L'odeur du sang humain ne me quitte pas des yeux

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Un petit bungalow dans le style Amérique des années 1980 fait face à une scène de music-hall au rideau pailleté. Au sol, du gravier noir pétrole figure un no man’s land sur lesquels les comédiens vont déambuler pendant plus de deux heures. Puis le chant puissant d’une femme qui s’élève : « We have to be sisters. »
Enfin, Macbeth apparaît, meurtrier possédé par la fureur de tuer. Après lui se succèdent d'autres témoins de guerre dans une valse de l'horreur, qui évoque tour à tour l'Afghanistan, l'Irak, l'Algérie. Et en filigrane, toujours, la folie dans laquelle ont sombré ceux qui sont revenus. Des textes de Shakespeare en anglais, des témoignages de soldats en français et des projections vidéo viennent appuyer cette destruction physique et mentale.
Les images sont fortes, les mots aussi, les comédiens redoublent d'ardeur et l'on ne peut d’ailleurs que saluer leurs performances et leur souhaiter bien du courage pour affronter une pièce comme celle-ci chaque soir (mention spéciale à la distribution masculine, incroyablement juste et habitée).
Mais hélas, trop de ses composantes se révèlent inutiles, dénuées de sens ou mal maîtrisées : les chansons (une version de ‘Sugar Man’ à faire fuir n’importe quel amateur de Sixto Rodriguez), une mauvaise sonorisation des passages en français et une surexploitation sonore et visuelle qui, de façon générale, polluent la densité des textes. Bien sûr, personne ne sortira d’ici indifférent, mais à vouloir injecter trop d’éléments narratifs et scénographiques, Philippe Ulysse rend malheureusement l’ensemble un peu indigeste.