Rock en Seine : vendredi 24 août
Placebo, Sigur Rós, The Shins...
Placebo
Notre sélection de concerts pour le vendredi
Crane Angels Annie Bossut
Crane Angels
Crane Angels ou treize chiens de prairie fous aux horizons variés, décomplexant une musique populaire. Des relents sixties évoquent les Zombies, des chœurs à la Beach Boys empiètent par moments sur le territoire humide de guitares shoegaze. C’est au sein d'Iceberg, collectif bordelais qui compte aussi parmi ses rangs Botibol, que se soude le groupe. Aventure collective d’envergure, libre et décontractée, Crane Angels offre à ses membres un terrain de jeu dont ils explorent tous les recoins.
- Scène Pression Live
- 15h
Citizens! Frederike Helwig
Citizens!
Impossible de ne pas taper du pied en écoutant 'Here We Are', le premier album de Citizens!. Ces farfelus londoniens, signés récemment sur le label Kitsuné, composent une pop-rock fraîche et dansante, posée sur une basse entêtante et des claviers lo-fi. Avec une voix androgyne et des rythmes entraînants, notamment leur single "Reptile", ils forment le mélange parfait entre Hot Chip, Scissor Sisters et The Drums, avec par moments un côté électro rétro qui rappellerait presque New Order. D’ailleurs, il suffit de regarder les premières secondes de "True Romance", leur kitschissime vidéo à base de combinaisons fluo, pour se demander si Citizens! est un groupe récent ou un duo laqué des années 1980. Tantôt joyeux, tantôt mélancoliques, mais toujours excentriques, ils promettent un live délirant à Rock en Seine le 24 août.
- Scène de la cascade
- 16h15
Yeti Lane DR
Yeti Lane
« Yeti » pour le disque éponyme d’Amon Düül II et « Lane » pour "Penny Lane" des Beatles : le choix du nom fait aussi penser à celui de Pink Floyd, qui avait fusionné deux de leurs musiciens préférés (Pink Anderson et Floyd Council). Bref, les Français de Yeti Lane ont fondé leur groupe sous les augures du rock psychédélique. On pourrait redouter le pire, et pourtant non, le duo s’en sort avec les honneurs, évitant les écueils propres au genre pour parvenir à une musique électronique chiadée, minimaliste mais propice à la rêverie et fertile pour l’imagination. Avec deux bons disques à leur actif, dont le récent 'The Echo Show', les Yeti Lane se font désormais un nom célèbre avec les deux qu’ils ont empruntés, et outre-Manche on les révère déjà. On ira les voir avec plaisir à Rock en Seine.
- Scène de l'industrie
- 17h
Beth Jeans Houghton
Beth Jeans Houghton & The Hooves Of Destiny
Leur nom est aussi long que le bottin, mais Beth Jeans Houghton & The Hooves Of Destiny méritent qu’on y jette une oreille. Originaire de Newcastle, cette jeune fille excentrique de 21 ans démontre un sacré talent dans l’art de composer des chansons pleines d’enthousiasme et de peps. Les percussions roulent en cascade, la voix surprend par sa maturité. Son premier et charmant album, 'Yours Truly, Cellophane Nose', est empli de chansons prometteuses, que ce soit "Atlas", "Sweet Tooth Bird" ou "Liliputt"... Une future découverte à coup sûr, que Rock en Seine a bien fait de programmer cette année.
- Scène pression live
- 17h35
DR
Dionysos
Il fut un bref temps où les Dionysos représentaient un peu le top du rock en France… ce n’était pas forcément génial, mais original, pêchu et assez rafraîchissant. Sorti en 1999, l’album 'Haïku' a marqué le vrai essor du groupe, grâce au tube "Coccinelle" notamment, une réussite qui prendra une ampleur plus large encore quand paraîtra 'Western sous la neige' (2002). Second tube de Dionysos, "Song For Jedi" va déferler sur les ondes radio et asseoir la notoriété de Mathias Malzieu et sa bande. Si l’énergie en live des Dionysos met à peu près tout le monde d’accord (il faut admirer le chanteur sauter dans tous les sens), l’univers surréaliste baragouiné en franco-anglais du leader agace parfois. Ainsi, le diptyque roman/disque 'La Mécanique du cœur' a divisé, entre ceux qui adorent et ceux qui regrettent les références trop évidentes à Tim Burton et l’assagissement général de la musique. Quoi qu’il en soit, Dionysos reste une excellente référence du rock français, un groupe qui a su évoluer et procurer une énergie rock à une scène hexagonale qui en manquait alors cruellement.
- Grande Scène
- 18h20
The Shins (c) Annie Beedy
The Shins
Symbole du renouveau du mythique label indépendant Sub Pop, qui avait lancé le grunge à l’orée des années 1990, les Shins font partie des meilleurs groupes de rock indépendant de la dernière décennie. Sorti en 2001, leur premier album 'Oh Inverted World' surprend tout le monde et fait les gros titres de la presse, séduite par le talent de songwriter du chanteur James Mercer. Que ce soit au niveau de l’intelligence des textes, ou de la beauté des mélodies, les Shins s’inscrivent en effet dans la tradition lettrée de la pop américaine la plus élégante. Il faut dire que peu de groupes font référence dans les titres de leurs chansons à Karl Marx ("One By One All Day") ou à un philosophe français du XIXe siècle ("Saint Simon"), sur fond d’airs à l’infinie délicatesse. Après avoir été les plus gros vendeurs du label Sub Pop devant 'Bleach' de Nirvana, les Shins sont passés chez Aural Apothecary et viennent de sortir l’excellent 'Port Of Morrow', un album dont le single "Simple Song" montre combien James Mercer n’a rien perdu de son songwriting léché. A Rock en Seine, il ne faudra pas les manquer.
- Scène de la cascade
- 19h15
Bloc Party
Bloc Party
Avec trois albums à son actif, Bloc Party fait partie de ces groupes dont on ne retiendra jamais qu’une seule chanson. En 2004, ces jeunes anglais explosent avec leur single “Banquet”, bijou punk-rock qui enflamme les nuits londoniennes et fait gesticuler les rockers d’outre-Manche. Un an plus tard on retrouve le morceau déjà culte sur leur premier album ‘Silent Alarm’, acclamé par la critique et élu album de l’année par le NME. Menés par le très charismatique Kele Okereke, timbre chaud et rocailleux reconnaissable entre mille, ces quatre britanniques servent un rock rythmé et orageux.
Pourtant les tensions au sein du groupe freinent leur progression, et leur dernier album, sorti en 2009, a reçu un accueil plus discret. Effectuant un virage radical, Okereke se consacre alors à un projet solo et sort un album électro-dance, laissant Bloc Party à un avenir incertain. Gageons que ces années sabbatiques ont eu un effet curatif pour le chanteur, puisque le groupe sera réuni à Rock en Seine le vendredi 24 août et promet de sortir un nouvel album avant la fin de l’année. Si tout se passe bien, ce sera donc peut être l’occasion d’entendre des morceaux inédits.
- Grande Scène
- 20h
Frank Ocean
Frank Ocean >>> REMPLACÉ PAR PARA ONE
Frank Ocean n’a que 23 ans mais il côtoie déjà les plus grands. Originaire de la Nouvelle-Orléans, ce jeune chanteur a débarqué à Los Angeles en 2005 après avoir été déraciné par l’ouragan Katrina. Depuis membre du collectif Odd Future, il est également auteur pour Beyoncé Knowles ou John Legend. Généralement collaborateur de l’ombre, il s’est récemment fait remarquer en apparaissant sur plusieurs morceaux de ‘Watch The Throne’, l’album-projet de Jay-Z et Kanye West. Cette orientation hip-hop ne l’empêche pourtant pas de pratiquer l’ouverture culturelle : il fera la première partie de Coldplay à la rentrée pour leur tournée mondiale. Un refus de rentrer dans les cases qu’on retrouve sur sa première mixtape ‘Nostalgia, Ultra’. Avec treize morceaux oniriques et léchés, ce jeune surdoué apporte un peu de fraîcheur au R&B américain en tentant de s’éloigner des clichés du genre : dans ses chansons, la boîte à rythmes côtoie la guitare sèche, dans ses clips, pas de grosses chaînes en or ni de harem huilé. Et puis, comme il le chante si justement, « de la cocaïne pour le petit déj ? Beurk ! ». On attend donc avec impatience ses premiers pas dans la lumière, à Rock En Seine le vendredi 24 août.
- Scène de l'industrie
- 20h20
Sigur Ros
Sigur Rós
Les Islandais de Sigur Rós se sont construit depuis 1994 une sérieuse réputation de maîtres dans l’art du rock expérimental, aussi dénommé post-rock. On a beau les avoir souvent comparé à Radiohead, leur musique est pourtant différente et très personnelle. C’est surtout à partir de leur album 'Ágætis byrjun' (1999) qu’ils commencent à s’imposer comme une référence en la matière, via des titres langoureux et planants, s’étirant de longues minutes en forme de berceuse, écho à la pochette de l’album figurant un fœtus. Les longues montées chromatiques de Sigur Rós feront encore recette sur l’album des parenthèses, autre réussite du quatuor entièrement chanté en volenska, un langage inintelligible inventé par le chanteur Jonsi. Depuis, les musiciens n’ont pas vraiment levé le pied, perpétuant leur tradition du bon goût, des arrangements minimalistes et des climats éthérés. Le passage au live n’est pas toujours évident pour un collectif habitué aux longues transes, mais c’est assurément une expérience à vivre lors de Rock en Seine.
- Scène de la cascade
- 21h
© Daniel de las Casas
Bromance : Brodinski + Gesaffelstein & Club Cheval
Le DJ et producteur Brodinski est l’enfant prodige de la french touch 2.0, qui vient faire régulièrement chauffer les platines du Social Club. Tout juste sorti de l’œuf électro, il lance déjà son propre label : Bromance, honoré d’un EP de deux titres qui, on lui souhaite, sera le premier d’une longue série. Il vient fêter sa sortie digitale avec son acolyte Gesaffelstein, auteur du second titre de ce premier maxi. Mais qui est Brodinski ? Louis Rogé est un Rémois très parisien adulé des fluokids depuis son track "Bad Runner", branché électro-rock à ses débuts, puis acid et tech house aujourd’hui. Entouré d’amis précieux comme Yuksek – avec qui il collabore en duo sous le nom de The Krays – ou DJ Orgasmic, l’ex de TTC, Brodinski a partagé l’affiche d’Erol Alkan ou Tiga et brille par son éclectisme. Sur son premier album de remixes en 2009 'Suck My Deck' (Bugged Out !), on apprécie des sons ethno (indien, brésilien, afrobeat…) mixés à des beats très techno.
Toujours en quête de sonorités atypiques et explorations rythmiques, Gesaffelstein compose une techno architecturale et compte des remix remarqués comme ceux de Sei A et Miss Kittin. Il obtient rapidement le support de Busy P et 2Many DJs... Aujourd’hui patron de son propre label Zone, fondé avec avec son ami The Hacker, ce jeune artiste enchaîne aussi les sorties sur le fameux label de Tiga, Turbo. On se souvient tous du célèbre premier album de Jackson & His Computer Band 'Smash', sorti en 2005 sur Warp qui avait tant fait parler de lui.
Club Cheval est un collectif électro de jeunes canassons du ch'Nord : Canblaster, Sam Tiba, Myd et Panteros666. Ils ont déjà sorti quelques maxis remarqués et tournent dans tous les festivals de l'été avec leurs aînés Brodinski et Gesaffelstein.
- Scène Pression Live
- 21h
Placebo
Placebo
Survivant des années 1990, Placebo s’est engouffré à l’époque dans la vague grunge pour caser quelques tubes dans le top 50 ("36 Degrees", "Pure Morning", "Special K"…), une ribambelle de riffs saturés et pas trop mal foutus. Le look androgyne et bisexuel du chanteur luxembourgeois Brian Molko contribuera aussi beaucoup au succès du groupe, qui s’est constitué une petite base de fans purs et durs. Si Placebo est parvenu à durer, il peine en revanche à se renouveler et à se départir aujourd’hui d’un son plutôt ringard, ancré vingt ans en arrière. L’esthétique visuelle du groupe a elle aussi bien mal vieilli, au point que leurs clips, anciens ou actuels, sont difficilement regardables. Il n’empêche que pour ses propres fans, Placebo reste une figure incontournable du rock romantique et adolescent. Les vieux hits, toujours efficaces, et les nouveaux morceaux à découvrir que Molko et sa troupe joueront à Rock en Seine prouveront-ils que Placebo a encore de la ressource ?
- Grande Scène
- 22h
DR
Miike Snow
Depuis ABBA, jusqu’à Robyn et Lykke Li en passant par The Hives, les recoins sombres et froids de Suède ont tendance à produire des stars. Miike Snow n’échappe pas à la règle : depuis leur tube "Animal", ces hipsters barbus de Stockholm enchaînent les concerts. Ils reviennent en France pour présenter leur dernier album, 'Happy To You'. Et « happy », leur musique l’est. Sur fond d’électro-pop, ça pianote et ça sifflote gaiement, avec même parfois quelques touches de xylophone. En plus, ils sont beaux. Pour danser au son de leurs claviers, rendez-vous le 24 août à Rock en Seine. Quand on connaît le goût de Miike Snow pour la mise en scène (musiciens masqués et décors délirants), on ne peut que s’impatienter.
- Scène de l'industrie
- 22h30
Extrait du clip de "F-U-Y-A", C2C (c) C2C
C2C
Est-il encore nécessaire de présenter les DJs de C2C ? Greem et 20syl du groupe Hocus Pocus accompagnés d’Atom et Pfel, le duo de Beat Torrent, ont remporté quatre années consécutives les DMC – championnats du monde de DJ – en équipe, de 2003 à 2006. La performance, jamais égalée, les a conduits à travers le monde, invités à se produire sur les scènes des plus grands clubs. Après deux premières dates parisienne en janvier à la Gaîté Lyrique et en mai à la Cigale, les C2C reviennent en août pour Rock en Seine. Que les fans, les amateurs de hip-hop, de jazz, d’électro, les férus de turntablism, les agités de la nuit et autres curieux se tiennent prêts. Ces virtuoses promettent un live puissant, servi par une énergie implacable, une technique pointue et un talent fou.
- Scène de la cascade
- 23h20
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