Césars, Oscars et compagnie

Et si on remettait des prix, nous aussi...

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Banksy / "Thanks for the new toy"

Banksy / "Thanks for the new toy"

Après les Césars, les Oscars et moults trophées auto-congratulateurs, Time Out Paris a eu envie de récompenser quelques autres performances mémorables de l'année écoulée, et de rendre hommage aux grands oubliés des cérémonies. Choucroutes absurdes, fauteuils roulants, erreurs de script ou de casting : ce sont surtout ces petits détails qui ont rythmé le cinéma en 2012, et qui mériteraient bien un prix.

Prix de la meilleure choucroute

2012 aura certainement fait fort en termes capillaires... Si Anne Hathaway a effectivement pu décrocher un Oscar pour son passage à la tondeuse dans 'Les Misérables' (un film qui porte finalement bien son nom), force est de constater que d'autres films nous auront gratifiés de coupes de cheveux pas piquées des hannetons... Les candidats top-moumoutte sont donc :

William H. Macy, en prêtre à touffe de bassiste de prog-rock, dans 'The Sessions' de Ben Lewin.

Javier Bardem, dans 'Skyfall' de Sam Mendes - se passe de commentaires. Un de nos favoris.

Tommy Lee Jones, en Thaddeus Stevens dans le 'Lincoln' de Steven Spielberg : rôle de fervent abolitionniste à perruque, pour lequel le comédien lui-même se sera rasé le crâne... On a envie de dire chapeau.

Et le prix revient à Melvil Poupaud, dans 'Laurence Anyways' de Xavier Dolan. Parce qu'il le vaut bien (facile !) et parce que sa perruque ressemble à un vieux balai pendant plus de deux heures de film. Un exploit.

Prix de la mort la plus ridicule

Certainement l'une des catégories les plus attendues : comme d'habitude, beaucoup de morts... Etouffements, fusillade, noyades, et encore on vous passe les films de zombies ! Bref, le choix aurait pu être difficile... Pourtant, nos trois candidates (car oui, ce sont trois femmes qui meurent ici) resteront particulièrement dans les mémoires, pour leurs fins tragiquement risibles.


Charlize Theron, morte lamentablement écrasée par un vaisseau spatial, dans 'Prometheus' de Ridley Scott.

Laura Cayouette, qui disparaît comme une marionnette désarticulée dans 'Django Unchained' de Quentin Tarantino.

Trêve de faux suspense, le prix revient évidemment à Marion Cotillard dans 'Batman : the Dark Knight Rises' de Christopher Nolan, qui restera sans problème comme l'une des scènes les plus idiotement cultes de 2012, donnant naissance à un fameux tumblr, dont certains ne se lassent pas.


Prix du méchant le plus naze

Des méchants, il y en a de bons ; ils peuvent même faire la richesse d'un film, de Nosferatu à Hannibal Lecter en passant par Norman Bates ou Alien... Mais on en compte aussi qui poussent le vice à n'être que super-mauvais. Quelques exemples :

Rhys Ifans, dans 'The Amazing Spider-Man' de Marc Webb : le plan du Lézard consistant à transformer les gens en lézards géants, on se demande un peu à quoi aura bien pu servir ce reboot - hormis renégocier un contrat avec Marvel ?

Tom Hardy, dans 'Batman : The Dark Knight Rises' de Christopher Nolan. Après le fantastique Joker (Heath Ledger) de 'The Dark Knight', l'asthmatique Bane incarné par Tom Hardy paraît bien lourdaud, décevant et incohérent... Mi-libertaire, mi-dictateur, mais surtout complètement vain. Presque pas menaçant, en fait.

Mais c'est un outsider qui triomphe, et le prix revient à Russell Crowe, dans 'Les Misérables' de Tom Hooper. Déjà, parce que le film est visuellement assez affreux, mais surtout parce qu'il semblerait que le suicide de Javert soit irrémédiablement lié au manque absolu de justesse vocale du comédien...


Prix du meilleur moyen de transport

Enfin, l'année écoulée aura brillé par la variété des moyens de transport mis en scène au cinéma.

L'avion, avec 'Flight' : boire ou conduire, plus besoin de choisir...

La limousine, aseptisée, bavarde et sexuelle dans 'Cosmopolis' de David Cronenberg (extrait), ou étrange loge d'acteur dans 'Holy Motors' de Leos Carax.

Le cheval : déchaîné (mais quand même bien dressé) dans 'Django Unchained' (extrait), historique et ronflant dans 'Lincoln'... voire trop fatiqué pour mourir dans 'Le Cheval de Turin' de Bela Tarr.

Contre toute attente, le prix revient au fauteuil roulant : certainement le moyen de transport original le plus plebiscité par le cinéma ces derniers mois, et qui parvient à rallier des films aussi variés que 'De rouille et d'os', 'Intouchables' et le multi-primé 'Amour' (photo). Autant dire, ça roule.

Bonus : une missive d'Ingmar Bergman

Une amusante lettre de refus d'Ingmar Bergman à l'Académie des Oscars, en réponse à la nomination de son film 'Les Fraises sauvages', en 1960 :


"La nomination aux Oscars étant une institution humiliante pour l'art cinématographique, je vous demanderai de ne plus porter votre attention sur moi à l'avenir".


À bon entendeur ?


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