Pitchfork Festival : le samedi

Time Out passe en revue les meilleurs groupes en live

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Grizzly Bear

Tête d’affiche de la soirée de samedi, Grizzly Bear jouera son dernier album, 'Shields', un petit bijou ciselé et brillant comme un diamant que l’on attendait impatiemment depuis trois ans. Étonnamment signé chez Warp, un label plutôt branché électro, ce groupe a le don de  façonner une musique mise à nue, aussi mélancolique que lumineuse. La voix claire et intense d’Ed Droste, également compositeur de la plupart des morceaux, y est pour beaucoup dans l’harmonie et la sensibilité de leur musique, fracturée de syncopes abyssales et de batterie papillonnant crescendo avant d'éclater en rock extatique. Elle n’est pas sans rappeler celle de Radiohead (qui apprécie leur musique au point de les avoir programmé en première partie de leur show en 2008).  Si leurs deux premiers albums passent relativement inaperçus aux oreilles du grand public, c’est 'Veckatimest' en 2009 qui met une claque à la scène indé saturée de chanteurs rock folk sans relief. Les tubes "Two Weeks" et "While You Wait For The Others" innondent  les ondes radios et les pubs télé. Ce nouvel opus, qui compte moins de superposition d’instruments et d’arrangements sophistiqués, a été produit par Chris Taylor et composé à quatre mains, comme l’explique Ed Droste dans une interview accordée à Time Out. On attend impatiemment leur live qui promet d’être expérimental, puissant et intimiste.

Simian Mobile Disco (live)

Simian Mobile Disco est un duo british qui se distingue par ses remixes électro. Il est composé de James Ellis Ford et James Anthony Shaw, ex-membres du groupe rock Simian, dissous en 2005. Les deux producteurs réalisent dès 2003 des remixes de Simian, Air, The Go! Team, Tahiti 80, et produisent leurs propres maxis dès 2004 sur plusieurs labels. Les singles "The Mighty Atom", "Boatrace" et "Upside Down" enregistré chez I am a Cliché ont fait vibrer les dancefloors, tout comme les tracks "The Count" en 2005, puis "Hustler" en 2006 lancé cette fois par le réputé label français Kitsuné. Leur dernière compil' 'Delicacies' est une collection de morceaux inspirés par des "delicatessen" et des sons samplés par le duo au cours de son tour du monde. Chaque titre porte un nom de spécialité exotique étrange, et nous invite à un voyage musical qui met l'eau à la bouche.

Totally Enormous Extinct Dinosaurs

Certains Français l’ont connu grâce à la pub Nokia et le titre "Garden" qui lui servait de bande-son, d’autres l’ont découvert plutôt par hasard, curieux de connaitre le nouveau protégé de Joe Goddard (Hot Chip). TEED, pour les intimes, cache en vérité un homme seul, Orlando Higginbottom. De dinosaure, il n’a que le nom et le costume, car sa musique est actuelle, et séduit grâce à une électro-pop planante très simple. ‘Trouble’, album sorti en juin dernier, s’avère néanmoins très répétitif, à tel point qu’il finit par agacer. Si le commercial "Garden" nous a plu, il semble que c’est le seul titre que l’on retiendra vraiment de lui. Du moins pour l’instant, en attendant de voir la suite.

Liars

Non content d’être l’un des groupes les plus innovants de la dernière décennie, Liars a accouché cette année d’un album riche et beau, dont la multitude de couleurs et d’ambiances se dévoile au fil des écoutes. Déjà en 2006, le trio avait remué la planète indé en sortant chez Mute l’intemporel ‘Drum’s Not Dead’, ode folle aux percussions, à la polyrythmie et à la transe tenant sur deux disques. Angus Andrew, Aaron Hemphill et Julian Gross pratiquaient alors un rock fiévreux, envoûtant et sauvage, teinté de psychédélisme ; une alchimie parfaite qui tenait autant de l’improvisation que du bricolage obstiné. Car ce qui distingue les Liars de bon nombre de formations de leur génération, c’est cette capacité à essayer (avec succès) de s’exprimer à travers des formes variées, en utilisant une large palette d’instruments et, dernièrement, de machines. Jusqu’à cette année et leur formidable ‘WIXIW’, qui pourrait faire passer les derniers disques de Radiohead pour d’horribles testaments réactionnaires – d’autant plus que, sur "Ill Valley Prodigies" par exemple, le trio nous donne une idée de ce que le jouet de Thom Yorke aurait pu devenir. Du rock il ne reste pas grand-chose au long de ces onze titres, le virage est cette fois électronique, et parfaitement négocié. Tout ce qui fait la saveur des Liars (noirceur, ambiance, compositions parfaites, production au sommet) est bien là, pour le plus grand plaisir des initiés. Alors quand on apprend que le Pitchfork Festival les programme le samedi 3 novembre à la Villette, on fonce.

Breton

Prenez un nom snob en forme de référence au père du surréalisme, une musique qui fusionne les genres à l’envi et n’appartient donc à aucun genre (ce qui n’est pas forcément bon signe), un discours un peu alternatif de squatteurs et artistes communautaires (cf. le « BretonLAB »), des morceaux bien dans l’air du temps (bonjour les putasseries dubstep un peu partout), et vous obtenez une critique musicale en admiration devant un groupe prétendument révolutionnaire. Voici Breton, une énième sensation indie électro post machin chose dont on peut se demander si elle passera l’hiver. Pourtant, les journalistes le disent : c’est la musique du XXIe siècle. On jurerait cependant avoir déjà entendu ce genre de groupe mille fois dans la sphère indie, de MGMT à Foals en passant par LCD Soundsystem. Moins révolutionnaire que gentiment conformiste, le disque 'Other People’s Problems' n’est pas dénué de titres intéressants (on citera "Pacemaker" et surtout "Edward The Confessor"), il est simplement atrocement surestimé et rempli aux trois quarts de chansons sans le moindre intérêt ("Ghost Note", "The Jostle"). Emmené par Roman Rappak, Breton fera sans doute le bonheur des blogueurs indie et des hipsters quand ils passeront au festival Pitchfork.

Twin Shadow

Contrairement aux apparences, Twin Shadow n'est qu'un. George Lewis alias Twin Shadow sera de passage à Paris pour chanter sa new wave rafraîchissante au Nouveau Casino. Son premier album ‘Forget’ sorti en 2010 produit par Chris Taylor du groupe Grizzly Bear a été encensé par la critique, le magazine Pitchfork en tête. Twin Shadow revient sur le devant de la scène avec ‘Confess’, un album porté par son premier single "Five Seconds" et peuplé d’une forêt de synthétiseurs 80’s qui réjouiront les aficionados de Joy Division, Depeche Mode ou The Smiths.

Julio Bashmore

Julio Bashmore prendra le relais aux platines. Cet adepte de la bass music de Bristol repéré par le DJ et producteur de Détroit Claude VonStroke, fondateur du label Dirtybird, avec seulement trois EP de deux titres au compteur, mais tous remarqués. Il apparaît comme une figure montante d’une house aérienne et hypnotique, notamment avec ses titres sortis l’année dernière : "Ensnare" et "Well Wishers". Son dernier trax en date, "Battle For Middle You" est une bombe qu’il jouera en live sous la Grande Halle de la Villette.

© Pierre Torrell

Isaac Delusion

Petits protégés du label Cracki, les deux artistes qui composent Isaac Delusion proposent une électro sans surprise, facile à écouter et même assez prenante. On a pourtant souvent une impression de déjà-vu en les écoutant. Folk-électro si on devait les ranger quelque part, on ne peut pas leur reprocher grand-chose, si ce n’est d’être un peu trop lisse : la voix du chanteur est belle, la musique sympathique, mais l’ensemble reste trop commun pour convaincre. Ils portent bien leur nom : « Delusion », ou l’illusion de faire de la bonne musique.


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