Voyage au bout de la nuit

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Un mélange d’appréhension et d’excitation emplit naturellement tout amateur de prose célinienne en route pour assister à l’adaptation théâtrale de ‘Voyage au bout de la nuit’. Ne va-t-elle pas ruiner à jamais le doux souvenir encore frais de sa lecture ? On s’interroge, on s’inquiète un peu, on hésite même à y aller. Autant rassurer les plus anxieux dès maintenant : le spectacle est une vraie réussite. Le choix des textes s’avère en effet excellent, et conserve, sans le trahir, tout l’esprit du roman. L’adaptation rend l’histoire compréhensible à ceux qui la découvrent, plaisante à ceux qui la connaissent déjà. Un vrai régal, servi par Jean-François Balmer, qui parvient, par une simple récitation, à donner vie à Bardamu, et aux personnages et décors qui croisent son chemin. Le débit rapide du comédien donne rythme et fluidité à l'adaptation, qui défile à toute vitesse, emportant avec elle Robinson, l’Afrique, New York, Molly, Rancy. Tant mieux si la scène est presque vide, la mise en scène complètement sobre : les mots n’en ont que plus d'espace pour résonner à leur aise. Difficile d'imaginer meilleure façon d’adapter ‘Voyage au bout de la nuit’ sur les planches.

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