Sister Act

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Si les burgers ont envahi nos assiettes et les gratte-ciels conquis nos petits écrans, les célèbres musicals, eux, sont bien restés arrimés au sol pailleté de Times Square. Ils trouvent difficilement leur place au sein d’une culture théâtrale hexagonale plutôt attachée au jeu d’acteur et au texte, qu’à la performance scénique. La comédie musicale a donc quelques progrès à faire pour convaincre en France.
 
Parti en croisade dans le monde du cabaret, la boîte de production Stage Entertainment avait l’an dernier fait fureur avec une version franchement ratée de ‘Mamma mia !’. Chorégraphies paresseuses, interprétation exagérée, scénographie scolaire, traduction mal dégrossie, le spectacle était aussi indigeste que décevant. N’en déplaise aux Parisiens, Mogador n’est pas, encore, le Theatre District.
 
Et pourtant il semblerait que cette année un air de Broadway flotte réellement dans le 9e arrondissement… Alors quoi, ‘Sister Act’ serait-donc une bonne surprise ? Eh oui, que les sceptiques se ravisent, l’adaptation scénique du succès d’Emile Ardolino ne donne pas des envies de défénestration. Un bel exploit si on considère le sacerdoce dans son intégralité, soit deux heures et demie de musique disco-religieuse servie par des nonnes en soutane fluo.
 
Sur la scène de Mogador, schéma identique à celui du film de 1992 : Dolorès Van Cartier, une médiocre chanteuse de cabaret voit son petit ami abattre un homme sous ses yeux et finit cachée par la police dans un couvent, déguisée en religieuse. Rien de très fellinien, en somme.
Mais si l’intrigue est restée la même, les dialogues et les chansons ont été taillés sur mesure pour le public francophone. Truffées de jeux de mots, et même de quelques touches de cynisme, les répliques de la version française finissent en éclats de rires dans une salle conquise par la bonne humeur d’une troupe généreuse, talentueuse mais trop policée. Car n’est pas Whoopi Goldberg qui veut. Jolie et féline, la comédienne Kania Allard n’a pas le charisme piquant de l’actrice américaine. Son timbre sucré, son sourire brillant rappellent davantage les ballades romantiques de Disney que les bars miteux de Vegas. Dolorès Van Cartier, anti-héroïne au verbe haut, prend alors les traits d’une princesse à la voix claire et à la démarche chaloupée. Pleine de bons sentiments, la comédie musicale perd alors un peu de son charme atypique et de sa verve rugueuse. On y passe un beau moment, familial, divertissant et souvent drôle mais il manque assurément un petit grain de folie – un personnage principal impertinent ? Des chorégraphies surprenantes ? Un décor majestueux ? Il faudra être encore un peu patient pour voir briller de mille feux le musical en France.

 

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