Les tickets de concert les plus chers du web

Gardez les vôtres, un jour ils vous paieront peut-être des vacances

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Sur eBay, non seulement vous pouvez acheter au noir et à prix exorbitant des billets pour de prochains concerts, mais vous pouvez également acquérir des tickets pour des concerts... qui ont déjà eu lieu. Aux spéculateurs sur l'avenir s'ajoutent donc les spéculateurs sur le passé, qui profitent des sites de revente pour attirer les collectionneurs mélomanes (ou pas) du monde entier. Certes, le business concerne une petite niche, avec ses sites spécialisés ringards comme vinyleticketomania.free.fr, pourtant on aurait tort de négliger cet aspect fétichiste dans la culture musicale populaire. Comme le vinyle ou le poster, la place de concert joue un rôle majeur dans le musée des émotions du fanatique de musique, prêt à atomiser sa tirelire pour les Rolling Stones ou Elton John. Difficile de définir une échelle de valeur précise dans ce domaine, d'autant plus que le même ticket peut se monnayer à des prix très variables selon le vendeur, l'état de l'objet, si c'est une enchère ou non, etc. Bref, c'est à chacun de fouiller sur le net et de se faire arnaquer selon son humeur et le hasard des choses. Les tickets que nous présentons ici ne sont donc pas forcément les plus chers de tout Internet, mais ils culminent à de jolis montants qu'on ne voit pas partout. Les artistes représentés sont souvent les mêmes, des têtes d'affiches et des chanteurs cultes, morts ou auréolés d'un prestige quasi-éternel. Sauf peut-être Axelle Red, dont on se demande bien ce qu'elle fait là, et quel maniaque pourra dépenser 110 € pour cinquante de ses billets.


990 € : Lou Reed, le 10 mars 1975

Sur eBay sévit un dangereux malade, nommé musiktarget. Il s’agit bien sûr d’une boutique, qui revend des billets à des prix surréalistes : mille boules pour un ticket de Lou Reed en 1975, il fallait oser. Car tenez-vous bien, la place coûtait à l’origine 30 francs ! Aujourd’hui, il faut donc débourser environ trois quarts de SMIC pour s’offrir cette petite merveille, qui date de l’époque où Lou venait de sortir 'Metal Machine Music', c’est-à-dire une heure d’un long larsen inaudible. Le concert devait être chouette.

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863 € : The Who, le 15 février 1974

Coucou, revoilà musiktarget. Sur la deuxième marche du podium figurent les Who durant leur période la plus navrante (même sur wikipedia, 1974-1982 est titrée « l’errance », c’est dire). Cela n’arrête pas notre revendeur, qui évalue à 863 € le prix du ticket pour voir le groupe au Palais des expositions de… Poitiers.  

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790 € : Yes, avril 1974

Allez, un dernier pour la route. La même boutique propose un ticket du groupe de rock progressif Yes à un prix tout à fait raisonnable. Yes, c’est ce groupe qui a donné lieu à l’une des meilleures chroniques de concert, un article très amusant signé Nicolas Ungemuth. Connu pour sa détestation du prog rock, le critique éreinte le groupe et son public, finissant son compte-rendu par cette phrase terrible : « On dirait des pygmées découvrant le cinéma. » Gageons qu’un pygmée sera prêt à claquer 790 € pour un ticket de cinoche. « Hyper rare », dit l'annonce. Tu m'étonnes...

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400 € : Michael Jackson, le 27 juin 1988

Il faut reconnaître que le ticket a de la gueule. On n’en fait plus des comme ça. Admirez un peu ce joli billet personnalisé avec la silhouette de Michael époque « I’m bad » qui brille de mille feux. Un concert de la star au Parc des Princes en 1988 pour 165 francs (location en sus), et sponsorisé par Pepsi, ça vaut largement ses 400 €, non ?

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358 € : The Monkees, le 1er juillet 1967

Voici un ticket qui vaut carrément le coup de casser son cochon rose. Car les Monkees n’étaient pas seulement le premier boys band de l’histoire de la pop, qui avait sa série TV à succès sur NBC, ce ne sont pas non plus uniquement les auteurs du tube "I’m a Believer" qui rythme la BO de 'Shrek', dans une version interprétée par Smash Mouth… Non, les Monkees étaient bien plus que ça, soit un excellent groupe de pop-rock, conçu comme la riposte américaine aux Beatles. Le drame des quatre membres sera de ne pas accepter d’être les simples mais brillants interprètes de hits écrits par les auteurs du Brill Building, ces compositeurs qui ont façonné le visage de la pop américaine durant des années. Les Monkees n’ont en effet jamais possédé le génie des Beatles, et un truc pareil mérite qu’on dépense un peu d’argent pour une place de 1967 à Wembley. Surtout quand on sait qu’elle s’accompagne d’autographes.

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230 € : Nirvana, le 14 février 1994

Six jours avant son anniversaire, un mois et demi avant son suicide, l’ami Kurt Cobain posait ses valises au Zénith de Paris pour un dernier concert dans la ville. Le ticket n’est pas vilain, on y voit l’ange de 'In Utero'. En première partie, Nirvana n’a pas failli à sa réputation et invité les Buzzcocks, l’un des meilleurs groupes de punk anglais. Finalement, 230 € c’est quoi, comparé au prix d’un iPhone démodé en deux ans ? Votre place, elle, sera éternelle, trônant juste à côté du vinyle de 'Nevermind' encadré dans la chambre, un peu au-dessus de 'Godspeed', la BD consacré à Kurt qui vous sert de livre de chevet.

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110 € : Axelle Red, le 24 novembre 1994

Le plus beau pour la fin : cinquante tickets d’Axelle Red pour la modique somme de 110 €. Pas un, pas deux tickets. Cinquante. Et avec la souche, s’il-vous-plaît, ce qui signifie que les places n’ont jamais été utilisées. En clair, le serveur qui travaillait à la buvette de la salle de Saint-Sébastien-sur-Loire en 1994 a récupéré en douce les nombreux invendus (on parle d’Axelle Red quand même) de la soirée. Sa fortune était faite ! Ne restait alors plus qu’à attendre dix-neuf ans pour les mettre en vente sur eBay et ferrer le poisson. Si vous êtes Axelle Red dingue, vous savez où trouver votre bonheur.

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