C'étaient des enfants

Libre
Parmi les 11 400 enfants français déportés pendant la Seconde Guerre mondiale, plus de la moitié étaient parisiens. Ainsi, pour le soixante-dixième anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv’, la mairie de Paris a voulu raconter la Shoah de leur point de vue, enfants, adolescents ou nourrissons, cachés, déportés ou rescapés, sans pour autant tomber dans le sensationnalisme. Avec l’école comme fil conducteur, l’exposition retrace leurs vies, parfois courtes, des étoiles jaunes qu’on leur a cousues sur la poitrine aux jouets de fortune confectionnés dans les camps, en passant par les poèmes, lettres et dessins qui leur permirent de raconter leurs blessures. Ces documents rares et inédits, fruits d’un travail de recherche de quinze longues années, réussissent à apporter une perspective nouvelle sur un épisode de l’histoire dont on croit parfois tout savoir. Une approche originale donc, si ce n’est unique, accompagnée par des diaporamas visuels et sonores, dans lesquels des comédiens et acteurs français (Sabine Azema, François Morel, Chloé Rejoin) lisent et redonnent vie à ces textes touchants, parfois déchirants. Malheureusement, si l’exposition émeut par moments, sa dimension un peu trop pédagogique l’empêche d’être véritablement poignante. Reste qu’elle accomplira, gratuitement, et jusqu’au 27 octobre prochain, un essentiel devoir de mémoire.
Site Web de l'événement http://www.paris.fr/cetaientdesenfants