Césars 2013

Les films en course et les favoris, en attendant la cérémonie du 22 février

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  • Meilleur acteur

    Qui est nommé ?

    Jean-Pierre Bacri dans ‘Cherchez Hortense’, Jérémie Renier dans ‘Cloclo’, Jean-Louis Trintignant dans ‘Amour’, Patrick Bruel dans ‘Le Prénom’, Denis Lavant dans ‘Holy Motors’ (photo), Vincent Lindon dans ‘Quelques heures de printemps’, Fabrice Luchini dans ‘Dans la maison

    Qui est favori ?

    Jean-Louis Trintignant, parce qu’après un Bafta londonien et une nomination aux Oscars pour Emmanuelle Riva, on se dit bien qu’il mérite lui aussi un prix ! Prenante et digne, sa composition dans ‘Amour’ n’a rien à envier à celle, plus distanciée, de sa complice : là où Riva, par sa voix neutre et parfois théâtrale, rappelle le recul critique du Nouveau Roman (Resnais et ‘Hiroshima mon amour’), Trintignant sait jouer de mille-et-une nuances, entre colère, stoïcisme, impatience, abnégation, avec une proximité étonnante – par exemple, il peut vous paralyser rien qu'en essayant d’attraper un pigeon… Argument supplémentaire, seul ce scénario parvint à le faire sortir de sa retraite : un tel pot de départ pour une telle carrière, voilà qui parvient même à éclipser la performance de son seul véritable concurrent potentiel, le réjouissant et multitâches Denis Lavant de ‘Holy Motors’. Ou alors, à la limite, pourquoi pas un exceptionnel double prix d’interprétation masculine ?

    Meilleur acteur
  • Meilleure actrice

    Qui est nommé ?

    Marion Cotillard dans ‘De rouille et d'os’, Catherine Frot dans ‘Les Saveurs du Palais’, Noémie Lvovsky dans ‘Camille redouble’, Corinne Masiero dans ‘Louise Wimmer’, Emmanuelle Riva dans ‘Amour’ (photo), Léa Seydoux dans ‘Les Adieux à la reine’, Hélène Vincent dans ‘Quelques heures de printemps

    Qui est favori ?

    La Marion Cotillard cul-de-jatte (mais couillue) de ‘De rouille et d’os’ aura beau faire oublier sa prestation dans le dernier ‘Batman’, Corinne Masiero incarner une héroïne sociale convaincante ou Noémie Lvovky une touchante ado quadragénaire, il n’empêche qu’Emmanuelle Riva, comme son comparse masculin, paraît ici incontournable. A tel point qu’il est même assez improbable qu’elle passe à côté de cette récompense...

    Meilleure actrice
  • Meilleur acteur (2nd rôle)

    Qui est nommé ?

    Guillaume de Tonquedec dans ‘Le Prénom’, Samir Guesmi dans ‘Camille redouble’, Benoît Magimel dans ‘Cloclo’, Claude Rich dans ‘Cherchez Hortense’, Michel Vuillermoz dans ‘Camille redouble

    Qui est favori ?

    Contrairement aux premiers rôles, aucun comédien ne se détache vraiment dans cette catégorie. Profitons-en pour remarquer deux compositions paternelles particulièrement savoureuses : celle de Claude Rich, en père d’un Jean-Pierre Bacri au-delà de la dépression dans ‘Cherchez Hortense’ ; et celle de Michel Vuillermoz, touchant daron à la ramasse du film de Lvovsky. Les deux performances étant assez impeccables, penchons donc plus ou moins gratuitement pour la seconde : Vuillermoz n’ayant jamais reçu de récompense du monde du cinéma, là où Claude Rich fut primé, en 2002, par un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.

    Meilleur acteur (2nd rôle)
  • Meilleure actrice (2nd rôle)

    Qui est nommé ?

    Valérie Benguigui dans ‘Le Prénom’, Judith Chemla dans ‘Camille redouble’, Isabelle Huppert dans ‘Amour’, Yolande Moreau dans ‘Camille redouble’, Edith Scob dans ‘Holy Motors’ (photo)

    Qui est favori ?

    Ici, on ne peut que se réjouir de la qualité, assez unanime, des nominées. Pourtant, si l’on doit avouer un petit faible pour Isabelle Huppert et Yolande Moreau dans deux rôles assez diamétralement opposés, c’est à Edith Scob qu’il serait finalement beau que revienne une récompense. D’abord, parce que le bizarre et critique ‘Holy Motors’ s’est injustement vu boudé dans la plupart des remises de prix, mais surtout parce qu’une interprète féminine inattendue y tient tête à un Denis Lavant polymorphe. Jeune actrice des deux films les plus mythiques de Georges Franju (‘Les Yeux sans visage’ en 1960 et ‘Judex’ en 1963), Edith Scob a ensuite tourné avec des réalisateurs aussi divers que Julien Duvivier, Luis Bunuel, Raoul Ruiz, Henri Verneuil, Jacques Rivette, Olivier Assayas, Patrice Leconte ou Nicolas Klotz... Et encore, c’est sans compter une carrière théâtrale plus riche encore. Bref, Edith Scob ressemble à un monstre sacré, pourtant jamais consacré, et qui semble s’en moquer comme de son premier masque. La classe.

    Meilleure actrice (2nd rôle)
  • Meilleur réalisateur

    Qui est nommé ?

    Benoit Jacquot pour ‘Les Adieux à la reine’, Michael Haneke pour ‘Amour’ (photo), Noémie Lvovsky pour ‘Camille redouble’, François Ozon pour ‘Dans la maison’, Jacques Audiard pour ‘De rouille et d'os’, Leos Carax pour ‘Holy Motors’, Stéphane Brizé pour ‘Quelques heures de printemps

    Qui est favori ?

    De toute façon, sans suspense, il est plus que probable qu’‘Amour’ se verra récompensé dans cette catégorie – comme dans à peu près toutes les autres – tant il est écrasant par la hauteur de son questionnement moral et une maîtrise visuelle et du temps à couper le sifflet. D’ailleurs, le correct ‘De rouille et d’os’ de Jacques Audiard – bien ficelé et porté par une réalisation au-dessus de la moyenne – en fit déjà les frais à Cannes l’année dernière, puis aux Golden Globes (raflant celui du meilleur film étranger) le mois dernier. Bref, on ne voit pas bien pourquoi il en irait différemment ici. Car effectivement : pas un mouvement de caméra superflu, ni le moindre geste de trop dans le long métrage de Michael Haneke, qui constitue sans doute, par son minimalisme et sa justesse, le sommet du réalisateur. Mais précisément, est-ce par mauvaise foi qu’on aimerait lui préférer dans cette catégorie, quelque chose comme le jubilatoire fatras narratif de ‘Holy Motors’ ? Moins parfait qu’‘Amour’, le travail de Leos Carax pourrait tout de même mériter d’être mis en avant pour son goût de la modernité, son dynamisme bordélique, son inventivité provocatrice et son amour du cinéma de genre. Aussi, quitte à ce qu’il passe a priori irrémédiablement à côté du César du meilleur film, peut-on lui souhaiter celui du meilleur réalisateur. Pour la beauté du geste ?

    Meilleur réalisateur
  • Meilleur film documentaire

    Qui est nommé ?

    Bovines, ou la vraie vie des vaches’ d’Emmanuel Gras, ‘Duch, le maître des forges de l'Enfer’ de Rithy Panh, ‘Les Invisibles’ de Sébastien Lifshitz, ‘Journal de France’ de Claudine Nougaret et Raymond Depardon (photo), ‘Les Nouveaux Chiens de garde’ de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat

    Qui est favori ?

    Parmi les cinq films en lice dans cette catégorie, deux traitent de la société – analysant l’homosexualité d’il y a quelques décennies (‘Les Invisibles’) ou le système médiatique français (‘Les Nouveaux Chiens de garde’) –, et un autre du passé du Cambodge et du régime Khmer rouge, à travers un portrait parfois glaçant du tortionnaire Duch. Intéressants, souvent convaincants, ceux-ci restent peut-être néanmoins trop classiques et généraux pour décrocher une récompense. En revanche, il y a assez fort à parier que Raymond Depardon et Claudine Nougaret tirent leur épingle du jeu avec leur ‘Journal de France’, véritable hommage intime au travail et à la carrière du photographe. Quant à l’outsider ‘Bovines’ d’Emmanuel Gras, original, placide et humble, ce serait une bonne surprise.

    Meilleur film documentaire
  • Meilleur premier film

    Qui est nommé ?

    ‘Augustine’ de Alice Winocour, ‘Comme des frères’ de Hugo Gélin, ‘Louise Wimmer’ de Cyril Mennegun, ‘Populaire’ de Régis Roinsard, ‘Rengaine’ de Rachid Djaïdani

    Qui est favori ?

    Si ‘Augustine’ et ‘Louise Wimmer’ témoignent d’une belle maîtrise et mettent en scène deux actrices remarquables (Soko et Corinne Masiero), notre favori pour cette catégorie reste incontestablement ‘Rengaine’ de Rachid Djaïdani. Direct, énergique, malin et fauché, cette variation sur ‘Roméo et Juliette’ nous aura réjouis par son intelligence, sa simplicité et son réalisme.

    Meilleur premier film
  • Meilleur film étranger

    Qui est nommé ?

    A perdre la raison’ de Joachim Lafosse, ‘Argo’ de Ben Affleck, ‘Bullhead’ de Michael R. Roskam, ‘Laurence Anyways’ de Xavier Dolan, ‘Oslo, 31 août’ de Joachim Trier, ‘La Part des anges’ de Ken Loach, ‘A Royal Affair’ de Nikolaj Arcel

    Qui est favori ?

    Vu le paquet de récompenses accumulées par ‘Argo’ aux Golden Globes et aux Bafta, on peut assez facilement miser sur l’efficace cheval vintage de Ben Affleck. Toutefois, si ça ne tenait qu’à nous, ce serait sans doute plutôt ‘Oslo, 31 août’, variation réussie sur ‘Le Feu follet’ de Louis Malle (d’après Drieu La Rochelle), qui mériterait un prix. Vœu pieu ?

    Meilleur film étranger
  • Meilleur film

    Qui est nommé ?

    Les Adieux à la reine’ de Benoit Jacquot, ‘Amour’ de Michael Haneke, ‘Camille redouble’ de Noémie Lvovsky, ‘Dans la maison’ de François Ozon, ‘De rouille et d'os’ de Jacques Audiard, ‘Holy Motors’ de Leos Carax, ‘Le Prénom’ de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière

    Qui est favori ?

    On l’a dit et redit (ça finit par en être lassant ?), ‘Amour’ reste indubitablement le grand favori de ces Césars 2013. Strict jusqu’à l’os mais porteur d’une impressionnante densité, le film de Haneke semble laisser peu de chances au théâtre joliment filmé du ‘Prénom’, à la virilité old-school d’Audiard, à un Ozon un peu prévisible, à l’élégant cours d’histoire de Benoît Jacquot ou au carnaval d’acteurs de Noémie Lvovsky. Quant au feu d’artifice de pistes, scénaristiques et stylistiques, de ‘Holy Motors’, on doute qu’avec son côté excessif, il puisse ravir l’ultime récompense à l’Autrichien. Comme si ‘Amour’ jouait dans une autre cour.

    Meilleur film

Meilleur acteur

Qui est nommé ?

Jean-Pierre Bacri dans ‘Cherchez Hortense’, Jérémie Renier dans ‘Cloclo’, Jean-Louis Trintignant dans ‘Amour’, Patrick Bruel dans ‘Le Prénom’, Denis Lavant dans ‘Holy Motors’ (photo), Vincent Lindon dans ‘Quelques heures de printemps’, Fabrice Luchini dans ‘Dans la maison

Qui est favori ?

Jean-Louis Trintignant, parce qu’après un Bafta londonien et une nomination aux Oscars pour Emmanuelle Riva, on se dit bien qu’il mérite lui aussi un prix ! Prenante et digne, sa composition dans ‘Amour’ n’a rien à envier à celle, plus distanciée, de sa complice : là où Riva, par sa voix neutre et parfois théâtrale, rappelle le recul critique du Nouveau Roman (Resnais et ‘Hiroshima mon amour’), Trintignant sait jouer de mille-et-une nuances, entre colère, stoïcisme, impatience, abnégation, avec une proximité étonnante – par exemple, il peut vous paralyser rien qu'en essayant d’attraper un pigeon… Argument supplémentaire, seul ce scénario parvint à le faire sortir de sa retraite : un tel pot de départ pour une telle carrière, voilà qui parvient même à éclipser la performance de son seul véritable concurrent potentiel, le réjouissant et multitâches Denis Lavant de ‘Holy Motors’. Ou alors, à la limite, pourquoi pas un exceptionnel double prix d’interprétation masculine ?

Nos critiques des films sélectionnés

Les Adieux à la reine

  • Note: 4/5
  • notre sélection

Il est étonnant de constater le hiatus entre les éloges quasi unanimes de la critique à l’égard des 'Adieux à la reine' de Benoît Jacquot et les fortes réserves émises par le public. Divorce consommé entre « vrais gens » et

Amour

  • Note: 5/5
  • notre sélection

‘Amour’ est un film poignant, dévastateur et juste : huis clos sur un couple d’octogénaires, Georges et Anne (superbement interprétés par Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva), face à la mort et au déclin physique. Mais enfin,

Camille redouble

  • Note: 4/5
  • notre sélection

Voici enfin une comédie française tout public, drôle, sincère, pétillante et bien ficelée : autrement dit, 'Camille redouble' nous change des habituelles enfilades de gags frelatés, négligemment reliés les uns aux autres par une indigeste

Cherchez Hortense

  • Note: 3/5

Inconfortable de parler du dernier Bonitzer. D'abord, il faut aimer l'animal, ses intrigues intello-sentimentales, et ne pas rechigner devant une bonne dose de psychanalyse. Damien (Jean-Pierre Bacri, juste et touchant), spécialiste de la

De rouille et d'os

  • Note: 4/5
  • notre sélection

Succéder à ‘Un prophète’ n’était pas chose évidente, et malgré l’appréhension légitime qu’on pourrait avoir à retrouver Marion Cotillard, ‘De rouille et d’os’ s’en tire plus qu’honorablement. En fait, on découvre même

Duch, le maître des forges de l'enfer

  • Note: 4/5
  • notre sélection

Interview d'un tortionnaire. Kaing Guev Eav (alias "Duch") dirigea la prison S-21, camp d'extermination de masse du régime khmer rouge, qui soumit le Cambodge de 1975 à 1979 et en décima un quart de la population. Oui, un quart. Face caméra, il

Holy Motors

  • Note: 5/5
  • notre sélection

Treize ans après ‘Pola X’ (et plus de vingt après ‘Les Amants du Pont-Neuf’), Leos Carax nous est revenu avec un nouveau long métrage, ‘Holy Motors’, trip surréel et baroque, souvent jubilatoire, où son acteur-fétiche, l’étrange

Journal de France

  • Note: 4/5

Difficile de résumer l’ampleur de l’œuvre de Raymond Depardon, cinéaste, photographe, fondateur et directeur de Gamma, voyageur, journaliste… Qu’il sillonne les campagnes françaises (‘Profils paysans’), décortique le travail

Louise Wimmer

  • Note: 3/5

C'est à un jeune réalisateur français, Cyril Mennegun, que l'on doit ce film social, sobre et réaliste, suivant la vie intime et affective d'une femme entre deux âges, aux marges de la société contemporaine. Corinne Masiero y joue Louise, une

Rengaine

  • Note: 4/5
  • notre sélection

Saisissant, pertinent et drôle, ‘Rengaine’ est un bol d’air filmique d’une heure et quart, librement improvisé à travers Paris, cheap et réussi. Tourné et monté sans financement sur une période de neuf ans, le premier film de Rachid


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