Babycall

Cinéma, Thriller
  • 3 sur 5 étoiles
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Babycall

Un horizon peuplé de HLM et une mère qui fuit avec son enfant de 8 ans la violence d’un ex-mari : ‘Babycall’ n’est assurément pas le film qui vous fera sourire (surtout avec ces litres d’eau qui tombent du ciel). Ambiance chape de plomb et décor dépouillé pour le quatrième long métrage de Pål Sletaune. Norvégien, quoi. N’allez pas en déduire que ‘Babycall’ ne mérite pas votre attention, bien au contraire. Le film n’a pas volé ses récompenses à Gérardmer. Déjà parce que Noomi Rapace (la Lisbeth Salander de Niels Arden Oplev) impose un jeu d’actrice intense et subtil à la hauteur d’une Shelley Duvall ; et puis pour ces images d’une langueur hypnotique dont seul John Andreas Andersen (directeur de la photographie) semble avoir le secret. Si bien sûr la tension dramatique joue pour beaucoup dans la qualité du film, elle ne tient pas le haut du pavé. On aimera plus volontiers ces larges plans quasiment fixes où l’histoire se raconte malgré elle. Anna lymphatique sur un banc, perdue au milieu de barres d’immeubles mornes ou encore inquiète dans des couloirs sans fin (on pense immédiatement à ‘Shining’ mais on frémit toutefois moins). Promené dans ce paysage patibulaire, le spectateur tente vainement de démêler les fils de l’intrigue. Bien qu’occupé à tirer le vrai du faux, on apprécie la beauté du grain autant que l’effort pour préserver le suspense, garant du « label thriller ». Mais quand vient le générique de fin, sans le regard fiévreux de Noomi Rapace, l’histoire quelque peu alambiquée ne survivrait certainement pas au film. Beau, intrigant, mais sûrement trop sibyllin : le film de Pål Sletaune mérite pourtant que l’on parle de lui.

Par Elsa Pereira

Détails de la sortie

Noté 12
Date de sortie mercredi 2 mai 2012
Durée 96 mins

Crédits

Réalisateur Pål Sletaune
Scénariste Pål Sletaune
Acteurs Kristoffer Joner
Henrik Rafaelsen
Noomi Rapace