Critique • Narrow Terence

'Violence With Benefits'

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Sortie le 28 janvier 2013 (Modulor)


Si je vous dis que les Narrow Terence viennent de Rognes, dans les Bouches-du-Rhône, et qu'ils grognent dans leurs chansons comme personne, me croirez-vous ? A la croisée des chemins de Tom Waits, Mark Lanegan, Nosfell, Arno, et du jazz balkanique, ce trio a réussi un coup de maître en sortant 'Violence With Benefits'. La violence qu'évoque le titre, c'est celle qui couve derrière les instrumentations chiadées et les arrangements acoustiques somptueux, celle dont sont capables les frères Puaux. Comme George Abitbol dans 'La Classe américaine', les deux frangins s'énervent facilement : « J'te connais pas, j'ai rien contre toi, mais il faut que je tape sur quelqu'un. Sinon je garde tout en d'dans, et c'est pas bon. » Dans les loges après un concert à l'EMB en 2011, ils se castagnent avec un type et écopent ensuite d'une peine de 150 heures de travaux d'intérêt général. Depuis, le groupe en joue plutôt intelligemment : côté rédemption, ils enregistrent le disque dans une chapelle du Vaucluse et joueront à l'église Saint-Eustache à Paris en février 2013, côté damnation, ils profitent de l'histoire pour créer une atmosphère autour de l'album en sortant un documentaire. Le teaser du film repose beaucoup là-dessus et ça fonctionne. Difficile de résister à l'envie de le voir. Les images présentent un groupe habité par sa musique, sans concessions, une démarche rock'n'roll qu'on retrouve dans l'album. Incarnation parfaite de leur savoir-faire, le titre "Wet Dead Horses", un ancien morceau retravaillé, passe par tous les états émotionnels. Débutant comme une chanson sombre et rythmée, il se transforme peu à peu en western crépusculaire aux voix menaçantes et aux chœurs grandioses. Le reste de 'Violence With Benefits' est à l'avenant, rempli de bonnes découvertes.


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