Où bosser quand on n'a pas de bureau ?

Les espaces de coworking parisiens

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Aborder la crise du logement ou faire état de la crise tout court ? Spécifier la montée en flèche des contrats précaires, évoquer les aléas d'un statut d'auto-entrepreneur ou s'attarder sur les bouleversements qu'Internet a infligés au monde du travail ? Cette introduction a l'embarras du choix. Traditionnellement, l'entreprise offre à l'employé un lieu physique qui lui permet de produire, de créer, de bénéficier d'outils, de tisser un réseau efficace et au-delà, d'acquérir une stature sociale. Mais quand on a choisi de rester indépendant ou de lancer sa start-up, comment reconstruit-on ce cadre essentiel à la vie professionnelle ?

Le supplice du travailleur indépendant


Quiconque a déjà tenté l'expérience le sait : à rester confiné chez soi, cloué trop longtemps sur sa chaise de bureau, on tourne vite en rond. Au bout de quelques jours (voire quelques semaines ou quelques mois - à chacun son quota), le cerveau se momifie, incapable d'être plus vivace qu'une éponge de mer. Et ça, c'est la version soft. On peut aussi prendre 8 kilos, arrêter de promener son chien, développer un inquiétant sentiment de réconfort, proportionnellement lié aux nombres de tasses de cafés vides qui parsèment les alentours ou devenir acariâtre et taper à grands coups de balai sur le mur à chaque fois que le fils du voisin ose réviser ses partitions de flûte. Le tout ponctué de pathétiques (oui, on est rarement crédible en pyjama) : « Mais, y'en a qui bossent ici, m****».


Quand on est assigné à domicile, faute de moyens pour louer un bureau, la situation peut donc vite devenir infernale et complètement improductive. Difficile aussi de compter systématiquement sur des initiatives plus encadrées et institutionnelles ; intégrer une pépinière d'entreprise, ou tout autre incubateur professionnel peut devenir un véritable parcours du combattant, tant les places sont comptées, les domaines d'activités souvent bien spécifiés et le soutien financier parfois contraignant ou inadapté.


Une seule solution : la collaboration !


Alors fleurissent un peu partout en France des espaces alternatifs et collaboratifs. Lieux ouverts, équipés et dédiés au télétravail, ils ont d'abord vocation de proposer un cadre matériel à tous les sans-espace-de-travail-fixe. Ils fonctionnent, la plupart du temps, à base d'abonnements souples et sans engagement excessif. On choisit sa formule : un jour par ici, un jour par-là, à la semaine ou au mois. Le travailleur indépendant, arraché à sa douloureuse solitude, peut alors profiter d'un wifi performant, d'un calme épanouissant, d'un bureau confortable ou, par exemple, de salles de réunion décentes pour recevoir ses clients.


L'intérêt est donc avant tout matériel, financier. Mais le coworking offre tout un tas d'avantages à qui veut bien les saisir. A la mode de Maslow, une fois les besoins de base comblés, d'autres possibilités, d'autres sources d'épanouissement professionnel peuvent alors se développer. Le climat collaboratif permet, en effet, le dialogue interdisciplinaire et la construction d'un réseau performant. Il favorise la créativité, l'échange de conseils, la naissance d'initiatives, et, bien entendu, il multiplie les occasions de débouchés.


Une organisation d'avenir


L'économie réelle, inspirée par les fondamentaux d'Internet, semble, de plus en plus, se tourner vers le partage et la collaboration. En proposant une mutualisation des ressources matérielles, en y ajoutant une dimension sociale et créative, voire éco-responsable, en mettant fin à l'isolement du travailleur indépendant tout en lui permettant de rester autonome, le coworking s'impose résolument comme une solution d'avenir. Même les entreprises commencent timidement à y trouver leur compte. Alors si, possédé par le démon de la procrastination ou envoûté par les sirènes de la sérendipité, vous lisez ce texte au lieu de bosser, au fond de votre appartement mal éclairé (rangé/aéré/insonorisé), voici quatre solutions, quatre lieux flexibles et ouverts parmi lesquels vous avez sûrement une chance de trouver votre bonheur.


La Cantine

Pionnier du genre, la Cantine est un lieu ouvert, impulsé par l'association Silicon Sentier et soutenu par la Région Ile-de-France, la Mairie de Paris, Orange, le pôle de compétitivité Cap Digital et la Fondation Internet Nouvelle Génération. On y vient pour travailler puisque l'espace est

  1. 151 rue Montmartre, 2e
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La Mutinerie

La Mutinerie, c'est un lieu imaginé par une bande de jeunes travailleurs indépendants, eux-mêmes confrontés aux aléas du télétravail et bien décidés à créer un espace de coworking intelligemment pensé et propice à la collaboration. Le projet a été semé d'embûches. Après une

  1. 29 rue de Meaux, 19e
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Dojocrea

« Les entrepreneurs perdent entre 25 et 50 % de leur temps à des tâches non essentielles, ce qui explique en partie pourquoi la moitié des entreprises meurent sous cinq ans. » Créé par de jeunes chefs d'entreprises désireux de proposer des lieux de travail libres et confortables, Dojocrea

  1. 24 rue Béranger, 3e
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Le Lawomatic

Le Lawomatic accueille des professionnels indépendants de tous les horizons. En proposant des bureaux, des rangements, une connexion Internet performante, une salle de réunion mutualisée, un accès 24h/24, ainsi qu'une petite cafétéria, les deux fondateurs du Lawomatic entendent proposer à

  1. 20 rue Jean Moinon, 10e
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Auteur : Amélie Weill. / Photographie : La Cantine. C-by-CC, Jessica Chekroun.


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