Les Bulles

Ajoutez à votre coupes de coeur
0 J'aime
© JF Paga

Il fallait bien s’y attendre, c’est dans un décor immaculé peuplé de… bulles que la pièce commence. Des sphères en plastique ou en polystyrène (qui n’ont d’autre intérêt que décoratif) piquées dans un large tableau blanc installé verticalement, évoquant une façade d’immeuble. Scénographie imposante divisée en deux espaces et qui ne laisse aux trois acteurs qu’un mince avant-scène pour incarner les 38 nouvelles du recueil de Claire Castillon. Tour à tour, en solo, à deux ou à trois, ils vont venir jouer les scénettes imaginées par l’auteure. Des histoires d’amour, d’attente, parfois d’espoir hantées par des mères abusives, des relations adultérines et des célibataires faussement optimistes. Des histoires où chacun se cogne à sa propre bulle. « Mon mari ne me touche pas, alors je ne vois pas pourquoi il me tromperait ! » lâche ainsi un des personnages. Une série de portraits au vitriol interprétés par un trio d’acteurs époustouflants (Emilie Caen, Olivia Côte et Jean-Baptiste Verquin), capables en quelques secondes de se glisser dans la peau de Berthe, Bertrand, Hervé ou encore de Dorothée. Mais voilà, malgré tout le talent et l’énergie déployés sur scène, malgré la plume corrosive et le goût pour la chute bien sentie de Claire Castillon, l’on reste sur sa faim. La faute à une mise en scène étriquée sur un bout de plateau (mais pourquoi ne pas avoir vraimentjoué avec ce décor en arrière plan ?) et qui manque cruellement d’originalité. Les scènes se succèdent, les acteurs défilent mais le tout s’effiloche très vite. Passée l’excitation des premières confessions, le ton si particulier de Castillon ne suffit plus à retenir et à émoustiller. Attention, il n’est pourtant pas question ici d’ennui : si le spectacle n’est pas parfait, il est souvent drôle et bien rythmé.