Louis Sclavis, Jean-Paul Delore et Sébastien Boisseau : Langues et Lueurs

Jean-Loup Berthaud

Des mots et des choses musicales… Avec 'Langues et lueurs', poèmes, nouvelles, aphorismes d’auteurs français, africains francophones ou non, vivants ou disparus, dessinent un paysage sonore où alternent langueurs et colères, rêveries et  dérisions. Une puissance littéraire se lovant à la perfection dans le souffle dévastateur du clarinettiste Louis Sclavis, épaulé par la contrebasse souplissime de Sébastien Boisseau. Des textes signés notamment Charles Baudelaire, Mia Couto, Sony Labou Tansi, Henri Michaux, Dieudonné Niangouna ou bien encore Dambudzo Marechera, propagent incitation à l’évasion et indignation. Ils sont portés ici à bout de voix par le metteur en scène, auteur et comédien Jean-Paul Delore, à la frontière des genres, et dont le travail a souvent été intimement lié à celui de musiciens. Même instrumentale, la musique, furieuse et sensuelle de Sclavis est un flux incontrôlable, comme empreint d’une force narrative évidente. Evidence aussi que cette fusion entre une musique – le jazz – véritable bande son incitant à l’évasion et la glaise verbale ici choisie, texture suintant la révolte, physique ou intérieure.

LiveReviews|0
1 person listening