Le Pavillon aux pivoines

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Avec une première le jour du Nouvel An chinois et à moins d’une semaine de la Saint-Valentin, on peut dire que ‘Le Pavillon aux pivoines’ tombe à pic. D’autant plus que cet opéra chinois du XVIe siècle, présenté au théâtre du Châtelet du 10 au 16 février, se voit pour l’occasion mis en scène et joué par le très rare Tamasaburo Bando. Peu connu dans nos contrées, cet acteur spécialisé dans l’onnagata (un homme interprétant un rôle féminin) est vénéré au Japon, où il a reçu en 2012 le titre de Trésor national vivant. Et à voir la grâce qui se dégage de ce corps et de cette voix sur scène, on comprend bien vite pourquoi.

Car dans l’art du Kunqu, tout tient dans les nuances d’une interprétation minutieuse et donc exigeante ; les acteurs ne marchent pas mais semblent glisser sur le sol, comme suspendus dans les airs. Le personnage de Du Liniang, incarné par Tamasaburo Bando lui-même, tient constamment sa voix sur un fil, oscillant entre le chant et la glossolalie – parfois à la limite du supportable tant les inflexions flirtent avec le suraigu. Dérouté, le spectateur peut dès lors hésiter entre l’agacement devant ces scènes interminables présentant l’amour absolu que Du voue à Liu Mengmei, et l’émerveillement face au traitement délicat de thèmes comme la nature, l’amour et le rêve, ou encore devant l’excellente et plus vivante scène du jugement (voltiges, costumes flamboyants et humour au programme).

Car comprenez bien, tout est parfait ici ; seulement, la distance culturelle et temporelle s’avère assez grande pour nous faire parfois décrocher. Ainsi, cette histoire d’amour plus fort que la mort – pourtant classique et évoquant fortement ‘L’Orfeo’ de Monteverdi – reste plutôt opaque dans sa forme, et semble réserver tous ses charmes aux seuls initiés. Tant pis pour nous, tant mieux pour les amateurs. 

Téléphone de l'événement 01.40.28.28.40
Site Web de l'événement http://www.chatelet-theatre.com