Rock en Seine : samedi 25 août
The Black Keys, Noel Gallagher's High Flying Birds, Eagles of Death Metal, Mark Lanegan...
The Black Keys
Notre sélection de concerts pour le samedi
Of Monsters and Men DAVID GALLARDO
Of Monsters and Men
Of Monsters and Men est un sextet de folk indé venu d’Islande, porté par les voix des deux chanteurs-guitaristes, le belle Nanna Bryndís Hilmarsdóttir et Ragnar “Raggi” Þórhallsson (on sait, c’est imprononçable). Avec ses envolées d’accordéon et de batterie qui accompagnent le duo vocal, ce groupe vous emmène en balade acoustique folk mélodieuse, à travers des textes un brin morbides qui font tout son charme. Le nom du groupe le suggère, le single qui les a propulsés sur le devant de la scène indé aux Etats-Unis "Little Talk", parle plus explicitement de squelettes, "Your Bone" ou "Six Weeks" de sang et d’os, ou "Love Love Love" de fantôme. Ils débarquent à peine en Europe avec ‘My Head Is an Animal’, une belle découverte musicale qui ne révolutionne pas le genre mais qui est un excellent premier album, qu'on ira volontiers écouter à Rock en Seine samedi.
- Grande Scène
- 15h30
Maximo Park
Maxïmo Park
Contemporains des Franz Ferdinand et autres Kaiser Chiefs, les Maxïmo Park ont participé au renouveau très fugitif d’une forme de brit pop abreuvée à la new-wave et au punk anglais. Cette scène n’a pas vraiment tenu la distance, même si les groupes cités continuent d’exister et de produire des albums, souvent de moins en moins bons. C’est le cas par exemple des Maxïmo Park, qui ont commencé fort en sortant 'A Certain Trigger' en 2005, lequel contient quelques jolis morceaux pop tels que "Apply Some Pressure". Mais les albums suivants se conteront de contenir un ou deux tubes ("Our Velocity", "The Kids Are Sick Again"…) entourés de titres plutôt vains. Heureusement le tout dernier album du groupe, 'The National Health' paru en juin, les voit s’ouvrir à de nouveaux horizons, plutôt intéressants si on en croit l’écoute du très sympathique "Banlieue" par exemple. On en saura plus à Rock en Seine, où le groupe se produira bientôt.
- Grande Scène
- 16h55
Hyphen Hyphen
Hyphen Hyphen
Les Niçois de Hyphen Hyphen ressuscitent les basses funky et la pop indie du mythique groupe Talking Heads, un projet musical qui n’est pas sans rappeler celui de Metronomy. Voilà qui est louable, et puis une formation qui intitule son maxi 'Chewbacca I’m Your Mother' est forcément à suivre. Il paraît que c'est en live que le groupe prend sa dimension, puisant dans les rythmes tribaux les plus enivrants leur inspiration disco et leur puissance punk. Quand on sait que les membres du groupe (deux filles et deux garçons) sont des amis de lycée et qu'ils ont 20 ans, on se dit que la relève de la scène française est déjà assurée.
- Scène de l'industrie
- 17h
DR
Caravan Palace
Imaginez Benny Goodman qui aurait avalé une table de mixage. C’est un peu la sensation que l’on éprouve en écoutant Caravan Palace. Ce quintet parisien est passé maître dans l’art de faire du neuf avec du vieux, alliant avec insouciance jazz manouche, électro et swing américain. Sur scène comme en studio, synthétiseurs et boîtes à rythmes viennent taquiner les clarinettes, violons et contrebasses. Cette musique hybride au style unique porte un nom : l’électro-swing. Certes, on avait déjà pu entendre une telle fusion des genres avec Gotan Project et leur tango teinté d’électro. Ici pourtant, le résultat fonctionne mieux, plus dansant et irrémédiablement contemporain malgré ses sonorités rétro. Quatre ans après leur premier album éponyme, les Caravan Palace reviennent avec l’excellent et déluré ‘Panic’, sorti en mars dernier. Sur scène, la prestation est tout aussi réjouissante : en osmose totale, le groupe gesticule, tape du pied et dodeline en cœur, improvisant même parfois une danse de claquettes. Bref, si vous voulez swinguer, ne ratez surtout pas leur prestation à Rock en Seine.
- Scène de la cascade
- 17h35
dEUS
Les Belges ont une culture rock que nous autres Français ne possédons pas. Leur public est plus vaste, leurs groupes plus nombreux. Ainsi, ce petit pays parvient régulièrement à engendrer des formations qui s’exportent bien, à l’instar de dEUS. Né dans les années 1990, le groupe entame sa carrière sous l’influence conjuguée du grunge et du rock un peu barré comme Nick Cave, Captain Beefheart et Frank Zappa. Le premier disque, 'Worst Case Scenario', montrait déjà une sacrée palette de talents, symbolisée par le superbe "Suds and Soda", et un goût pour les sonorités étranges qui ne sera jamais démenti. Dans le genre, le groupe atteint des sommets avec les disques 'In a bar, Under the Sea' (1996) et 'The Ideal Crash' (1999). Après ces deux belles réussites, le groupe fait une pause et reprend du service autour de 2004 avec un changement de personnel à la clé, mais toujours Tom Barman et Klaas Janzoons aux commandes. Une poignée d’albums plus tard, dEUS est toujours bien là et un sympathique 'Following Sea' vient de paraître, à découvrir en live à Rock en Seine.
- Grande Scène
- 18h15
The Temper Trap
The Temper Trap
The Temper Trap est un groupe d’indie rock originaire de Melbourne composé de Dougy Mandagi (guitare et chant), Lorenzo Sillitto (guitare et claviers), Jonathon Aherne (basse) et Toby Dundas (batterie). En 2008, ils s’envolent pour le Royaume-Uni après s’être bâti une solide réputation en Australie grâce à leur EP (2006), et se font remarquer par la BBC qui les classe parmi les quinze meilleurs espoirs de 2009. C’est d’ailleurs cette année-là que le groupe enregistre son premier album, ‘Conditions’, avec le producteur anglais Jim Abiss. L’album connaît un franc succès et plusieurs des chansons qui le composent sont utilisées dans des séries ('Pretty Little Liars', '90210'), des films ('500 Days of Summer') et des jeux vidéo ('PES 2011', 'FIFA 10'). En 2010, The Temper Trap part en tournée dans plusieurs pays, dont les Etats-Unis et leur pays natal, l’Australie, où ils reçoivent deux récompenses pour leur album aux ARIA Music Awards 2010. Bref, les Temper Trap sont la nouvelle hype australienne, encore faudra-t-il qu'ils parviennent à durer.
- Scène de la cascade
- 19h10
Noel Gallagher Presse
Noel Gallagher's High Flying Birds
Vous pensiez que le revival des années 1990 allait s’arrêter aux tops fluo et aux jeans délavés, tout droit sortis du générique de 'Beverly Hills 90210' ? Eh bien détrompez-vous. Le revival des années 1990, c’est aussi le retour de Noel Gallagher sous les feux de la rampe, avec son nouveau groupe les ‘High Flying Birds’ et leur pop enjouée, au vague parfum de brit pop sauce Oasis-des-débuts. Trois ans après la séparation définitive des frères Gallagher, Noel revient avec un album nimbé de nostalgie, pétri de ballades mélodiques, de sifflotements sautillants et de grosses guitares sèches. Des interminables chœurs de "AKA... What A Life!" à l’intro de "If I Had a Gun", avec ses faux airs de "Wonderwall" mais en plus lisse, plus sage et plus plat, les High Flying Birds, privés de la nonchalance éraillée de Liam G, ne volent ni aussi haut ni aussi fort que les premiers albums d’Oasis. Loin de là. Alors si l’ensemble manque de saveur, jusqu’à frôler parfois le come-back lancinant et mielleux (argh, ce clip gluant de "If I Had a Gun" à base de mariage et de cowboys), ces mélodies chantantes éclaboussées de pop rétro (le souvenir des Kinks, des Who et des Beatles n’est jamais bien loin) et d’avalanches de trompettes se savourent comme un petit-déjeuner anglais : c’est plutôt bon, c’est vaguement familier, c’est un peu grassouillet. Et on ferait mieux de consommer tout ça avec parcimonie. Ne reste plus qu’à espérer que la formation made in Manchester, parmi laquelle on retrouve l’ancien batteur des Lemon Trees (Jeremy Stacey) et l’ex-bassiste de The Zutons (Russell Pritchard), ne perdra sur les planches ni ses plumes, ni son charme un brin désuet.
- Grande Scène
- 20h
Childish Gambino
Childish Gambino
On connaît surtout Donald Glover pour son rôle dans la série américaine 'Community', dans laquelle il incarne Troy, étudiant gentil et attendrissant bien qu’un peu stupide. Mais de “Childish” (puéril en anglais), Gambino n’a que le nom. Avec une voix qui rappe comme du gravier et des paroles plus qu’explicites, Glover le rappeur prouve qu’il est bien plus qu’un jeune étudiant en pyjama Spider-Man. Dans son premier album ‘Camp’, il renoue avec l’esprit battle de '8 Mile', débitant des vannes et des insultes avec la vitesse et la précision d’une perceuse. Si l’on peut regretter quelques envolées R&B fades et mielleuses, Childish Gambino, lorsqu’il rappe, déroule un flow d’une finesse impeccable, comme en témoigne le survolté "Freaks And Geeks". Une performance impressionnante, bien que peu surprenante de la part de celui qui, à 23 ans à peine, écrivait des sketches pour l’émission de télé The Daily Show et la série '30 Rock'. Loin des clichés du rappeur en grosse voiture, il est plutôt hipster en marcel ZZ Top que macho à capuche et chaîne en or. Sur scène, guitaristes, batteurs, bassiste et même violoniste l’accompagnent. Et à en croire sa prestation époustouflante lors du dernier festival Coachella, un live de Childish Gambino n’est certainement pas à rater. Retrouvez-le à Rock en Seine le 25 août.
- Scène de l'industrie
- 20h10
Eagles of Death Metal
The Eagles Of Death Metal
Ne vous fiez pas au nom : les Eagles Of Death Metal n’ont rien d’un groupe de death metal. Non, il s’agit au contraire d’une troupe joyeusement rock’n’roll, apôtre de la déconne et n’hésitant pas à jouer sur l’axiome « sex, drugs and rock’n’roll » pour le tourner en dérision. Le leader Jesse Hugues l’avoue sans complexe : certes, il aime jouer de son sex-appeal et de ses tatouages, mais dans le fond c’est un grand sentimental à moustaches et Ray-Ban. La preuve, il s’est acoquiné avec son meilleur ami, Josh Homme le guitariste et chanteur des Queens Of The Stone Age, pour former les Eagles Of Death Metal suite au divorce avec sa femme. Ancien journaliste politique, Hugues s’est alors transformé en rock-star ultra cool et accessible, en chanteur au falsetto démoniaque, en prêcheur qui ressuscite la substantifique moelle du rock, c’est-à-dire ses aspects dansant, sexy, énergique et brut. Rockabilly, glam, rhythm’n’blues, hard rock, Jesse Hugues fait feu de tout bois. En trois albums, pas une seule faute de goût, mais une tripotée de tubes imparables, capables de réconcilier filles et garçons sur le dancefloor ! Résultat, une musique jouissive et des performances live immanquables.
- Scène de la cascade
- 21h
Ed Sheeran Presse
Ed Sheeran
Ed Sheeran est un jeune artiste déjà plein d’aisance sur scène, dont les chansons émouvantes s’inspirent tout autant de Jay-Z que de Damien Rice. Bardé de récompenses pour jeunes talents, le Britannique a mis de la musique de lover dans son folk, de quoi s’attirer un vrai succès auprès des foules, enfin surtout des filles. Sans doute sont-elles aussi attirées par son incroyable ressemblance avec Ronald dans 'Harry Potter' car ses tubes sont hélas aussi efficaces qu’ils sont monotones. Un chanteur talentueux mais pour l'instant trop banal pour qu'on s'en émeuve.
- Scène pression live
- 21h
The Black Keys Danny Clinch
The Black Keys
Après dix ans et quelque d’existence, les Black Keys ont bien changé. Si les plus avertis se souviennent de la petite claque infligée par le groupe à la sortie de ‘Thickfreakness’ en 2003, c’est bien le disque ‘Brothers’, paru en 2010, qui révèle le duo au grand public en remportant trois Grammy Awards, dont la récompense pour le meilleur album de rock alternatif. Pourtant, les Black Keys ont toujours conservé amoureusement leur recette, un concentré de blues-rock brut aux relents garage cradingues et délectables. Sauf qu’ils l’agrémentent aujourd’hui d’un savoir-faire inédit. La production se veut désormais plus efficace, éclectique, presque pop… Et ça s’entend. Dan Auerbach (guitare, chant) et Patrick Carney (batterie) se permettent même de réaliser cette chose devenue si rare dans le monde du rock : des tubes ! Que ce soit “Howlin' For You”, “Tighten Up” ou “Lonely Boy”, les singles brillants s’enchaînent, à coups de refrains faciles à scander et de mélodies idéales pour danser. Les clips sont à l’avenant, et celui de “Lonely Boy” du récent ‘El Camino’ démontre des trésors d’invention pour trois francs six sous. Tout cela fait des Black Keys l’un des groupes les plus excitants à voir sur scène actuellement. Après le Zénith récemment, ils vont emballer Rock en Seine.
- Grande Scène
- 22h
The Black Seeds
The Black Seeds
Ce groupe de reggae néo-zélandais s’est fait une superbe réputation mondiale à la force du poignet et au fil des albums ou concerts. Si la racine de la musique de ce collectif est le reggae, les Black Seeds voguent aussi vers une pop lente et cool, assez délicate au final, qui s’écoute agréablement. Emmené par Barnaby Weir, ces musiciens ont gagné une notoriété exceptionnelle pour un genre souvent confidentiel, et leurs performances live n’y sont pas pour rien. Vous aurez l’occasion de vous en rendre compte à Rock en Seine, où ils viennent présenter leur nouveau 'Dust & Dirt', porté par l’excellent single du même nom.
- Scène de l'industrie
- 22h30
Mark Lanegan
Mark Lanegan
Sa voix grave, frelatée au cocktail whisky-clopes, en a fait frissonner plus d’un depuis maintenant presque trente ans d’activité. Mark Lanegan, c’est bien lui, s’est d’abord fait un nom dans la scène alternative, puis grunge, de la côte ouest des Etats-Unis en devenant le chanteur des Screaming Trees en 1985. Grand ami de Kurt Cobain, Lanegan ne connaîtra pourtant jamais la même gloire que Nirvana avec son groupe, qui se contente d’un succès d’estime. Aujourd’hui, c’est d’ailleurs davantage pour sa carrière solo et ses collaborations que ce garçon mutique et patibulaire est idolâtré. Aussi sauvage qu’un félin, l’homme ne se laisse ni approcher ni enfermer facilement, quittant le grunge pêchu des Screaming Trees pour aborder dans ses albums des rivages plus folk et intimistes. On lui doit donc une poignée de disques acoustiques à la beauté étincelante, que ce soit 'Whiskey For The Holy Ghost', 'Field Songs', ou son chef-d’œuvre 'I’ll Take Care Of You', constitué de reprises. Car il faut le dire : Mark Lanegan est avant tout un interprète inouï, capable de tout chanter. Après un dernier album un brin décevant, 'Blues Funeral', le chanteur n’a pas daigné faire escale en France durant sa tournée, faute de sollicitations et d’audience sans doute, alors qu’à l’étranger on le fête un peu partout. Son passage à Rock en Seine ressemble un peu à celui de la comète de Haley : trop rare et précieux pour être snobé !
- Scène pression live
- 23h30
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