Les concerts du mois de juin

Musique estivale

Prince

On sait que Prince est un grand maniaque du controle : il fait la chasse aux pirates sur Internet et n'aime pas voir sa trombine ni ses chansons sur YouTube, la preuve avec cette vidéo sur sa prestation au Stade de France en 2011. Vous n'y entendrez rien et lirez que « le son de cette vidéo a été coupé suite à la réclamation d'un titulaire des droits d'auteur ». En 2011, le kid de Minneapolis avait même déclaré ne plus vouloir enregistrer de nouveaux morceaux tant qu'on téléchargerait illégalement sa musique. A côté de cette chasse aux sorcières pas très efficace pour sa carrière, Prince réserve aussi de belles surprises à ses fans, comme les concerts au Grand Palais en 2009, au New Morning en 2010, ou bien au Zénith dans quelques jours donc. Et si sa venue surprise au Stade de France l'avait empêché de remplir l'endroit, si bien que le prix des places avait été abaissé à 35 euros (oui, vous lisez bien !), le concert n'en avait été que plus beau. Car Prince sur scène, ça ne se rate pas et ça vaut le prix assez élevé des places au Zénith, à savoir entre 77 et 143 euros. Souvent, le guitariste danse, fait le show, tape les solos de multiples instruments, étire ses concerts jusqu'à plus-soif et convie les plus grands musiciens. Son groupe de filles, 3RDEYEGIRL, casse la baraque comme vous pouvez le constater plus bas. Les places pour ces deux concerts successifs seront mises en vente mercredi 28 mai à 10h sur le réseau France Billet. N'oubliez pas non plus de vous renseigner sur

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Le Zénith Dimanche 1er juin

Chassol + Nils Frahm

Les voyages ne forment pas que la jeunesse. Ils forment également une grande partie de la discographie de Christophe Chassol, artiste pluridisciplinaire connu aussi bien pour ses talents de compositeur que pour les récits de voyage qui accompagnent ses créations. Ancien chef d’orchestre, ex-collaborateur de Phœnix (dont il récupéra le premier batteur) et de Tellier, compositeur pour le cinéma et vidéaste à ses heures perdues, le pianiste formé à Berkeley a su combiner son amour de la musique et du cinéma pour donner naissance à ‘X-Piano’ et ‘Indiamore’, deux performances datées de 2011 et parues (respectivement) en 2012 et 2013 chez Tricatel.  Ce tour du monde musical, Christophe Chassol l’a débuté par la Louisiane. Sur le premier de ces deux albums sortis chez Bertrand Burgalat, le multi-instrumentiste nous invitait à rejoindre la parade d’un marching band néo-orléanais sur “Nola Cherie“. Vint ensuite l’Inde sur le successeur d’X-Pianos’, ‘Indiamore’, album centré sur les sonorités « ré-harmonisées » que Chassol est allé capturer à même les rues de Kolkata et de Varanasi. Un travail cinémato-musical fantastique qu’il a décidé de réitérer aux Antilles pour ‘Big Sun’, lui le Martiniquais d’origine, et qu’il viendra nous présenter en exclusivité dans le cadre de Villette Sonique. Il sera accompagné de Nils Frahm, qui comme Chassol ré-invente le classique en le mâtinant, dans son cas, d'electronica et d'une grande part d'expérimentations lives.

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Cité de la musique Lundi 2 juin

Real Estate

Le groupe Real Estate, cimenté autour de Martin Courtney et Matthew Mondanile – qui évolue en parallèle avec Ducktails – vient de sortir un troisième album intitulé ‘Atlas’, dont le premier extrait "Talking Backwards" devrait réjouir tous ceux ayant goûté leurs deux précédents disques. Le titre possède le charme atypique de leurs autres réalisations tout en faisant un pas en avant dans la production, qui ne se contente plus de tout noyer derrière plusieurs couches de réverbe. Le groupe possède toujours ce son léger, aérien, à la fois inspiré du blues, de la musique surf et de la tiédeur des nuits d’été, qui sonne comme un avant-goût d'été que l'on espère aussi doux que leurs chansons. Plus que jamais, leur musique invite à la désinvolture, allongé dans un transat ou, encore mieux, à venir les écouter une bière à la main le 2 juin prochain.

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Le Trabendo Lundi 2 juin

Oxmo Puccino Trio

En marge de la tournée du 6e album "Roi sans carrosse", l'ancien rappeur de la Place des Fêtes, surnommé le "Black Jacques Brel" fait une pause acoustique. En trio, dans une formation "hip hop de chambre", il passe en revue quinze ans de carrière, rejouant classiques et titres inédits. Et c'est grâce au festival 'Fragile Musique' que nous pourrons entendre tout ça au sublime Théâtre des Bouffes du Nord le 4 juin prochain.

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Théâtre des Bouffes du Nord Mercredi 4 juin

Lee Fields & The Expressions

Un survivant. Le chanteur de Caroline du Nord a enregistré son premier disque en 1969. Tombé dans l'oubli, le rival de Smokey Robinson et Donny Hataway renaît sur "My World", "Faithfull Man", et le nouvel album "Emma Jean" où sa voix fait des miracles. Un concert aussi énorme dans un cadre aussi cool que celui de la Maroquinerie, c'est forcément immanquable.

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La Maroquinerie Jeudi 5 juin

Flying Lotus + Thundercat

Flying Lotus est un producteur d’exception, et le chef de file américain de la bass music. Le neveu d'Alice Coltrane est évidemment branché jazz, mais aussi et surtout hip-hop lo-fi. De ses goûts découle une musique vaporeuse et déstructurée, parfois même à la limite de l'expérimental. Il nous avait éblouis avec son ‘Cosmogramma’ solaire en 2010, puis son 'Until The Quiet Comes' en 2012, qui a inspiré Kahlil Joseph pour son court métrage du même nom. Il partagera la scène du Trianon le 5 juin prochain avec Thundercat. Plus pop que ses confrères de chez Brainfeeder (le label de Flying Lotus), ce dernier a puisé dans ses racines jazz (son père, Ronald Bruner, est un batteur de jazz qui a joué avec les Temptations, Diana Ross ou encore Gladys Knight) pour mêler mélodies pleines de groove et basses plus électroniques.

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Trianon Jeudi 5 juin

Temples

Depuis 2012, la geste psychédélique a retrouvé des couleurs – kaléidoscopiques, cela va de soi : Tame Impala, Foxygen, Jagwar Ma, autant d'excellents groupes qui ont sorti d'excellents disques en deux ans, et le public a suivi. L'an passé, les Temples avaient eux aussi séduit pas mal de monde avec leurs premiers singles. "Shelter Song", tout d'abord, un riff à la "Ticket To Ride", avec un petit effet sitar qui va bien, et puis des chants harmonieux qui s'entrelacent. Bref, un tube. Après quoi "Keep In The Dark" avait suivi, démontrant encore une fois un vrai talent pour réussir un morceau de pop œcuménique à la Beck. Le tout était remarquablement produit, mélangeant rythmique acoustique et gimmicks électriques rondouillards, sur fond de percus idéales pour taper dans ses mains. La machine de ce jeune groupe de gamins du Northamptonshire, comté en plein centre de l'Angleterre, la Creuse du Briton en somme, semblait déjà huilée. Et un an plus tard, l'album "Sun Structures" sort dans les bacs. Si certains singles sortent du lot, les Temples ont réalisé un disque d'une forte cohérence, où chacun trouvera son bonheur en fonction de sa sensibilité. Mais on attend impatiemment d'écouter tout ça en live le 5 juin prochain au Bataclan.

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Bataclan Jeudi 5 juin

Mount Kimbie + Timeline + Moritz Won Oswald trio

Pour la soirée d'ouverture du Weather, le festival pose ses valises de 18h à minuit sur le parvis de l'Institut du monde arabe. Et pour cette première soirée en extérieur, nous aurons l'occasion d'écouter les lives de Timeline (Underground Resistance), Mount Kimbie, et Moritz Von Oswald Trio. On avait découvert les deux Anglais de Mount Kimbie en 2010 avec leur premier album ‘Crooks & Lovers’, sorte d’ovni électro-acoustique bourré de paradoxes instrumentaux, mais brillamment maîtrisé. Leur deuxième album ‘Cold Spring Fault Less Youth’ sorti en 2013 s'est avéré encore plus addictif, frappé de basses, caressé de ballades, et délicieusement dansant. Et puis, il nous a permis de découvrir le génie King Krule, qui pose sa voix sur deux morceaux de l’album et s’adapte à merveille à l’univers lo-fi du duo. Nous aurons également l'honneur de découvrir Timeline. Derrière ce nom se cache un projet mêlant jazz et techno, à l'initiative du label made in Détroit Underground Resistance, qui réunit Mad Mike, deux membres du groupe Galaxy 2 Galaxy, Jon Dixon aux claviers, DeSean Jones au saxophone, et le DJ Konspiracy. Egalement en live ce soir-là : l'inventeur de la dub techno Moritz Won Oswald, qui prendra place sur scène avec Max Loderbauer et le batteur Tony Allen.

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Institut du Monde Arabe Jusqu'à Ven juin 6

Ty Segall Band + Coachwhips + Man or Astro-man

Faut-il désormais présenter Ty Segall ? Nouvelle icône du garage rock, stakhanoviste du riff, seul rocker de moins de trente ans capable de faire la une de Rock&Folk (hormis les Naast et Skip The Use), surdoué qui vient de prouver qu'il avait assez de talent pour faire une escapade dans le folk acoustique après six années d'électricité saturée, le jeune Californien aura 27 ans d'ici deux mois, de quoi faire flipper ses fans. Qu'on se rassure, Ty Segall n'a pas l'intention de se sacrifier sur l'autel du rock comme Jay Reatard, et on peut même estimer que ses meilleurs disques n'ont pas encore été enregistrés. Ses concerts avec le Ty Segall Band déménagent et ne se ratent sous aucun prétexte, faisant du 6 juin sans doute l'une des soirées les plus attendues à Villette Sonique.D'autant plus attendue que les autres groupes invités méritent eux aussi le déplacement. Tout d'abord les Coachwhips, ni plus ni moins que le side-project de John Dwyer des Thee Oh Sees, du garage plein de fuzz et de cymbales qui claquent. Dernière formation invité, les Man or Astro-Man font du surf-rock depuis maintenant plus de vingt ans. Leur musique est surtout instrumentale, basée sur des riffs de twing guitar démoniaques parfaits pour danser, et accompagnée d'extraits de films de SF des années 1950. En somme, sortez le pento, les blousons en cuir et les jupes à pois, ça va twist'n'roller sévère à la Villette.

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Grande Halle de la Villette Vendredi 6 juin

Slowdive + Loop + Hookworms

En invitant les jeunes leedsiens d’Hookworms à partager la scène de la Grande Halle avec les légendes de Slowdive et de Loops, c’est tout le rock expérimental anglais que le festival Villette Sonique met à l’honneur. Têtes d’affiche, les premiers cités sont aussi les aînés. Rois de l’indie à la fin des années 1980, Loop ne passa pas le cap du succès commercial, mais reste cependant avec Jesus and The Mary Chain et Spaceman 3 (au grand dam de ces derniers qui les ont longtemps accusés de plagiat) les héros de la scène qui a permis l’émergence du shoegaze. Ne goûtant guère aux distorsions, Slowdive fait partie d’une branche légèrement postérieure de la musique anglaise, moins bruitiste et plus portée sur le mélange des genres. Dream-pop à ses débuts, groupe d’ambiant sur le dernier 'Pygmalion', la formation de Reading est à comparer à leurs contemporains de Cocteau Twins, de Stereolab et de My Bloody Valentine, ainsi que des Français d’Autour de Lucie. A leurs côtés le 7 juin, Hookworms est à ranger aux côtés de TOY dans le renouveau rock qui, depuis deux ans, s’essaye à la techno sans jamais lâcher leurs instruments. La formation a d’ailleurs tourné avec Peaking Lights, duo marital alliant rock, dub et électronique expérimentale. Tout aussi complexe, Hookworms peut se vanter d’avoir été comparé au Velvet Underground et au Pink Floyd de Syd Barrett pour leur musique qui sait prendre des airs de mantras chantés par les Horrors période 'Strange House'.

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Grande Halle de la Villette Samedi 7 juin
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