Thomas Enhco Trio invite Kurt Rosenwinkel

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Philippe Levy-Stab

Le jeune Thomas Enhco jouera avec son fidèle trio fidèle New Morning en compagnie d'un invité prestigieux : le guitariste Kurt Rosenwinkel.

Thomas Enhco a sorti en octobre 2012 un album baptisé 'Fireflies' dont il signe toutes les compositions, sauf une de Robert Schumann issue des "Scènes d'enfants" : "Traumereï". Un opus alliant ombre et lumière, un lyrisme puissant à une grande finesse narrative, et de la profondeur, à la frontière entre le jazz et la musique classique.

Protégé de Didier Lockwood auprès duquel il fait ses armes, Thomas Enhco débute dès l’âge de 9 ans sur la scène du festival Jazz à Juan lors d’un concert du violoniste. Après des études purement musicales suivies dans l'école de son mentor, il croise Billy Cobham, Mike Stern, Bireli Lagrène, Peter Erskine ou André Ceccarelli dès son plus jeune âge. Attiré par le jazz mais aussi la pop, il forme son premier groupe à 14 ans. En 2008 lors d’une tournée au Japon, il est repéré par Itoh Yasohachi, l'un des plus grands producteurs de jazz japonais qui se propose de produire son deuxième album 'Someday My Prince Will Come'.

Aujourd'hui, porté par le succès de cet opus et par différents prix internationaux (Concours Martial Solal, Django d'or), le pianiste de 23 ans sillonne les salles de concert et festivals de la planète. Ce génie hyperactif a parallèlement décroché une autre récompense pour la musique du film 'Les Cinq Parties du monde' qu'il a composée avant de faire ses valises pour New York. Depuis un an déjà, il mène différents projets avec Jack DeJohnette (batteur de Miles Davis, Keith Jarrett…) et John Patitucci (bassiste de Chick Corea, Wayne Shorter…). Il a également produit et enregistré un nouvel album, en compagnie du Canadien Chris Jennings (contrebasse) et du Belge Nicolas Charlier (batterie).

Kurt Rosenwinkel est un guitariste et claviériste américain hors pair qui brille par sa virtuosité autant que par son parcours en crabe depuis ses vingt printemps. Dans les années 1990, il plaque sa dernière année d’étude à la prestigieuse école de musique de Berklee pour partir en tournée avec Gary Burton et déménage à Brooklyn, le foyer incandescent du jazz groovy à New York. Alors qu’il joue avec des jazzmen chevronnés qui s’essayent aux instruments électriques comme Paul Motian et son Electric Bebop Band, il invente une technique d’amplification mixant son chant et sa guitare, qui deviendra sa signature musicale en live comme en studio.

Sideman du saxophoniste Mark Turner et du pianiste Brad Mehldau cinq ans plus tard, il signe sur le label Verve qui lui va comme un gant, car ce rebelle s’encanaille avec des rappeurs comme Q-Tip et des groupes d’abstract hip-hop en pleine effervescence à Brooklyn à cette époque, comme les excellents A Tribe Called Quest avec qui il coproduit l’album ‘Heartcore’ en 2003. Il forme alors un quartet avec Mark Turner, son fan de la première heure, le bassiste Ben Street et le batteur Jeff Ballard, mêlant jazz, rock, hip-hop et electronica.
Après de multiples albums en trio et en quartet, Kurt Rosenwinkel est toujours nourri d’une brillante imagination musicale et d’une excentricité virtuose. Exubérant, cet esthète de la six cordes est connu pour ses improvisations folles et ses multiples effets qu’il donne avec une forêt de claviers, d’amplis et de pédales en live : distorsions, réverbe, loop, switchers, compresseurs, guitare synthétiseur polyphonique… c’est un véritable mécano acrobate du son.

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