Beauté animale, de Dürer à Jeff Koons

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Melchior D’Hondecoeter, 'Paons, mâle et femelle', 1681 / © Service presse Réunion des musées nationaux – Grand Palais / Agence Bulloz
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Jeff Koons, 'Caniche', 1991 / © Musée Collection Berardo / Fondation d'art moderne et contemporain
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Anonyme allemand, 'Les Oiseaux', 1619 / © Musée des Beaux-Arts, Strasbourg, photo M. Bertola
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Théodore Géricault, 'Tête de lionne', ca. 1819 / © Service presse Réunion des musées nationaux - Grand Palais / Christian Jean
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Eadweard Muybridge, 'Animal Locomotion', Pl.720 : chat , 1887 / © Service presse Réunion des musées nationaux -Grand Palais (Musée d’Orsay)
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Jacopo da Ponte, 'Deux chiens de chasse attachés à une souche', 1548 / © Service presse Réunion des musées nationaux - Grand Palais / Stéphane Maréchalle
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Albrecht Dürer, 'Rhinocéros', 1515 / © Paris, Bibliothèque nationale de France
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Alexandre Gabriel Decamps, 'Le Singe peintre' dit 'Intérieur d’atelier', ca. 1833 / © Service presse Réunion des musées nationaux - Grand Palais / Michel Urtado
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Théodore Géricault, 'Tête de cheval blanc', avant 1816-1817 / © Service presse Réunion des musées nationaux - Grand Palais / Thierry Le Mage

Les profs de beaux-arts disent souvent que l'Homme est le sujet le plus délicat à représenter. Eh bien ils mentent. Il suffit de se noyer dans le regard du ‘Cheval blanc’ de Théodore Géricault, d'une densité psychologique à couper le souffle, pour s'en convaincre : saisir la vérité de l’animal, coucher son ineffable beauté sur la toile, n'est pas non plus une promenade de santé. Loin de là. Déjà, parce que si l'on est du genre précis comme Albrecht Dürer ou Pieter Boel, il faut analyser toutes ces morphologies, étudier toutes ces nuances de plumages, restituer tous ces pelages facétieux. Et surtout, parce que cet « autre », ce cousin, tantôt symbole de pureté et de noblesse, tantôt rabaissé à son absence de conscience, exhale quelque chose que l’on ne comprend qu’à moitié. Quelque chose de complexe et d'ambigu, qui en dit souvent plus long sur nous que sur le perroquet sénile ou le caniche consanguin qui s'est payé son droit d'entrée dans l’immense bestiaire de l’histoire de l’art et nous regarde, en chien de faïence, sur les murs du Grand Palais.

Tableaux, sculptures et dates à l'appui, c'est pour nous tendre un miroir que l'exposition, très historique, dissèque les différentes représentations de la « bête » au fil des siècles. Car plus il nous permet de définir notre humanité, plus notre manière de représenter l'animal reflète nos mœurs, notre culture, nos croyances, nos découvertes géographiques et scientifiques... Une tendance qui se consolide surtout à partir de la Renaissance : la conquête de nouveaux mondes, les sciences anatomiques, la zoologie ou les lois sur la protection des animaux n'ont cessé de bouleverser notre notion du « beau » et de la « bête ». En ce sens, l'animal – ballotté d'un bout à l'autre du monde, domestiqué, massacré, disséqué par l'homme –, incarne à bien des égards la mémoire de l'Occident.

Le résultat est richement documenté, brillamment illustré, mais pas vraiment spectaculaire : avec cet éclairage sombre et ces enfilades de cadres dorés, on est loin de l’époustouflante exposition ‘Bêtes Off’ qui sublimait la Conciergerie l’hiver dernier (même si la chauve-souris déchiquetée de César, qui trône sur l’escalier du foyer, apporte un soupçon de monumentalité). Pas forcément exhaustif non plus : malgré son titre, cet itinéraire « de Dürer à Jeff Koons » ne fait qu’une visite éclair chez les artistes modernes et contemporains pour évoquer leur manie d'ériger la présumée laideur du rat, de l'araignée ou du crapaud au rang d'art, détournant ainsi nos traditionnels canons de beauté.

Mais si ‘Beauté animale’ ne nous prend ni par les sentiments ni par les tripes, son cheminement nous incite comme peu d'autres à la remise en question. On ne vient pas ici pour un émerveillement artistique mais pour lorgner vers différentes pistes de réflexion. Pour interroger notre perception à l'aide de Manet et de Goya, qui révèlent à quel point l''Histoire naturelle' de Buffon (qui disait du chat qu'il avait « une malice innée, un naturel pervers ») a marqué la « réputation » du matou entre les XVIIIe et XXe siècles ; ou à l'aide de Jan Asselijn qui, en reprenant les codes du portrait, touche à l'insaisissable humanité d'un bœuf de Groningue (espèce hollandaise aujourd'hui disparue). De quoi jeter à la cage aux lions tout ce qu'on croyait savoir de l'animal. Et de ses beaux yeux.

Site Web de l'événement http://www.rmn.fr

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Max

Expo anémique et ttrès désuète. quelques pièces restent cependant remarquables.