10 nouveaux albums à offrir à Noël

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  • Arcade Fire • 'Reflektor'

    Léger changement de cap pour Arcade Fire avec ce nouveau disque, plus disco, plus dub (voir le très bon "Flashbulb Eyes", qui ressemble un peu aux Clash), plus dansant. Si ces nouveautés ont perturbé certains fans, elles ont aussi su séduire ceux qui auparavant n’aimaient pas le groupe, voire le haïssaient. On a pu ainsi voir un critique du webzine Gonzaï, traditionnellement hostile à Arcade Fire, s’enthousiasmer presque malgré lui pour le disque. On ne s’en plaindra pas, nous qui pensons que le groupe est depuis longtemps l’une des meilleures choses qui soient arrivées à la pop ces dernières années. Comme à chaque fois, le disque nécessite pas mal de temps avant d’être apprivoisé, il faut qu’il mature et trace son chemin dans l’esprit de l’auditeur, qui ne pourra bientôt plus s’en passer.  Mélodies léchées, variété des arrangements, chants entraînants, on danse sur le single "Reflektor", on chante à tue-tête le plus rock "Joan Of Arc" et on finit par s’endormir doucement sur le fabuleux "Supersymmetry".

  • The Inspector Cluzo • 'Gasconha Rocks'

    Depuis le début de leur carrière en 2008, les Inspector Cluzo font tout, absolument tout, eux-mêmes, dans leur baraque landaise. Adeptes d’un rock dit « qui tache », le formidable duo a compris qu’il n’y avait pas grand-chose à attendre d’une France pas rock’n’roll pour un sou, plus intéressée par la french touch électro ou le rap français, alors il s’est lancé dans un premier temps à l’abordage de l’Asie, du Japon et de l’Australie avec dans ses valises un LP éponyme et surtout le génial 'French Bastards'. Après avoir porté leurs racines funk et soul au sommet dans 'The Two Mousquetaires', ils reviennent à un rock plus binaire, terreux et cradingue avec 'Gasconha Rocks', qui porte toujours la marque d’un engagement politique à la fois régional (défense du terroir) et universel (préoccupations écologiques). Fidèle à leurs valeurs donc, mais aussi à leur son, qu’on pourrait définir comme la projection violente de tasseaux. Oui, ça envoie du bois.

  • Endless Boogie • 'Long Island'

    Le disque date déjà un peu, mais quand la musique est bonne… Surtout qu’on ne peut pas dire que les types aient eu les faveurs des grands médias, ce qui est bien dommage, compte tenu de la qualité de la bestiole, un long jam à vous retourner le cerveau, du boogie woogie étiré sur plusieurs minutes sans qu’on s’en lasse. Au contraire, quand un titre est terminé, qu’il s’agisse du stoogien "The Montgomery Manuscript" ou du plus psychédélique "The Artemus Ward", une pure merveille qui peut évoquer les Doors de "Riders On The Storm" avec un feeling plus stoner. 'Long Island' est un disque s'écoutant d'une traite, qui convient aussi bien à une après-midi pluvieuse et studieuse qu’à la chaleur accablante d’un jour d'été. 

  • San Carol • 'La Main Invisible'

    Le micro label angevin Ego Twister Records abreuve le net de disques uniques et confidentiels. Des objets étranges bricolés par des compositeurs fous et solitaires, qui s’épanchent sur leur ordinateur, dans leur chambre, en créant des univers aussi barrés qu’originaux. On conseille l’écoute attentive de groupes comme Amnésie, Gratuit ou Niwouinwouin, et enfin le nouveau disque 'La Main invisible' de San Carol. A l’intérieur, on y trouve des morceaux d’une grande variété : une chanson pop efficace comme "Anthill", un titre presque new-wave tel que "Hyppolite et Ripolin", des airs plus violemment électro ("Rouge Colère"), du post-punk (le très bon "Once Upon A Time"), et une réminiscence hypnotique et réussie du générique télé d’"Amicalement Vôtre" ("La Course"). Si vous ajoutez à tout cela une terrible mélancolie qui s’insinue dans les pores de votre esprit ainsi qu’une pochette géniale, vous avez un disque à acheter absolument. Ne serait-ce que pour aider un label qui le mérite.

  • Deltron 3030 • 'Event 2'

    Supergroupe composé du producteur Dan The Automator, du rappeur Del Tha Funky Homosapian et du DJ Kid Koala, Deltron 3030 est à l’origine un disque concept futuriste datant de 2000, une sorte de one-shot, un coup d’un soir. Et puis finalement, les membres du collectif se sont retrouvés pour flirter de nouveau le temps d’un 'Event 2'. Alors faut-il recoucher avec son ex ? Oui et non, serait-on tenté de dire à l’écoute d’un disque qui réserve de belles découvertes ("My Only Love", "What Is This Loneliness", "Talent Supercedes") mais aussi son quota de déceptions. Si rien n’est véritablement raté ici, on pouvait sans doute attendre davantage de certaines collaborations, par exemple celle avec Zack de la Rocha ("Melding of the Minds"), qui peine un peu. Reste un très bon album de hip-hop par un trio surdoué.

  • Diarrhea Planet • 'I'm Rich Beyond Your Wildest Dreams'

    Non content d’avoir l’un des noms de groupe les plus dégueus au monde, les Diarrhea Planet ont une autre particularité presque unique : quatre guitaristes. Oui, quatre. On ne sait pas si l’ingé-son a vraiment branché les quatre guitares au cours de l’enregistrement de ce disque épatant (c’est peut-être juste pour le style), mais toujours est-il que ces punks de Nashville signés sur Infinity Cat Recordings, très bon label des Jeff The Brotherhood, font plaisir à entendre. Leur musique irradie volontiers l’auditeur, surtout quand elle est jouée en live, où les types se donnent à fond et beuglent des hymnes qui donnent envie de sauter partout. Les Diarrhea Planet ont définitivement quelque chose en plus, si bien qu’ils deviennent petit à petit la coqueluche de l’Amérique underground et Do It Yourself. Mérité.

  • Monkey3 • 'The 5th Sun'

    Attention, voici un disque surtout réservé aux aficionados de metal et de stoner psychédélique. Ceux-ci connaissent sans doute déjà les Suisses de Monkey3, collectif instrumental qui a sorti quelques classiques du stoner. Sans paroles, le trio en raconte plus long que bien des groupes à chanteur, et il faut écouter le titre "Once We Were…" pour comprendre que les musiciens sont arrivés à un niveau de maîtrise de leur son et de leurs compositions assez élevé. Rien qui dépasse, tout est carré, monolithique, dans la lignée d’une geste rock assez classique (les solos, les jams psychédéliques et les montées en puissance) et toujours redoutable. Ce serait dommage de passer à côté.

  • Ty Segall • 'Sleeper'

    Merveilleux passeur que ce Ty Segall, dénominateur contemporain de toutes les musiques californiennes : le punk, le garage, le rock psychédélique, le heavy blues (avec le groupe Fuzz) et le folk. Pour son dernier album il s'est donc évertué à retrouver une veine folk un peu délaissée, celle des accords bancals à la Syd Barrett, du psychédélisme troublant de Love, des premiers albums de T. Rex. C'est aussi incroyablement bien fait, délicat et profond que ses précédents essais électriques étaient violents et instantanés. Des morceaux comme "Sleeper", "The Keeper", "The Man Man" ou "Crazy" n'auraient pas eu à rougir en 1967, loin de là, et on ne peut que se réjouir de voir une figure comme Ty Segall réussir avec autant de talent cet essai acoustique plein de maturité. Tout un symbole, le chanteur a ressenti le besoin d'un tel disque après la mort de son père, comme une envie d'adoucir le propos et de se retrouver seul face à sa guitare.

  • Coffret Nino Ferrer

    Difficile d'écrire sur un artiste qu'on admire, qu'on aime comme un ami et qui nous touche par sa grâce unique. La tâche se complique quand il s'agit de Nino Ferrer, génie protéiforme, évanescent, complexe, largement oublié par cette chienne de postérité (s'appelle-t-elle Mirza ?). Heureusement qu'il y a "Les Cornichons", "Le Sud" ou "La Maison près de la fontaine". Grâce à ces chansons, Nino Ferrer est devenu immortel parmi les immortels dans l'histoire de la chanson française et il y aura toujours des esprits curieux pour gratter derrière ces tubes qui ont entretenu le malentendu à son propos. Car aussi drôle et efficace soit "Mirza", aussi sublime soit "Le Sud", ce ne sont là qu'un échantillon infinitésimal du talent immense du chanteur. Lire la suite


  • V V Brown • 'Samson and Delilah'

    Transformation radicale pour cette chanteuse, qui de diva new soul sympatoche s'est transformée en artiste pleine et entière. Il aura fallu l'histoire biblique de Samson et Dalila pour enfin révéler la chanteuse à elle-même et lui inspirer un virage électro-pop monstrueusement envoûtant. Concept-album donc, à la cohérence sonore redoutable, aux titres à la fois dansants, épiques, entêtants pour ne pas dire obsédants. Comment ne pas devenir obsédé par la beauté sombre du morceau "Igneous", par la pureté des textures électroniques sur lesquelles repose une voix mystérieuse et terrible ? Sans oublier ces breaks glitch et hip-hop qui achèvent de rendre fou l'auditeur. Parmi les grands moments du disque, il faut citer le splendide "Looking For Love", impérieux et classique, le groovy "Nothing Really Matters", le hit "The Apple", et la chanson titre, transposition émouvante du drame biblique de Samson, homme à la force herculéenne trahi par la femme qu'il aime. Curieusement, cet album presque parfait n'a pas reçu d'écho médiatique important, et la venue de V V Brown à la Flèche d'Or en décembre n'a pas fait de vagues, comme si la malédiction de Samson devait poursuivre tous ceux qui l'évoquent.

Arcade Fire • 'Reflektor'

Léger changement de cap pour Arcade Fire avec ce nouveau disque, plus disco, plus dub (voir le très bon "Flashbulb Eyes", qui ressemble un peu aux Clash), plus dansant. Si ces nouveautés ont perturbé certains fans, elles ont aussi su séduire ceux qui auparavant n’aimaient pas le groupe, voire le haïssaient. On a pu ainsi voir un critique du webzine Gonzaï, traditionnellement hostile à Arcade Fire, s’enthousiasmer presque malgré lui pour le disque. On ne s’en plaindra pas, nous qui pensons que le groupe est depuis longtemps l’une des meilleures choses qui soient arrivées à la pop ces dernières années. Comme à chaque fois, le disque nécessite pas mal de temps avant d’être apprivoisé, il faut qu’il mature et trace son chemin dans l’esprit de l’auditeur, qui ne pourra bientôt plus s’en passer.  Mélodies léchées, variété des arrangements, chants entraînants, on danse sur le single "Reflektor", on chante à tue-tête le plus rock "Joan Of Arc" et on finit par s’endormir doucement sur le fabuleux "Supersymmetry".


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