Grand Guignol

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© Sophie Pincemaille

Voilà bien longtemps que le théâtre de grand-guignol n’avait pas éclaboussé de sang ses spectateurs du premier rang. Trop longtemps que l’épouvante avait déserté les plateaux. Le genre chéri des années 1920 est finalement de retour quatre-vingt-dix ans plus tard (en 2009 lors d’un festival, puis en 2013) grâce au talentueux metteur en scène et acteur Frédéric Jessua.

Vous avez envie de vous faire peur ? Rendez-vous donc rive gauche face à la scène arrondie du Théâtre 13. Et pour l’occasion ce n’est pas une, mais trois histoires qui vous feront frémir. Au programme : des apparitions sanguinolentes, des membres fantômes et des cadavres qui pendouillent des placards. Miam. Pourtant ne vous méprenez pas, il n’est pas question ici de rivaliser avec les maîtres de l’horreur (Argento, Friedkin, Carpenter), ni de jouer d’effets spéciaux bluffants. L’épouvante théâtrale d’Isabelle Siou et Frédéric Jessua ressemble plus volontiers à l’ironie mordante de la série télévisée ‘Les Contes de la crypte’ (William M. Gaines) qu’à ‘REC’. De l’horreur à l’esthétique surannée (Années folles obligent) mais pas moins dérangeante. Si vous avez le cœur sensible, évitez tout de même de vous installer près des escaliers…

Des histoires gore et mystérieuses à la mise en scène fluide et dynamique, servie par des comédiens possédés par leur(s) personnage(s), qu’ils soient zombies, médecins ou professeurs sadiques. A peine reconnaissables d’une anecdote à l’autre, c’est dire si la magie opère. A la fois divertissant et drôle, le ‘Grand Guignol’ de ce duo de metteurs en scène remplit à la perfection le cahier des charges du genre, nous gratifiant au passage de délicieux frissons.

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