La note de Time Out:
<strong>Evaluation: </strong>3/5
L’avis de Time Out
Jeu sep 6 2012
L'adresse, dont le nom évoque ce dieu grec aux pieds de chèvre, fait parler d’elle depuis quelques mois déjà. Il faut dire que Pan a de l’allure. La déco est défraîchie mais élégante. Le lieu entouré de murs subtilement délabrés ressemble au décor d’un polar anglais des années 1950, avec sa jolie clientèle mêlant bobos, hipsters et voisinage. En s’approchant à pas feutrés des cuisines, l'impression britannique se confirme. On oscille entre le français et l'anglais. Normal quand on sait que derrière les fourneaux officie Yvette Bordignon qui – malgré un nom bien franchouillard – se trouve être une italo-australienne fraîchement débarquée d'outre-Manche.
Le menu est à l'image du lieu, atypique. Une seule feuille A4 où l'on découvre une carte à la semaine, variée : bruschetta au radis et à la poutargue, bulots frais à la mayonnaise en entrée. Papardelle maison au lapin braisé et ses oignons, ou moules cuites vapeur aux haricots noirs au piment et à la coriandre, pour les plats. Voilà quelques exemples de ce que l'on peut trouver chez Pan, une melting popote qui donne furieusement envie de passer à table.
Mais malgré l’appétit, le résultat est un peu décevant. La bruschetta – ou plutôt deux petits bouts de pains qui semblent se battre en duel – est bien fade. Et si l’on était enthousiaste à l'idée d'en découdre avec le tartare de thon blanc façon coréenne et sa vinaigrette à la seiche, le manque d'assaisonnement donne bien peu de saveur au plat… et d’excuses à la note finale, plutôt salée, elle – entre 22 et 40 euros à la carte. Rassurez-vous, le tableau n’est pas tout à fait sombre pour autant. La papardelle est bien préparée et le lapin, braisé à souhait, redonne le sourire aux papilles attristées. Le dessert, une tarte au chocolat agrémentée d'une boule de vanille, vient adoucir encore un peu l’impression générale. Le choix des vins est de bonne facture sans être exhaustif (5 euros le verre, 27 euros minimum pour une bonne bouteille).
En bref, Pan, qui devrait résonner comme un coup de fusil gustatif, prend parfois des allures de pétard mouillé. On espère alors être tombé la mauvaise semaine, car le lieu mérite vraiment le coup d'œil.
Auteur : Anthony Pinelli
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