Comme dans un rêve

Critique de 'Hot Dreams' de Timber Timbre

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Taylor Kirk a beau être un folkeux canadien, c'est peu dire qu'il sort des clichés qui incombent à son genre musical. Ne vous attendez donc pas à trouver de la moustache et de la chemise à carreaux sur le nouvel album de son groupe Timber Timbre. Avec 'Hot Dreams', le trio continue son voyage musical dans un genre entre l'americana et le son du Muscle Shoals, prestigieux studio monté fin 1960 où sont passés les artistes d'Atlantic Records, de Stax, mais aussi Dylan, Simon & Garfunkel ainsi que les Black Keys pour l'enregistrement du plébiscité 'Brothers'.


Ce voyage sur les routes désertiques nord-américaines (attention cliché), le groupe l'a initié en 2009 avec leur troisième album 'Timber Timbre'. Celui-ci marquait alors une rupture avec leur passé exclusivement folk au profit d'un son hybride marqué par le rock'n'roll fifties et les guitares fortement réverbérées. Sans vraiment changer de formule, 'Hot Dreams' offre tout de même des compositions plus orchestrées, plus fournies, plus soul, mais aussi plus floydiennes. Taylor Kirk n'a jamais caché son amour pour le quatuor de Cambridge et cela s'entend enfin.


'Timber Timbre' délaisse donc le doo-wop de 'Creep On Creepin' On' pour une soul pastorale proche de celle du chanteur virginien Matthew E. White. Mais là où l'album 'Big Inner' du colosse de Richmond frôlait la prière baptiste, 'Hot Dreams' sonne comme un gospel d'église abandonnée où l'on vient jouer à se faire peur. Le son sec et légèrement saturé de la basse, les nappes d'orgue de "Curtains !?" et les guitares dissonantes de l'instrumentale "Resurrection Drive Part II" semblent déposer White et ses verts pâturages au profit d'une atmosphère plus sombre digne d'un conte vaudou.


Pour ne pas lasser, l'album possède plusieurs morceaux rafraîchissants, comme le premier extrait "Hot Dreams" qui s'évapore en une coda de saxo joué par Colin Stetson ou "Grand Canyon", morceau à se passer au coin du feu et qui s'achève par une orchestration morriconesque. L'ensemble baigne dans une forme de clair-obscur musical, illustré par les très beaux "Bring Me Simple Men" et "This Low Commotion" (réminiscence du groupe Vanilla Fudge), sur lesquels la voix de Nick Cave gothique du chanteur canadien fait merveille. Si 'Timber Timbre' n'est certainement pas l'album de l'année, il étoffe agréablement la discographie d'un groupe que l'on est toujours heureux de retrouver.


Regardez le clip de “Hot Dreams”

Timber Timbre - Hot Dreams [Official Video] from Arts & Crafts on Vimeo.


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