Monks - The Transatlantic Feedback

Mais que fait Christophe Willem au milieu ?
La Gaîté Lyrique, 3e arrondissement mercredi 21 novembre 2012 19:30

Le second et principal documentaire de la soirée raconte l’histoire incroyable des Monks. Anciens G.I.’s stationnés en Allemagne, ces cinq Américains décident une fois libérés de leurs obligations militaires de rester dans ce pays pour tenter l’aventure musicale. En 1965, le groupe abandonne son ancien nom (Torquays) et son amour pour le surf rock, opérant alors une mutation à peine imaginable. Tout d’abord, les musiciens se baptisent Monks et poussent la facétie à se tondre la tête et endosser le froc monastique ! Ensuite, le groupe fait sa révolution musicale sur cette idée : réduire la mélodie à son expression minimaliste et faire de la rythmique (voire du bruit) l’essence de leur musique. Pour ce faire, le batteur Roger Johnston n’utilise ses cymbales qu’avec parcimonie et martèle ses toms de façon quasi-infantile. De son côté, le bassiste Eddie Shaw joue de façon agressive et hyper-saturée, tandis que le guitariste Dave Day échange son instrument contre un banjo six cordes, à l’intérieur duquel il place deux micros pour l’amplifier. Accordé comme une guitare, le banjo produit un son indéfinissable, entre la locomotive qui arrive en gare et la casserole rouillée. Au chant et à la guitare, Gary Burger assure le spectacle à coups de feedback, de fuzz et de hurlements éraillés qui sentent les litrons de whisky. Pour couronner ce florilège, l’organiciste Larry Clark joue l’essentiel de la mélodie en faisant swinguer son clavier. Résultat, les compositions de 'Black Monk Time', leur seul album pressé à quelques milliers d’exemplaires en 1966, sont toutes démentielles, jouissives, uniques en leur genre. Comme le Capitaine Flamme, les Monks ne sont pas de notre galaxie. Pourquoi diable ne sonnent-ils comme personne ? Avant et après les Monks, il n’y a rien, sinon le déluge. Leur musique est une erreur de la nature, une monstruosité au sens propre, une statistique impossible, un électron libre, sans attaches ni progéniture. Aujourd’hui, le groupe est culte et le vinyle d’origine de 'Black Monk Time' s’arrache à 1 000 dollars du côté des collectionneurs.

Nom du lieu La Gaîté Lyrique
Contact
Adresse 3 bis rue Papin
3e
Paris

Heures d'ouverture Du mardi au samedi de 14h à 20h, jusqu'à 18h le dimanche
Transport Métro : Arts et Métiers, Réaumur - Sébastopol ou Strasbourg - Saint-Denis