Molly Bloom

© Pascal Victor

Pour ceux qui n’ont jamais eu le courage de finir le roman fleuve de James Joyce, sachez que ‘Molly Bloom’ est l'adaptation du monologue final d'‘Ulysse’, transposition moderne et indocile de l'‘Odyssée’ d'Homère. A partir d'une nouvelle traduction de Tiphaine Samoyault, le metteur en scène Jean Torrent a demandé à Anouk Grinberg, (presque) seule en scène, d'incarner cette figure mythique de la littérature du XIXe siècle.

Après une journée d'errance dans les rues de Dublin et quelques verres de trop au compteur, Léopold Bloom regagne ses quartiers. Il y retrouve sa Pénélope, Molly, qui vient de passer une après-midi torride avec son fougueux amant, l'irrésistible Boylan… Voilà le point de départ d'une mise en scène toute en simplicité : un lit et  les époux, tête bêche, le mari immobile, pendant que le public va être témoin des confidences de son insomniaque de femme.

Le texte, 80 pages d'un flux ininterrompu (sans ponctuation, s’il vous plaît !) est un challenge de haute volée. Le résultat est magistral. On y perçoit les joies, les peines, mais aussi les fantasmes, et une vision très tranchée de la gent masculine. Une pensée comme un joyeux bordel. Un portrait de femme d’une rare complexité et interprétée tout en nuance par Anouk Grinberg.

Le coulé des phrases est rythmé par le mouvement du corps : allongée sur le dos, assise au bord du lit, mains jointes entre les cuisses, suggérant la jouissance. Tout l’art de la comédienne tient dans une syllabe qui casse, un signe de la main qui ponctue, une position en tailleur qui échange… La musicalité de sa voix ensorcèle. Sur le plateau, Anouk Grinberg est magnifique, Molly, sublime.

Téléphone de l'événement 01 46 07 34 50
Site Web de l'événement http://www.bouffesdunord.com
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