Phèdre

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© Brigitte Enguerrand / Comédie Française

« Le dessein en est pris : je pars, cher Théramène » annonce Hippolyte, drapé dans un imperméable beige. Derrière lui, la mer se déroule à perte de vue. Reflets scintillants perdus dans l’immensité grâce à une projection panoramique quasi hypnotique. Scénographié par Lili Pézanou, le plateau de la salle Richelieu nous invite au premier plan dans l’intérieur d’un salon. Une radio posée sur une table, une poignée de chaises autour de celle-ci, un lit…

Quelques éléments de réalité pour sortir la tragédie grecque de son insularité et basculer les personnages dans une course-poursuite incessante. Des silhouettes qui apparaissent depuis les trois entrées en fond de scène, Phèdre qui accourt depuis celle située à cour, Hippolyte s’enfuyant à jardin. Les actes raciniens sont ainsi rythmés par les entrées et sorties des protagonistes. Un mouvement pourtant déjoué par l’extrême immobilisme des comédiens lors de leurs tirades. Pierre Niney incarnant un Hippolyte anémique les bras écartés, Théramène aussi souple qu’un Playmobil, Thésée cloué à sa chaise lors de son monologue final… Un jeu d’acteur ankylosé, heureusement ébranlé par la prestation nerveuse d’Elsa Lepoivre. Un masque de colère lorsqu’elle s’en prend à Œnone, vacillante lors de son terrible aveu. «  Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ; Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ; Mes yeux ne voyaient plus je ne pouvais parler ; Je sentis tout mon corps et transir et brûler. » Véritable acmé du spectacle, la prestation de l’actrice incarnant une Phèdre majestueuse sort le spectateur assoupi de sa langueur.

Car si la mise en scène de Michael Marmarinos est pleine de bonnes idées, elle manque cruellement de tempo et parfois même simplement d’émotion.

Téléphone de l'événement 0825 10 1680 (0,15€/min)
Site Web de l'événement http://www.comedie-francaise.fr
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