Pitchfork Festival : le jeudi

Time Out passe en revue les meilleurs groupes en live

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M83

M83, comme son nom ne l’indique pas est un groupe français, né à Antibes en 2001. Si aujourd’hui Anthony Gonzalez est seul derrière son clavier, il était autrefois assisté de Nicolas Fromageau (parti en 2009 pour fonder de son côté Team Ghost). Solitaire certes, mais on ne peut plus prolixe puisque c’est d’un double album qu’il nous gratifie en cette fin d’année 2011. Le spectral ‘Hurry Up, We're Dreaming !’ culmine à plus de vingt titres dont le très épique "Midnight City", morceau tubesque qui figure déjà sur la brillante mixtape de Kid Cudi pour la série new-yorkaise ‘How to Make It in America’. Maître dans l’art de faire rimer la musique avec la poésie, Anthony Gonzalez superpose avec une bonne humeur euphorisante voix d’enfants et synthés planants ("Raconte-moi une histoire", guitare timide et voix emphatique ("Wait"). Une épopée électro pour sautiller dans les prés.

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Sébastien Tellier

“N’écoutez pas ma musique, écoutez mon message”, nous dit Sébastien Tellier. “Entrez en vibration avec ma musique, fusionnons nos rêves, propageons ensemble cette énergie communautaire en une immense vague bleue qui irradiera le monde, et les vérités apparaîtront”. Vaste programme. Excentrique aux accents rétro et électro, le très chevelu Sébastien Tellier s’est fait connaître en tant que candidat à l’Eurovision de 2008. Si l’on en croit son récent succès médiatique, ce Frédéric Beigbeder de la musique s’est peu à peu transformé en “gourou” musical, porteur d’une révélation mélodique et messianique. Parfois un peu trop premier degré, son personnage en devient pourtant beaucoup moins drôle. Dommage. Son nouvel album 'My God is Blue' contient tout de même quelques pépites (bleues) : l’entraînant et cuivré "Sedulous", l’extravagant "Cochon Ville", ou le mélancolique "Against the Law". Génie iconoclaste pour certains, ringard guimauvé pour d’autres, c’est un peu comme si Michel Delpech avait mangé The Scorpions. Un grand écart assumé entre le vieillot et le moderne, de la part de celui qui a notamment repris des chansons de Christophe et Etienne Daho avant de s’associer avec un membre de Daft Punk. Il rassemblera ses fidèles au festival Pitchfork à Paris.

James Blake

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James Blake

Depuis quelques années James Blake, 23 ans, petit génie de la scène deep soul londonienne, enchaîne les productions brillantes. En quelques EPs, le Britannique impose sa touche, épurée, articulée autour des rythmiques démantelées du dubstep, glacée de silences et propulsée par des basses souterraines et imposantes. Il repousse, au fil de ses productions, les limites de son propre style, accordant une importance croissante au chant et au piano. Dans son premier album éponyme, il poursuit cette audacieuse démarche et le disque vient se glisser à la frontière de la soul. On ne peut s'empêcher de fredonner "Limit to your Love" avec lui et se laisser entraîner vers des fonds aquatiques sombres. Sorte de crooner, Blake place sa voix au centre de ses compositions et livre des incantations qui pourraient presque passer pour des complaintes maladives et fébriles, si l'arrière-plan sonore n'était pas aussi redoutablement construit et déconstruit. Bien sûr, l'album a partagé les opinions. Mais, il suffit, paraît-il, de voir Blake en live pour finir d'adhérer au personnage et se laisser emporter par sa musique. Il n'y a qu'à voir le tapis de filles qui crient son nom au premier rang.

© Tom Hines

Chairlift

Qui dit Chairlift, dit "Bruises", tube grâce auquel on a connu le groupe il y a maintenant quatre ans. Caroline Polachek, belle et talentueuse chanteuse du duo, réussit à faire du neuf avec du vieux : avec une voix si proche de celle de Dolores O’Riordan, chanteuse des Cranberries, elle aurait facilement pu rester bloquée dans les années 1990, condamnée à ne faire que des copies de la chanson "Zombie". Et pourtant avec Patrick Wimberly, ils composent des chansons electro-pop très actuelles, sans prétention, qui tiennent parfois plus de l’expérience scientifique que de la musique à proprement parler. L'important, c'est qu’à l'arrivée, tout sonne bien. ‘Something’, leur dernier album contient des petites réussites, comme l’envoûtante "Amanaemonesia" ou la mystique "Sidewalk Safari". Un groupe à suivre.

John Talabot

John Talabot, Barcelonais d’origine, n’a rien à voir avec la musique largement diffusée dans les boîtes de sa ville natale. Adepte de musique électro, son but n’est pas de nous faire danser à tout prix mais plutôt de nous faire découvrir tout le travail et toutes les influences qui touchent à ce genre récent. Avec ses chansons longues, pour la plupart seulement instrumentales, il nous présente l’électro comme héritière autant des rythmes africains que du rock des années 1980. Son premier album, ‘Fin’, sorti en février dernier, révèle plusieurs perles, à l’instar de "Depak Ine", un titre dont le charme se joue dans une lente progression qui nous immerge au sein d’un cadre naturel austère, une sorte de forêt inquiétante. "So Will Be Now" (feat Pional), plus proche de la tendance minimale berlinoise à la Kalkbrenner, est aussi un succès, tout comme "Oro y sangre", qui enchante et terrifie à la fois du fait des cris féminins perçants qui ponctuent la chanson. Par chance, le Pitchfork l'inclut dans la programmation de son édition 2012 : rendez-vous donc le jeudi 1er novembre, pour un concert à conseiller aux amateurs de musique recherchée. 

Factory Floor

A l’écoute de la techno travaillée de Factory Floor, on se retrouve comme téléportés sur le dancefloor d’une usine désaffectée. Des rythmes répétitifs, beaucoup de bruit, des chansons assez longues : difficile d’accrocher pour des novices en la matière. Mais quand l’oreille s’habitue, quel plaisir !  L’aspect B.O. de rave party de leur musique rapproche le groupe de la tendance électro minimale à la mode depuis quelques années. A conseiller à tous les berlino-nostalgiques, qui regrettent la programmation des clubs d’Outre-Rhin.  


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