Musées & galeries • Montmartre

Une sélection de lieux culturels sur la butte

Le BAL

Pendant les Années folles, le 6 impasse de la Défense abritait une salle de bal, un cabaret et un « hôtel d’amour » où les foules égrillardes du 18e arrondissement venaient se trémousser sur des airs d’accordéon. Puis, au batifolage de la guinguette d’Isis succède la folie du jeu : après la Seconde Guerre mondiale, le vaste bâtiment enfoui derrière la place de Clichy devient le plus grand PMU de France. Ce n’est qu’en 2006 que la Ville de Paris remet ces lieux de loisirs et de débauche dans le droit chemin pour en faire un espace de réflexion, d’exposition, de production et de dialogue voué à l’image documentaire. Analyser le réel dans toute sa complexité, bousculer les perceptions, esquisser l’histoire des temps présents, multiplier les approches visuelles… A travers ses expos, ses spectacles, ses débats, ses projections et son programme pédagogique ambitieux, le BAL s’échine à cultiver une « zone franche » sur le terrain de la documentation. Autrement dit, sous la direction de Raymond Depardon, cette initiative indépendante s’engage à interroger les enjeux historiques, politiques et sociaux de la représentation du réel par l’image contemporaine. Comme pour défier un monde saturé par le visuel – et se protéger des ravages de la société du divertissement.

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18e arrondissement

Halle Saint-Pierre

Blotti au pied de la butte Montmartre, dans un ancien marché couvert construit en 1868 par un élève de Baltard, le musée de la Halle Saint-Pierre se consacre entièrement à l’art populaire de la seconde moitié du XXe siècle. Art brut, art naïf, art outsider et art singulier dominent les collections de ce centre culturel, dont le fonds de quelque 600 œuvres fait l’objet d’expositions temporaires régulières. Avec sa galerie, son auditorium, son café, sa librairie et ses nombreuses activités culturelles, la Halle, ovni de la vie culturelle parisienne, rassemble avant et par-dessus tout les amateurs du non-conformisme artistique. Expressions biscornues, surprenantes, décomplexées, artistes autodidactes, événements insolites : la créativité prend ici d’innombrables formes, tant qu’elles restent en marge de l’académisme et des grands courants de l’art contemporain.

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Montmartre

Galerie Jeune Création

Si vous cherchez un bon bol d’art frais, c’est par ici. Installée dans le 18e arrondissement depuis 2006, la galerie Jeune Création constitue l’un des rares écrins parisiens d’expressions flambant neuves, s’évertuant à exposer des talents de la toute jeune garde internationale (malgré une dominante française). Au programme : une douzaine d’expositions par an qui se penchent notamment sur la production des artistes révélés au Salon Jeune Création, grand rendez-vous d’art contemporain du mois de novembre tenu, chaque année, au Centquatre.

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Libre

22 rue Muller

Un lieu qui a du cran et qui souffre d’une délicieuse hyperactivité. Planté sur une pente de la butte Montmartre, le 22 rue Muller occupe une place particulière dans le paysage parisien. Jeunes artistes culottés, soirées électriques (et arrosées) et expositions de très courte durée rythment la vie de ce petit OVNI débridé de l’art contemporain. Parfait pour prendre le pouls d’une nouvelle génération qui résiste aux lois du marché avec un grand M.

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Montmartre Libre

Musée de Montmartre

Perché sur les pentes d’un jardin verdoyant, l’Hôtel de Rosimond, la plus ancienne demeure de la Butte, conserve jalousement le patrimoine historique de Montmartre. Ouvert à l’initiative de la Société d’histoire et d’archéologie "Le Vieux Montmartre" et très apprécié des touristes, le musée témoigne de la vie politique, artistique et libertine du quartier de la Bohème, de Picasso, de Dalida, de Michou… Affiches originales de Toulouse-Lautrec, toiles de Suzanne Valadon, dessins de presse corrosifs, hommages aux lieux et aux personnages qui ont marqué les esprits du faubourg (le compositeur Gustave Charpentier, le cabaret du Lapin Agile…) animent un parcours farfelu, sans réelle cohérence, mais qui a le mérite d’être empreint de la verve nonchalante propre à la colline sacrée. Si l’âme des artistes qui l’ont habitée flotte vaguement sur cette demeure du XVIIe siècle, dommage que peu d’œuvres soient là pour le rappeler : Auguste Renoir, Maximilien Luce, Raoul Dufy, Francisque Poulbot, Maurice Utrillo, Suzanne Valadon… Mais d’importants travaux devraient transfigurer le musée d’ici à 2014 (pas de fermeture prévue entretemps) pour faire place à une exposition mieux construite et plus fournie, enrichie notamment de plaques originales du théâtre du Chat Noir et de réflexions sur le rapport de Montmartre au cinéma.

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Montmartre

Musée de l'Erotisme

Sur le grand boulevard du « quartier rouge » parisien, noyée dans le magma licencieux des devantures de Pigalle, une vitrine croustillante happe le regard. Parmi un amoncellement d’objets lubriques, une grosse langue tournicote lascivement sur une chaise, comme pour provoquer le passant et lui faire signe d’entrer (et de s’asseoir, ce qui est moins recommandable). Bienvenue au musée de l’Erotisme, avec ses sept étages de délectables grivoiseries réunies par les collectionneurs Alain Plumey et Joseph Khalifa. Réunies ? Disons plutôt entassées à la manière des scènes d’un porno médiocre : scénographie chaotique, éclairage vaseux, musique de fond mielleuse… Pour y prendre plaisir, il ne faut pas avoir peur du désordre. Les premières étapes du parcours traversent plusieurs siècles d’art érotique sacré, voguant libidineusement entre poteries phalliques du Pérou, symboles de fertilité étrusques et sculptures yoni népalaises. Au deuxième, place à l’histoire des maisons closes du vieux Paris, avec ses photographies et ses documents d’archives, son ambiance de boudoir et son lointain parfum de souvenirs aphrodisiaques. Les derniers étages, récemment rénovés, exposent quant à eux une panoplie de « curiosa », cette forme d’art populaire vouée à dédramatiser les tabous en célébrant la sexualité sous le prisme de l’humour, de la satire et de la badinerie. L’art érotique moderne et contemporain y est également à l’honneur, sonnant le point d’orgue d’une visite délicieusement profane.

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Montmartre

Galerie Spree

La boutique montmartroise Spree, qui combine mode pointue, art contemporain et design, a ouvert sa propre galerie en 2010. Et pour son emplacement, les propriétaires se sont installés en face du magasin, dans une ancienne boutique de papier peint qui a gardé sa devanture. S'y exposent les œuvres des artistes résidents, ainsi que celles d'artistes actuels.

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Libre

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