Festival Suresnes Cités Danse

Du 15 janvier au 8 février 2016 au théâtre Jean Vilar de Suresnes

© Dan Aucante

Voilà vingt quatre ans que Suresnes Cités Danse invite danseurs et chorégraphes issus du hip-hop à venir secouer leur baggy sur la scène du théâtre de Suresnes Jean Vilar. Breakdance, tap, b-boying : un savant mélange de genres et d’artistes pour faire éclater les clichés qui leur collent aux sneakers. Pendant un mois, jeunes des cités et chorégraphes réputés viennent comparer leurs « head spins » (tours effectués sur la tête) le temps d’une trentaine de représentations. Mettre en lumière leur virtuosité artistique souvent éclipsée par leur technicité : un credo de taille et un pari réussi pour ce festival de danse imaginé par Olivier Meyer en 1993.

Des danseurs qui troquent leur bitume contre des planches, des chorégraphes qui intègrent des adolescents de quartiers chauds à leur corps de ballet : voici en quelques mots l’essence de Suresnes Cités Danse. Un festival où émergent de jeunes talents et où d’autres se confirment. Un festival qui ne s’embarrasse pas des étiquettes, et qui les décolle plus volontiers. Si bien sûr la danse hip-hop y est reine, elle est tout de même chahutée par d’autres formes. En 2007, les pointes de Marie-Agnès Gillot, étoile de l’Opéra de Paris partageaient l’affiche avec les influences tango de Mey-Ling Bisogno. Quelques années auparavant, c’était au tour des claquettes de Jean-Pierre Douterluigne de venir côtoyer popping et krump. La salle Jean Vilar n’est plus exclusivement réservée d’un côté à la post-modern dance ni de l’autre au camel walk, mais s’offre tout entière à leur rencontre. Espace de dialogue certes, mais aussi tremplin, aime à rappeler Olivier Meyer, son directeur. « Pour beaucoup de chorégraphes et de danseurs, Suresnes Cités Danse a constitué leur première grande aventure artistique sur une scène de théâtre. Ce festival leur a servi de révélateur et souvent d’étape essentielle dans leur parcours, leur permettant ainsi de se faire connaître partout en France et même dans le monde. »

Ils furent nombreux depuis 1993 à venir faire crisser leurs baskets sur le sol du théâtre, à commencer par le New-Yorkais Doug Elkins, pionner dans l'art de mélanger danseurs professionnels et jeunes de banlieue, mais aussi José Montalvo, élevé au grain Cunningham, Karine Saporta ou encore Dominique Rebaud. Si aujourd'hui la danse urbaine a pris quelques galons, soutenue par de nombreuses institutions, elle le doit en partie à la ferveur de ces festivals.
Olivier Meyer peut se féliciter d'avoir relevé un défi de taille : créer un rendez-vous unique dans le paysage haut-seinais.

Street Dance Club

L’un est compositeur, l’autre chorégraphe. Ensemble, Antoine Hervé et Andrew Skeels ont imaginé ‘Street Dance Club’, un spectacle pour sept danseurs inspiré du célèbre Cotton Club. Implanté au cœur du quartier de Harlem à New York dans les années vingt, en pleine prohibition, le club de jazz a vu défiler entre ses murs les plus grands artistes de l’époque : Duke Ellington, Louis Armstrong, Coleman Hawkins ou encore Joséphine Baker. Un club dont l’Américain installé à Montréal Andrew Skeels entend réanimer l'atmosphère libertaire à travers une chorégraphie au carrefour du hip-hop, de la danse contemporaine et du classique.

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Jusqu'à Mar jan 19

Pixel

C’est l’histoire d’une rencontre, ou plutôt de la rencontre, entre arts numériques, danse hip-hop et cirque. Imaginé par Mourad Merzouki, le spectacle ‘Pixel’ réunit sur scène onze interprètes, danseurs et acrobates devant un écran « vivant ». Un décor qui s’anime et dialogue avec la danse à l’aide d’un bataillon de points lumineux. Conçue en collaboration avec Adrien Mondot et Claire Bardainne, tous deux experts en numérique, la pièce de Mourad Merzouki révèle avec poésie une série de tableaux où danse et technologie interagissent pour raconter le mouvement. Durée : 1h10

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Jusqu'à Mar jan 26

'Do you be' + 'Sans paroles

‘Do you be’ Première pièce de la jeune chorégraphe Nawal Lagraa, ‘Do You Be’ invite sur scène sept danseuses amateurs à s’exprimer en mouvement sur la question de l’identité féminine, sa force, sa puissance, sa manière d’appréhender l’action.  « Chaque femme a en elle la femme sauvage. Mais la femme sauvage, comme la nature sauvage, est victime de la civilisation. La société, la culture la traquent, la musellent afin qu’elle entre dans le moule réducteur des rôles qui lui sont assignés et ne puisse entendre la voix généreuse issue de son âme profonde. » 

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Jusqu'à Lun jan 25

Notre sélection 2015

Fluxus Game

On sait peu de choses sur la nouvelle création de Farid Berki. Mais à Time Out on connaît suffisamment le travail métissé du chorégraphe pour être sûr qu’il ne se reposera pas sur ses lauriers avec son dernier spectacle ‘Fluxus Game’. Pour cette pièce de danse d’une heure, Farid Berki et sa compagnie Melting Spot a misé sur le mélange des disciplines. Sept danseurs hip hop partagent ainsi le plateau avec un jongleur. Imaginé en trois parties, ‘Fluxus Game’ invite sur scène le cirque, la musique (Stravinski, Lalo Schifrin) et la danse mais pour parler… du cinéma ! Une petite revue du septième art du début du siècle à nos jours et tout ça en break dance.

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Du jeudi 14 au dimanche 18 janvier

Barbe-Neige et les Sept Petits Cochons au bois dormant

Vous croyiez tout savoir sur les contes de fées ? Ravalez votre arrogance et plongez dans l’univers bariolé et loufoque de la chorégraphe et danseuse Laura Scozzi. Avec toute l’extravagance qui la caractérise, l’Italienne diplômée de l’école de mimodrame Marcel-Marceau a imaginé un spectacle pour huit danseurs qui dynamitent nos lectures d’enfance. Ici, Cendrillon perd sa pantoufle pour toujours pour se balader avec une barbe bleue, Blanche Neige a la peau noire et les trois petits cochons portent des imperméables beiges... Sur une musique enlevée du célèbre violoniste Niccolo Paganini, Laura Scozzi insuffle durant une heure dix, humour et folie à ces mythes qui ont façonné notre vision du bonheur.

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Du vendredi 30 janvier au dimanche 1er février

(H)ubris

En grec, hubris signifie « démesure », et même s’il voit grand (en s’emparant du chef-d’œuvre de Nijinski), le spectacle de David Drouard ne manque pas d’humilité. Pour cette interprétation entre danse contemporaine et hip hop du ‘Prélude à l’après-midi d’un faune’ de Claude Debussy, le chorégraphe a choisi de mêler danse et vidéo, mythologie et breakers. C’est d’ailleurs dans un décor numérique en perpétuel mouvement, signé Vincent Roudaut, que les cinq danseurs perchés sur des sabots évoluent. Des êtres hybrides (mi-hommes mi-boucs) qui questionnent en gestes et en attitudes l’animalité, l’illusion et le genre. Les nymphes n’ont qu’à bien se tenir !

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Mardi 3 et mercredi 4 février

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