que des coupe-gorges, tout droit sortis d’un film noir. C’est en cultivant cette incertitude à la fois poétique, cinématographique et presque surnaturelle que les photos de Todd Hido glissent vers une délicieuse invraisemblance.

> Horaires : du mardi au samedi de 11h à 19h

Nom du lieu Galerie Particulière
Contact
Adresse 16 rue du Perche
3e
Paris

Heures d'ouverture Du mardi au samedi de 11h à 19h
Transport Métro : Arts et Métiers ou Chemin Vert ; Bus : 29, 75 ou 96
Prix Entrée libre
Site Web de l'événement http://lagalerieparticuliere.com/