Voyage dans l'ancienne Russie

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Tour de signal à Boukovo, photographie de Procoudine-Gorsky / © Procoudine-Gorsky/Bibliothèque du Congrès Washington
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Photographie de Procoudine-Gorsky / © Procoudine-Gorsky/Bibliothèque du Congrès Washington
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Photographie de Procoudine-Gorsky / © Procoudine-Gorsky/Bibliothèque du Congrès Washington
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Photographie de Procoudine-Gorsky / © Procoudine-Gorsky/Bibliothèque du Congrès Washington
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Photographie de Procoudine-Gorsky / © Procoudine-Gorsky/Bibliothèque du Congrès Washington
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Photographie de Procoudine-Gorsky / © Procoudine-Gorsky/Bibliothèque du Congrès Washington
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Photographie de Procoudine-Gorsky / © Procoudine-Gorsky/Bibliothèque du Congrès Washington

C'est dans ces moments-là qu'on se rend compte à quel point notre vision du passé reste instinctivement enchaînée à une imagerie en noir et blanc. Cent ans après leur réalisation, le musée Zadkine expose les photographies de Sergueï Procoudine-Gorsky (1863-1944) datant de la période 1909-1916. Et là, surprise : les champs sont verts, le ciel est bleu, le sable est chaud. La Russie d'avant la révolution bolchevique baigne dans une magnifique lumière, douce et rosée, digne d'un matin de printemps.

Pionnier d'un procédé restituant avec précision la couleur avec des plaques de verre, le photographe russe a sillonné l'empire tsariste de l'Oural à la légendaire Samarcande, de la Volga à la Sibérie. Il en a rapporté des milliers de clichés de verre, mystérieusement récupérés par la bibliothèque du Congrès de Washington après la prise de pouvoir soviétique, et restaurés aujourd'hui.

Présentées dans des cubes de plexiglas rétro-éclairés, ces prises de vues disent l’immensité d’un empire qui s’étend de la Russie blanche jusqu’aux déserts de l’Asie mineure, dont les tons éclatants des tissus et des mosaïques surprennent. A mi-chemin, les verdoyantes forêts de l’Oural évoquent immédiatement le Far West : des paysages à perte de vue traversés par des rails interminables, des ponts métalliques et des bateaux à roue que l’on n'avait vus, jusqu'ici, que dans les westerns en cinémascope.

Même si, à des milliers de kilomètres du palais du tsar, les églises orthodoxes (aux couleurs si pétulantes qu’elles paraissent surnaturelles) ou la blancheur des bâtiments officiels marquent la présence du pouvoir impérial jusqu’aux confins du territoire, l’homme n’apparaît que très rarement. Il semble perdu dans ce décor infini, en dépit d'une industrialisation qui commence à marquer son empreinte sur le territoire, comme le rappelle cette tour de signal lunaire, plantée au milieu de rien.

C’est dire à quel point les photographies paraissent à leur place au milieu des sculptures d’Ossip Zadkine, telle cette Déméter animiste qui côtoie les forêts de Sibérie ou ces pièces en bois qui semblent échappées des sources de la Volga, ajoutant encore un peu de magie à ces clichés miraculeusement resurgis du passé.

> Horaires : du mardi au dimanche de 10h à 18h.

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