Franck Dubosc se prépare à l'état sauvage

Le rire primitif

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Il a fait du chemin, Franck Dubosc, depuis 'Les petites annonces d'Elie Semoun' où il campait un faire-valoir particulièrement génial. Même si le comédien a connu un grand succès depuis ses premiers pas remarqués, son humour continue d'être catalogué comme beauf voire franchouillard. Des termes qui se seraient transformés en « rabelaisien » si Dubosc avait été un peu plus légitime aux yeux d'un public qu'on dira vite intellectuel. Seulement voilà, l'image du dragueur de province, lourd et frimeur, lui colle à la peau parce qu'elle ne lui est pas non plus totalement étrangère. C'est d'ailleurs parce qu'il se moque des beaufs avec une certaine tendresse et un brin d'autobiographie, que l'humoriste touche autant le public populaire. Il faut lui reconnaître une habileté extraordinaire, mille fois supérieure à celle de Jean-Marie Bigard, autre comique troupier, pour incarner une certaine France, ringarde et décontractée du gland, une France qui peut nous exaspérer par sa bêtise et nous ravir par sa chaleur humaine.

Certes, Dubosc n'est pas le plus grand humoriste du pays. Ses vannes ne sont pas forcément subtiles, mais son jeu d'acteur est si pointu et si naturel qu'il désépaissit la grossièreté du trait, comme ces dessinateurs qui utilisent la gomme pour réaliser leurs dessins. Surtout, il a compris que le pathétique de son personnage lui permettait tout et n'importe quoi. Avec du mime, de la danse, des milliers de petites mimiques et interjections mégalo, le comédien est finalement sa propre matière. Il ne cesse de maltraiter son ego pour notre plus grand plaisir. L'exercice autobiographique devient alors un miroir déformant concave ou convexe selon que Dubosc étire son personnage vers d'infinis délires débordants d'imagination ou vers un rétrécissement narcissique volontairement ridicule. Dans ce nouveau spectacle intitulé 'A l'état sauvage', Franck Dubosc a voulu suivre, une fois de plus, l'évolution de sa propre vie, évoquant son statut de père autant que ses doutes d'homme civilisé sur le destin de la planète. Ce faisant, l'humoriste perd un peu de sa verve, mais gagne en humanité.

>>> Jusqu'au 5 janvier au Casino de Paris.

Franck Dubosc à l'époque des Petites annonces


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