Pourquoi faut-il aller voir 'Les Larmes amères de Petra von Kant' ?

Jusqu'au 13 octobre aux Ateliers Berthier - Odéon

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© Hans Jörg Michel

De la même manière que la vie d'un critique d'art est ponctuée de croûtes, celle du théâtreux est invariablement peuplée de spectacles à qualité variable. Du boulevard et ses affiches trop colorées jusqu'à l'ultra-contemporain des théâtres nationaux. Pour ceux que le théâtre indiffère, les deux heures passées assis devant un plateau nu et un acteur hiératique peuvent vite devenir intolérables. Sachez tout de même qu'entre la version Pierrafeu de 'Embrassons-nous, Folleville' et la scénographie épurée d'un Claude Régy, il y a plus d'une centaine de spectacles par jour, dont des comédies à se taper le cul par terre, et des performances inoubliables.


'Les Larmes amères de Petra von Kant' s'inscrit ainsi parfaitement dans la deuxième catégorie. Pas seulement pour son décor esthétique et dangereux (un cube dont le sol est entièrement recouvert de bouteilles de verre). Pas seulement pour son texte et cette histoire d'écorché vif de Rainer Werner Fassbinder. Mais parce que, par sa disposition quadri-frontale, par la cruauté des images qu'il véhicule, et l'aspect carcéral de la scénographie, il met en péril notre vision tranquille du théâtre. Et qu'il y a définitivement du bon à être un peu secoué.


© Hans Jörg Michel

'Die Bitteren Tränen der Petra von Kant' de Rainer Werner Fassbinder, mise en scène Martin Kusej.


En allemand - traduction audio simultanée


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