Janelle Monae

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(c) Andrew Zaeh
Janelle Monae

Loin des actuelles égéries R'n'B et dance plus souvent prétentieuses que malignes (on ne citera pas de noms), Janelle Monae fait preuve d’une intelligence rare dans la musique à vocation commerciale. Son premier EP, 'Metropolis – The Chase Suite' (2007), se veut ainsi une déclinaison de l’univers créé par Fritz Lang dans son chef-d’œuvre du même nom, un projet ambitieux et original pour une jeune fille d’alors 22 ans. Remarquée par les meilleurs, elle signe rapidement chez Bad Boy Records, le label de Puff Daddy. L’album qui suit, 'The ArchAndroid' (2010), approfondit encore le concept de 'Metropolis' en présentant une androïde futuriste et messianique qui délivre le peuple de la cité du joug totalitaire. Dès sa sortie, le disque récolte les lauriers d’une presse aux anges et se vend comme des petits pains. Il faut dire que les chansons de Janelle Monae syncrétisent à elles seules une bonne part de la musique des quarante dernières années, funk, R'n'B, pop, soul, rock. Un voyage qui nous mène de George Clinton à Simon & Garfunkel en passant par Prince ou David Bowie, des artistes qui combinent souvent leur musique à de grandes thématiques esthétiques et philosophiques. Il y a du Ziggy Stardust dans la Cindy Mayweather de l’album, tout comme il y a du Parliament/Funkadelic dans la mythologie SF de la chanteuse. De "Wondaland" à "Locked Inside" en passant par "Make The Bus", Janelle Monae étale la palette de ses talents en une pléiade de créations brillantes et faites pour durer. A n’en pas douter, chaque passage de cette nouvelle diva funk doit être considéré comme un événement, d’autant plus quand c’est le Trianon qui la reçoit. Comme souvent dans ces cas-là, les places pour le 11 juillet risquent de partir en quelques heures.