Gainsbourg, moi non plus

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Le quartet Gevrey Chambertin dans 'Gainsbourg moi non plus'

On pourrait sous-titrer « spectacle musical de haute voltige », tant il était casse-gueule de s’attaquer à un mythe de la trempe de Serge Gainsbourg. Il fallait au moins le quartet Gevrey Chambertin pour s’en tirer avec une telle maestria. A la fois virtuoses et cabotins, les quatre compères, après avoir officié dans la salle noire de jais du théâtre de Belleville, remettent le couvert à L'Européen. Trois rideaux argentés, des costumes et des souliers élégants et puis basta.

Emmené par un Zoon Besse habité – dont la voix ressemble à s’y méprendre à celle de l’homme à la tête de chou – et mis en scène par Guillaume Barbot, le quartet nous transporte en pays gainsbourien, survolant celui de Gainsbarre, avec classe, humour et légèreté.

Autour de Zoon Besse, un trio de musiciens pas piqué des hannetons : Gaëtan Pantanella à la guitare, Dany Rizo à la contrebasse et Pierre-Marie Braye-Weppe, violoniste et guitariste. Ce dernier se paye quelques jolis moments de bravoure : tantôt hilarants (à grands coups de léchouilles sur “Les Sucettes”), tantôt décapants (ses solos de violon comme de guitare électrique sont à couper le souffle).

On réécoute avec plaisir le répertoire du poète-chansonnier, servi par des trouvailles musicales ingénieuses – comme si les textures de son transcrivaient parfois les paroles. Ses premiers morceaux sont à l’honneur (“Elaeudanla Téitéia”, “Douze belles dans la peau”, “Scenic Railway”, “L’Eau à la bouche”...), avec tout de même un medley des plus grands tubes. Et les Gevrey Chambertin de s’en donner à cœur-joie, osant franchement l’autodérision (interprétation littérale de “Ce mortel ennui” et chorégraphie minimale sur “Sous le soleil”), la provocation (Besse embrassant une spectatrice), et la tendresse (“J’allume”, chanson originale dédiée au poète).

Ponctué par quelques citations bien senties (« La beauté est la seule vengeance des femmes », « Si le Christ était mort sur une chaise électrique, tous les petits chrétiens porteraient une chaise autour du cou »), le spectacle ne verse ni dans la parodie ni dans l’imitation. On en ressort tout simplement heureux et conquis. Et c’est déjà beaucoup.

 

Téléphone de l'événement 01.43.87.97.13
Site Web de l'événement http://www.leuropeen.info/
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