Les 50 meilleurs films d'horreur : de 40 à 31

0

Comments

Add +


40

Le Carnaval des âmes (1962)

de Herk Harvey, avec Candace Hilligoss, Frances Feist et Sidney Berger

Impossible de traverser l’étrangeté monochrome du premier film de David Lynch, ‘Eraserhead’, ou de croiser les cauchemardesques zombies de ‘La Nuit des morts-vivants’ de George Romero, sans y percevoir l’influence de ce film-culte du début des années 1960, longtemps resté inédit en France, avec son atmosphère désorientée et ses séquences somnambuliques. Sortie trempée d’une rivière après un accident de voiture dont elle est l’unique survivante, Mary Henry (Candace Hilligoss) apparaît de plus en plus erratique sur le plan mental, croyant devenir invisible, ou inaudible – jusqu’à ce qu’un homme étrange, au visage blanchâtre, ne la conduise dans l’espace abandonné d’une fête foraine, à Salt Lake City. Tourné en trois semaines pour un budget dérisoire de 33 000 $, ‘Carnival of Souls’ reste une pierre angulaire du film fantastique, en plus de sa bande originale, ruisselante d’orgues à vous filer la chair de poule.

39

The Descent (2005)

de Neil Marshall, avec Shauna Macdonald, MyAnna Buring et Natalie Mendoza

Six amies piégées au fond d’une grotte doivent affronter le froid, l’obscurité, et une variation plus grosse et féroce du Gollum du ‘Seigneur des anneaux’. Mais ce qui aurait pu n'être qu'un simple film d’horreur réussit à faire preuve d’une surprenante profondeur émotionnelle : alors que nos héroïnes se retrouvent poursuivies par des créatures aveugles à l’odorat extrêmement développé, les tensions au sein du groupe s’exacerbent, les loyautés se désintègrent et les trahisons affleurent... Sarah, qui a perdu un an plus tôt sa fille et son mari dans un accident de voiture, va alors devoir surmonter ses peurs, et tenter de sortir de cet enfer à grands coups de pic à glace. Avec un casting exclusivement féminin et entièrement badass, une atmosphère sombre, moite, et des scènes d’angoisse à vous décrocher le cœur, ‘The Descent’ se démarque sans problème des autres films d’horreur de sa génération.

38

Possession (1981)

d'Andrzej Zulawski, avec Isabelle Adjani, Sam Neill et Heinz Bennent

« Implacable » est un adjectif qui revient souvent pour qualifier des films d’horreur. Pourtant, ce n’est qu’assez rarement le cas : même les œuvres les plus extrêmes marquent des temps d’arrêt, des pauses, pour permettre au public de reprendre son souffle. Mais pas ‘Possession’. Le film de Zulawski débute dans un calme relatif – un couple d'expatriés à Berlin doivent faire face à l’échec de leur mariage. S'ensuit alors une série d’intrigues, de trahisons, d’évènements étranges, de ruptures de ton satiriques ou inexpliquées, jusqu’à des moments d’horreur absolue dont l’intensité se révèle presque insupportable. Les performances des acteurs sont remarquables – le pétage de plomb d’Isabelle Adjani dans les couloirs d’une station de métro reste l’une des scènes de possession les plus dévastatrices du cinéma – et le script est à la fois politiquement audacieux et émotionnellement suintant. Le résultat est tout bonnement unique : plongée en apnée dans une folie créatrice extrêmement singulière. Où ce ne sont plus les personnages qui sont possédés, mais le film lui-même.

37

L'Invasion des profanateurs de sépultures (1956)

de Don Siegel, avec Kevin McCarthy et Dana Wynter

S'agit-il d'une satire futée du conformisme et du consumérisme, ou d'une parabole réac sur l'infiltration rampante du communisme aux Etats-Unis ? C'est certainement cette ouverture, cette indécision, qui ont rendu si durable cette adaptation de l'angoissant roman de Jack Finney par Don Siegel. Mais au fond, tout cela ne serait pas grand-chose sans le caractère extrêmement divertissant et dynamique du film. Bien sûr, le côté col blanc coincé des années 1950 a pris un sérieux coup de vieux – surtout quand des scientifiques à pipe s'en mêlent –, mais ce côté vintage ne manque pas de contribuer au charme décalé et fantastique du long métrage. Jusqu'à sa fin explosive, l'une des plus sombres du cinéma d'horreur, et diablement audacieuse pour son époque.

36

Le Projet Blair Witch (1999)

de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez, avec Heather Donahue et Michael C. Williams

Même si ‘Cannibal Holocaust’ le précédait de presque deux décennies, ‘Le Projet Blair Witch’, faux documentaire haletant signé Daniel Myrick et Eduardo Sanchez, est considéré comme le véritable pionnier des films d’horreur utilisant des « vidéos retrouvées ». Tourné en huit jours pour 50 000 $, le film présente les vidéos tournées par trois étudiants, portés disparus depuis. Partis caméra à la main dans une forêt du Maryland pour réaliser un documentaire sur une légendaire sorcière, on les voit s’enfoncer progressivement dans les bois, puis se perdre, et s’engueuler de manière hystérique, tandis que des phénomènes de plus en plus étranges (habits qui disparaissent, cris d’enfants en plein milieu de la nuit) viennent leur faire perdre la raison. Les acteurs, qui tournèrent eux-mêmes les images, savaient peu de choses du scénario, et furent véritablement abandonnés en forêt, privés de nourriture et de sommeil, guidés chaque jour par de nouvelles instructions. Le résultat est plus vrai que nature. Sans effets spéciaux, voire parfois sans images (pour les scènes tournées de nuit), ‘Blair Witch’ est l’incarnation même de l’angoisse – « j’ai peur d’ouvrir les yeux et peur de les fermer ». Difficile donc de ne pas être submergé d’effroi lorsqu’arrivent les dernières minutes, redoutables, considérées par certains comme l'une des meilleures fins de film de tous les temps. De quoi nous dégoûter du camping pour un bon moment.

35

Au cœur de la nuit (1945)

d'Alberto Cavalcanti, Charles Crichton, Basil Dearden et Robert Hamer

Le principal souvenir qu'on conserve de cette anthologie du cinéma d'épouvante des Studios Ealing, c'est en général l'image de Michael Redgrave en ventriloque possédé par sa propre marionnette. En fait, le film est constitué d'une série de contes, narrés par les invités d'une réception dans un chalet isolé. Les histoires en elles-mêmes sont de qualité variable, mais les talents mis à contribution – la crème de Ealing – forcent le respect. A côté de l'épisode du ventriloque, l'autre principal segment du film est réalisé par Robert Hamer ('Il pleut toujours le dimanche'), où il est question d'un miroir qui reflète un autre espace-temps, dans lequel un homme (Ralph Michael) se trouve entraîné et poussé à assassiner sa femme (Googie Withers). Pour l'anecdote, le cinéma d'horreur ayant disparu pendant la guerre, ce film marqua, à sa sortie en 1945, le retour du genre sur les écrans britanniques.

34

Les Yeux sans visage (1959)

de Georges Franju, avec Edith Scob, Pierre Brasseur, Alida Valli et Juliette Mayniel

Ce n'est que le deuxième long métrage de Georges Franju. Pourtant, sorti en 1959, ‘Les Yeux sans visage’ est un chef-d’œuvre incontestable du cinéma fantastique français. Adaptation du roman de Jean Redon sorti un an plus tôt, ce film tout en ombres et silences mêle de manière virtuose effroi et poésie, épouvante et fascination. On y retrouve l’esthétique glaciale de celui qui avait jusqu’alors tourné des documentaires au réalisme impitoyable, décrivant tour à tour le monde des abattoirs ou le triste destin des « gueules cassées ». Pierre Brasseur y incarne un chirurgien effroyable, monstre froid rongé par la culpabilité et capable des pires horreurs pour redonner un visage à sa fille. Elle, c’est Edith Scob, silhouette frêle au visage mutilé après un grave accident de voiture, mais dont les grands yeux clairs, à travers son masque de porcelaine sans traits, crient silencieusement toute la misère. Avec ce film monumental et frankensteinien, Georges Franju a parfois été désigné comme un précurseur du cinéma gore, qui apparaîtra en effet quelques années plus tard. Toutefois, il n’y a ici qu’une seule scène où l’horreur est véritablement présente : celle où le docteur, implacable, retire le visage d’une de ses victimes, au cours d’une opération chirurgicale particulièrement dérangeante. Il est vrai que, depuis, beaucoup ont tenté de l’imiter – l'un des derniers en date étant Pedro Almodovar avec ‘La Piel que habito’ – mais peu sont parvenus à l’égaler. Pour preuve de son influence intemporelle, on raconte même que le film de Franju aurait inspiré le tube “Eyes Without a Face” du rocker peroxydé Billy Idol. On pourrait aussi dire qu'il était scientifiquement visionnaire.

33

Les Griffes de la nuit (1984)

de Wes Craven, avec Heather Langenkamp, Robert Englund et John Saxon

Quoi qu’il arrive, ne t'endors pas. Voilà le terrifiant avertissement qu’assène Nancy à son petit ami Glen – un Johnny Depp très jeune et incroyablement propre, ici dans son premier rôle. Car le cultissime Freddy Krueger, chapeau cabossé, visage brûlé et lames tranchantes à la place des doigts, hante les cauchemars des adolescents, les condamnant à une mort, elle, bien réelle. Si l’on connaît surtout le talent novateur de Wes Craven grâce à ‘Scream’, ‘Les Griffes de la nuit’, douze ans plus tôt, redonnait déjà un bon coup de brosse aux teen slashers, sous-genre dans lequel des adolescents en rut finissent généralement en morceaux. La fin du film, imposée par les producteurs, a beau paraître incohérente, il ne faut pas rater ses scènes de meurtre ahurissantes, notamment la première, où la meilleure amie de Nancy se retrouve projetée dans les airs avant d’être lacérée par son agresseur invisible. Tout ça, bien sûr, sur fond de grosse musique eighties.

32

Cannibal Holocaust (1979)

de Ruggero Deodato, avec Francesca Ciardi et Perry Pirkanen

Voici l'un des rares films véritablement crades à avoir survécu à son titre provocateur et une affiche aussi gore que sinistre. C'est que, derrière sa brutalité et ses excès (un fœtus arraché du ventre de sa mère, une tortue écorchée vive, des organes génitaux découpés en tranches…), 'Cannibal Holocaust' témoigne d'une intense inventivité visuelle, essentiellement due à sa forme inédite de faux documentaire, désormais adoptée par tous les films basés sur le montage de prétendues archives retrouvées – à commencer par 'Le Projet Blair Witch'. Après avoir été témoins des pratiques barbares d'une tribu amazonienne, d'apprentis documentaristes, amateurs de sensations fortes, développent un étonnant goût pour le viol et le meurtre... Mais, en dépit de ces mille et une représentations graphiques de la cruauté et de la torture, le plus effrayant reste la façon comique dont ce carnage anthropophage prétend condamner une violence, qu'il prend si manifestement plaisir à dépeindre.

31

Martyrs (2008)

de Pascal Laugier, avec Mylène Jampanoi et Morjana Alaoui

‘Saw’ et ‘Hostel’ ne figurent peut-être pas dans notre liste, mais le torture porn, sous-genre peu ragoûtant du cinéma d’horreur, n’a pas été oublié pour autant. Parmi les quelques films français de ce classement, ‘Martyrs’, de Pascal Laugier, est de loin le plus atroce, donnant aux Américains une leçon magistrale en termes de souffrance – entre autres : retirer des clous en métal plantés dans le crâne d’une femme, la dépecer méthodiquement... Le film, qui mêle gore, horreur, surnaturel et thriller psychologique, s’ouvre sur une petite fille couverte de sang s’échappant d’un abattoir abandonné. Quinze ans plus tard, la jeune martyrisée veut se venger, abattant sauvagement une famille qu’elle croit responsable de ses malheurs. Or, tout ceci ne constitue que les dix premières minutes du film, laissant ensuite place à plus d’une heure de séquences visuellement insoutenables. Aussi loin qu’on s’en souvienne, seul ‘Salo ou les 120 jours de Sodome’ nous avait laissés sur une telle envie de dégobiller.

page suivante



L’avis des utilisateurs

1 comments
bdkljmsh
bdkljmsh

c'est honteux de mettre des photo comme : canibal holocaust ect...